Inédit : 8 syndicats de cadres contre la destruction des services publics !

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« Les services publics font face à une politique de restriction de la part d’un pouvoir qui en nie les conséquences »

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Aujourd’hui, « huit syndicats de cadres de la fonction publique se sont réunis sous une même bannière. Éducation, justice, santé et sécurité : ils dénoncent ensemble les difficultés du service public face aux diminutions de budget et d’effectifs. »

« Les services publics font face à une politique de restriction de la part d’un pouvoir qui en nie les conséquences« , explique Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale), organisateur de cette table ronde. Devant une centaine de personnes, les syndicats ont tenté de répondre à une question : avec moins, peut-on encore faire bien ?

« Une justice hors la loi »

« Dire que les moyens sont insuffisants est un lieu commun. » La secrétaire générale de l’Union syndicale des magistrats (USM) ouvre le débat. Le budget de la justice est en hausse, mais seule l’administration pénitentiaire en bénéficie. Du côté des services judiciaires, le constat de Virginie Duval est alarmant : « Dès fin septembre, on ne peut plus faire face aux dépenses. On doit se passer d’experts, de traducteurs et même de chauffage. » Le manque d’effectifs conduirait même à des situations irrégulières. « Certaines audiences se font sans greffier, les pièces ne sont plus toujours remises aux avocats », confesse la secrétaire générale de l’USM.

Même constat du côté de la santé. « Il faut toujours faire plus avec moins de budget », s’agace Philippe Blua, président du Syndicat des managers publics de santé. Le financement des hôpitaux reste stable, mais le recours aux soins de la population vieillissante augmente. « L’efficience se fait au détriment de la sécurité. Les patients quittent plus vite l’hôpital pour libérer des places, et les médecins submergés sont au bord de la crise… Où est le point de rupture ? » s’interroge le président du syndicat.

« Les barbares de la rue de Grenelle »

Quatorze mille postes en moins à la rentrée prochaine, soixante mille depuis cinq ans : dans le secteur de l’éducation, c’est la baisse des effectifs qui inquiète le plus. En septembre, Luc Chatel parlait d’une « rentrée techniquement réussie ». « Oui, il y avait un enseignant pour chaque classe. Mais s’agissait-il d’un stagiaire sans expérience ou d’un vacataire recruté auprès de Pôle emploi ? » interroge Roger Keime. Pour le secrétaire général du Syndicat national des inspecteurs d’académie, il est impossible aujourd’hui de faire moins, quand 25 % des jeunes sortent du système scolaire sans diplôme universitaire.

« Travailler plus pour gagner plus, faire aussi bien avec moins… Les barbares de la rue de Grenelle (siège du ministère de l’Éducation nationale, NDLR) pensent en slogan« , assène Roger Keime, sous les applaudissements de la salle. Pour Patrick Roumagnac, secrétaire général du Syndicat des inspecteurs de l’Éducation nationale, les inspecteurs n’ont plus les moyens d’assumer leur rôle. « Ils doivent normalement accompagner les enseignants pour qu’ils soient plus efficaces. En réalité, leur mission consiste aujourd’hui à constater les manques et à expliquer comment se passer de ce dont on a besoin. »

« Brader la sécurité publique »

Dernier point du débat, la sécurité. « C’est un secteur présenté comme ultraprioritaire par les pouvoirs politiques, et pourtant, ils ne sont pas mieux logés que les autres« , avance l’organisateur de la table ronde, Philippe Tournier. Le secrétaire général Unsa Police, Philippe Capon, rejoint cette idée : « Les chiffres sont moins alarmants que dans l’Éducation nationale, mais on perd des milliers de policiers chaque année. » « Les gardiens de la paix vont sur le terrain, sont directement confrontés à la violence, explique Sylvie Feucher, secrétaire générale du Syndicat des commissaires de la police nationale. C’est crucial d’avoir un effectif conséquent. » Entre 2006 et 2012, 3 117 postes de gardiens de la paix ont disparu. « Notre ministère est en train de brader la sécurité publique« , se décourage Sylvie Feucher.

Inquiets, les syndicats de l’éducation, de la justice, de la santé et de la sécurité sont néanmoins déterminés à se battre. « Il y a quelques années, on n’aurait jamais imaginé une table ronde comme celle-là. Il y a une réelle prise de conscience« , constate Slyvie Feucher. « Il faut s’unir pour porter l’intérêt des citoyens », conclut Philippe Tournier. En 2012, la loi de finances rectificative prévoit encore la suppression de plus de 30 000 postes de fonctionnaires. (source : Le Point, Sophie Pams, ici)

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4 réflexions sur “Inédit : 8 syndicats de cadres contre la destruction des services publics !

  1. Bien entendu, pour notre part c’est à  » l’Institut International pour la Démoralisation des Cadres » que vont prioritairement nos sympathies, au sens situationniste du terme et de la praxis. afférente.

    Il faudra bien en finir bientôt avec le culte néo-libéral des larbins encadreurs et de ses mules citoyennes.

    Toute servilité se nourrissant de ses propres supplices , chacun au x tourments consentis et partagés de la roue.

    Que personne ne soit étonné que nous exprimions à cet égard ces vives réserves que nous ne pourrions qu’inviter à observer face aux dangers de tout ce qui ne relève en rien et innocemment des jeux, ou des plaisirs, ainsi que nous l’aura exposé Mrs. de la Boétie, Sade, ou Raoul Vaneigem.

    S.

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  2. Oui toutes les institutions de la république font les frais en première ligne d’une mauvaise gestion, et sont immolées au nom du sacrifice citoyen a cause soit disant de la crise laquelle en vérité à bon dos… Il est bon de se réveiller avant 2012, non ?

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  3. @labasoche,
    Et avec une bonne petite carte électorale assortie d’un bulletin de vote négociable sans doute sera-t-il possible de nous remettre de « l’ordre » dans tout ça….
    Oui…oui…Deux mes douzes dans un bateau, les burnes tombent à l’eau, qu’est-ce qui reste? Qui est-ce qui gerbe?

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  4. Excellent!
    Pour moi ça sent la réunion des luttes, l’irruption de syndicats tranquilles sur le terrain politique, et ce sont des préalables à tout grand combat de transformation sociale. Rien n’est (jamais) gagné, mais pour que les inspecteurs d’académie parlent sur ce ton, c’est tout de même qu’il se passe quelque chose!
    Je place tout de suite un lien sur « Casse-toi, voilà le peuple! »

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