Toulon II, acte 4, scène 5 : un Président de propagande, candidat du sinistre

 

source : un article sur Le Charlatanisme... (cliquez sur l'image)

«L’idée de la toute-puissance des marchés, qui ne devait être contrariée par aucune règle, par aucune intervention politique (…) était une idée folle.». N. Sarkozy, Toulon I, le 25 septembre 2008, après la chute de Lehman Brothers…Que reste-t-il aujourd’hui, de toutes ses belles promesses d’alors ?

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Un Président qui ne se comporte pas comme un Président, c’est à dire se plaçant au dessus de la mêlée, prenant de la hauteur pour rassembler les français autour d’un objectif commun qui serait de traverser la crise, mais comme un chef de parti, vulgaire partisan, avec toute la panoplie habituelle du rôle, qui harangue un parterre de belles figures poudrées déjà acquises à sa cause et sans discernement autre que leurs seuls intérêts personnels à le soutenir : il les a déjà si bien servis…

 Un Président qui n’est déjà plus Président, mais candidat, puisqu’il passe son temps à fustiger l’opposition au lieu de se consacrer à l’œuvre magistrale de tout président qui se respecte, c’est à dire sauvegarder l’unité nationale, l’intérêt commun, la pacification sociale de son pays.

 Un Président déjà candidat sur le dos des contribuables, qui a tout intérêt à rester le plus longtemps possible non déclaré, pour épargner les finances de son parti… et son crédit de temps de parole… par cette grossière astuce magiquement extensible à outrance.

 Un Président qui organise la tenue d’un discours qu’il aurait voulu historique, mais qui n’est qu’une plaidoirie à charge, dans l’une des seules villes dirigées par le Front National, avec les conséquences désastreuses que l’on sait, et cela pour la deuxième fois… Surtout, ne rien en déduire d’une certaine contiguïté de l’UMP avec le positionnement extrémiste, combien même les sorties continuelles de Guéant (et ses initiatives délictueuses) se rapprochent de plus en plus ouvertement des thèses du Parti d’extrême droite…

 Un Président qui, en bon roublard qu’il est indéniablement, a réussi le tour de passe-passe (relevé par qui ?) de prolonger encore tant et plus le temps de la déclaration de sa candidature bien après le délai raisonnable, en provoquant une pseudo-sommet de l’emploi en janvier, qui retardera d’autant sa sortie du fourré présidentiel… Un sommet absurde sans queue ni tête, qui ressemble à un énième grenelle avec la même inefficacité patente que les précédents, pendant lequel on réunirait tout un tas de partenaires sociaux desquels on s’est pourtant si bien passé pendant la réforme des retraites ou le dernier plan d’austérité non concerté… Une provocation, assurément. Si j’étais eux, les syndicats, je rejetterais cette idée de sommet avec le même mépris que la majorité a exprimé à leur endroit depuis le début de son quinquennat. Depuis trois ans, en effet, il n’y a plus de dialogue social, on n’impose tout un tas de mesures impopulaire sans aucune concertation et en passant systématiquement en force des lois iniques. Le gouvernement doit donc s’attendre à récolter ce qu’il a semé.

 Un Président qui se trouve réduit à rechercher les causes de la situation financière désastreuse de la France de plus en plus loin dans le temps, jusqu’à trente ans en arrière, puisque la droite est déjà au pouvoir depuis 10 ans… Les causes de l’incurie de la gestion de notre pays – dont il ne serait pas ou plus Président ? – seraient-elles à chercher du côté de Clovis ? A moins que ce ne soit la faute à Charlemagne, ce dangereux gauchiste…

 Un Président tout dévoué, comme il l’a si clairement démontré tout au long de son mandat, aux classes les plus fortunées, qui estime devoir lever au cours de ce sommet de l’emploi les tabous qui selon lui interdisent l’éradication du chômage… et dont je crains qu’il ne s’agisse, conformément à sa ligne idéologique partisane, de détruire de nouveau encore tel ou tel acquis social. Je m’attends ainsi à ce qu’une fois de plus, après les retraites, on s’attaque à la durée hebdomadaire du travail, ou au SMIC, comme le souhaiterait tant le MEDEF… Et ce que Madame Parisot veut, Sarkozy l’a si souvent appliqué !

 Un Président qui nous annonce comme un projet particulièrement novateur la perspective d’un nouveau traité alors que celui de Lisbonne en cours a été signé par lui-même… Le 1er décembre 2009, et que la crise était déjà là.. Quel manque de clairvoyance!

 Et vous voudriez qu’on ne tire pas sur une telle ambulance ? C’est pourtant une question de sécurité, pour un pays malade. Il faudrait au contraire l’achever… et passer plus vite à autre chose. Ses ficelles sont trop grosses, et ses manipulations grossières ne trompent plus personne. Ce n’est plus le prestidigitateur d’autrefois, mais un très mauvais comédien, vulgaire charlatan, qu’il s’agit à présent d’évincer de la scène politique le plus rapidement possible. Question de salubrité publique.

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