au Front de gauche, de quels droits on se chauffe…

Art. 21.3 (« la volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics »)

Voilà 63 ans, le 10 décembre 1948,   58 États -Membres de l’Assemblée générale des Nations-Unies signèrent la fameuse Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Ce document sert depuis de texte de référence en matière des droits fondamentaux des êtres humains.

Force est de constater qu’en France, ces droits sont en recul à tous les degrés de la vie sociale, économique et politique. Nous assistons à une véritable gabegie démocratique que l’épisode du référendum sur le Traité Constitutionnel européen de 2005 a élevé à des degrés rarement atteints. Le peuple avait alors dit clairement « NON » à une Europe libérale, le peuple avait refusé ce traité parce qu’il ne tenait absolument pas compte de l’humain et de la question sociale. Mais le gouvernement a fait la sourde oreille, la réponse ne lui avait pas convenu, il a donc allègrement foulé du pied l’article 21.3 de la Déclaration mis en exergue ici. Nous en constatons aujourd’hui les désastreuses conséquences en Europe. Les marchés font la loi et font pression pour que les gouvernements de droite et de la sociale-démocratie pillent leurs peuples, les livrent au chômage et à la misère.

Que doit-on penser d’un gouvernement qui mise tout sur la division et l’exaltation des communautarismes, sur la stigmatisation des immigrés, sur le répressif et la dépolitisation des populations des banlieues? Que ce gouvernement est celui des puissants, celui qui à l’incurie sociale ajoute la curée des 99%. L’obsession sécuritaire, les assauts menés contre l’indépendance de la justice (atteinte à l’article 10) et qui ont conduit récemment à la colère des juges d’instructions, la chasse aux sans papiers (atteinte à l’ article 14 : « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État »), la précarisation des conditions de travail. Le 24 avril 2010, La France s’est vue épinglée à propos de la chasse aux Roms par la Haut Commissaire de l’ONU aux Droits de l’Homme, Navi Pillay, pour la politique xénophobe d’un gouvernement qui « ne peut qu’exacerber la stigmatisation des Roms et l’extrême pauvreté dans laquelle ils vivent », ainsi que pour la vétusté de ses prisons et la surpopulation carcérale.

Depuis Mai 2011, c’est la liberté de réunion et d’association (Art. 20.1) qui se voit bafouée par la répression policière toujours plus violente contre les rassemblements des « indignés » à Paris, Lyon et dans d’autres villes françaises, des citoyens qui n’ont pour seul but que de se rassembler pacifiquement pour se réapproprier les outils fondamentaux de la démocratie.

Les Droits de l’Homme ne pourront être effectifs que lorsque nous dépasserons le système libéral agonisant dont nous subissons les derniers sursauts, et qui à travers les politiques d’austérités imposées partout aux peuples d’ Europe, inflige des conditions de vie et de travail intolérables (atteinte à l’art. 23.1 : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage »).

Ça suffit, le front de Gauche appelle de ses voeux un projet de société qui permette le respect des Droits de l’Homme en replaçant l’Humain d’où il n’aurait jamais dû sortir : au coeur de la politique. La droite et la sociale-démocratie jouent sur notre peur et l’ignorance de nos droits, qu’en cette année, nous leur montrions de quels Droits on se chauffe.

Guillaume Beaulande, source

5 réflexions sur “au Front de gauche, de quels droits on se chauffe…

  1. Eh bé, y’a du boulot !

    Est-ce une impression, ou n’y a-t-il pas chez nos concitoyens une apathie de corps à l’agonie ?

    Évidemment, tout le monde n’est pas suffisamment tribun pour haranguer les citoyens, c’est bien le problème.

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  2. La version des nonistes: le peuple a dit non !
    La version des ouistes (les politiques de tout bord) les abstentionnistes ont dit oui parce qu’il n’ont pas voter contre!
    La base d’un référendum c’est avant tout l’obtention du oui, on est licitement autorisé de penser que ceux qui ne disent pas non pensent oui mais ne sont pas venu l’exprimer.
    Maintenant s’ils pensent non et qu’ils ne sont pas venus… C’est bien de leur faute.

    Grosso modo 42 millions d’inscrits et 28 millions de votants ; il manque entre 13 et 14 millions de votants: pas mal pour un pays démocratique. finalement on peut dire qu’une personne sur trois n’en n’a rien à faire .

    C’est globalement vrai dans toutes les élections (un chiffre qu’on ne voit nul part dans les sondages – on se demande pourquoi – à croire que nos sondeurs sont capables de viser juste les futurs électeurs)

    Bon bref on a désavoué le peuple français et nous le peuple nous sommes fait entubés. Eh bien oui le plan B existé malgré le discours de nos hommes politiques ….

    Passons aux Roms maintenant ? que lis-je une organisation supra-nationale nous épingles ? mais quelle autorité a-t-elle . je ne me souviens pas avoir voter pour elle !
    Cela ne m’empêche aucunement de penser qu’elle a tout à fait raison au regard des droits de l’homme mais j’ai du mal dans le raisonnement qu’on me demande d’avoir.

    Parfois on approuve et parfois on désapprouve cette autorité supranationale. En vérité la première instance à être intervenue contre les directives Françaises(que dis-je sarkosiennes) c’est la communauté européennes qui fut relayée par l’ONU.

    Personnellement j’ai du mal à comprendre la constance de certains propos.Si vous relisez les textes du referendum (illisibles je l’admet, ce droit de condamner un état » était écrit et a permis cette mise en garde. Pour condamner l’action du gouvernement actuel ( Et évidemment qu’il est condamnable) vous accepter de facto les textes votés contre la volonté du peuple en y faisant référence.

    Un texte blanc et noir, on oblitère ce qui nous plait pas et on accepte ce qui nous arrange.

    Pour ma part je suis pour le plan B même s’il est imparfait et je suis contre l’action sur les Roms. Mais…. si je suis contre c’est parce que moi je suis contre et je ne vais certainement pas m’appuyer sur une instance internationale pour le justifier.

    Le plan A comme le plan B sont très loin de me satisfaire mais beaucoup n’y ont vu (ce qu’il est pour beaucoup) qu’un texte financier. Non il autorisait également la condamnation de la France dans son action contre les Roms

    Ceci dit Giscard comme tous les membres qui ont élaboré ce traité ont fait une fieffée erreur. Un texte constitutionnel doit tenir dans 20 pages compréhensible par tous.
    J’ai fait l’effort de lire ce texte et d’essayer de le comprendre. En gros il essaie de faire la synthèse de plus de je ne sais combien de textes. Les traités non communautaires et ne pouvant faire d’accord global se sont retrouvé dans des annexes. Ceux-ci pour la majorité ne concernés pas la France mais ont été soumis à sa ratification pour acceptation: Les relations particulières entre la Belgique et le Luxembourg ne nous intéressait pas directement mais elles faisaient partie du texte soumis au référendum.

    Si la question avait été posée comme pour l’acceptation de l’Angleterre dans le marché commun je suis certain que la simple phrase: « êtes-vous accord pour une constitution européenne le Oui aurait fait un carton et qu’aujourd’hui nous ne serions pas dans le marasme que nous vivons .

    Je dis cela mais je me plante peut-être : c’est un point de vue !

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  3. @ Berboral
    Déjà j’ai toujours été catégoriquement contre l’entrée de la Grande-Bretagne (et de son Commonwealth, très important) dans l’union européenne, de même que je ne comprends pas pourquoi aucun gouvernement même de gauche n’a effacé la loi 1973-7 du 3 janvier 1973, interdisant à l’État de faire appel à la Banque de France pour ses investissements. Tout le reste découle de ces deux décisions, prises conjointement par Pompidou et Giscard. Oui, Giscard, celui du TCE !

    Donc, c’est NON dans tous les cas, et effectivement nous n’en serions pas là. C’est pourquoi nous n’avons vraiment pas le même point de vue !

    Quant aux Roms, ce qui a épinglé, très justement, les ceusses qui « nous gouvernent », ce n’est pas un organisme, c’est la somme des grands principes qui doivent toujours présider aux décisions politiques : égalité, fraternité, liberté (pour moi, c’est toujours dans cet ordre-là)

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