Les socialistes préfèrent-ils taper sur l’autre gauche plutôt que sur l’extrême droite ?

L’ « économie de cimetière » des libéraux de droite comme de gauche doit-être combattue avec toute la virulence et l’imagination nécessaire à son éradication, pour le plus grand bien de l’humanité souffrante.

En lisant un article de Marianne ¹ dont l’auteur exprimait son étonnement scandalisé de voir Mélenchon rangé au même registre que Marine Le Pen par un éditorialiste du Monde, je me disais au fond de moi, une fois de plus, que ce genre d’amalgames  visant Mélenchon semblait être une constante dans une certaine intelligentsia bien pensante du centre, tant à gauche qu’à droite, aussi courte en arguments qu’éloignée des réalités populaires… Ce genre de réflexion risque effectivement, comme le dit l’auteur inconnu de cet article, de faire  le jeu de l’extrême-droite, en constituant  « un formidable cadeau pour la candidate FN, ainsi affublée des oripeaux d’une respectabilité qu’elle ne mérite pas « .

 Mais je ne leur en veux (presque) même pas : peut-être après tout ne font ils que se conformer aux vœux pieux de leur think tank favori, Terra Nova. Chacun ses croyances et sa religion… A moins que Mélenchon ne fasse, une fois de plus, les frais de médias coupables et responsables qui ont préféré sur ce coup là se faire facilement plaisir en montant en boucle les quelques mots qui servent l’oligarchie plutôt qu’un fond qui lui, ne les sert pas vraiment, tant il appelle de ruptures radicales avec le système qu’ils soutiennent… Ainsi, qui a entendu parler dans les médias dominants (je me répète, volontairement) de cette économie de cimetière que prépare Fillon, dans le même article, dans la bouche de Mélenchon, qui tacle bien davantage la droite que le PS  ?

C’est un fait, les tenants du système établi, dont il n’est pas encore vraiment certain que Hollande les bouscule pour de bon comme ils en ont tant besoin, nous ont bel et bien foutu dedans, malgré leurs belles certitudes et leur expertise financière, qui amène des anciens de Goldmann Sachs à verrouiller la démocratie européenne.

 Cela n’est-il pas davantage un scandale,  que le jeu de mots à deux balles de Méluche, cette drôle de conception de la démocratie qui échappe au contrôle des citoyens et se substitue au mépris de toute morale au suffrage universel ?

 N’est-ce pas davantage un scandale, de voir que dans le pays du Président de l’Internationale socialiste, on laisse entrer au gouvernement des fascistes notoires, adeptes déclarés de l’antisémitisme et des thèses d’extrême-droite, en étroite collaboration avec nos propres « élites » nationales… istes ?

 Je n’ai pourtant pas entendu ces derniers temps l’une quelconque de ces vierges effarouchées par tant de violence verbale, soi-disant contenue dans le trait d’humour du candidat du Front de gauche,  s’indigner avec autant de virulence de cette vague de tyrannie financière qui ne semble posséder pour toute morale que l’idéologie du triple A… au mépris de toute considération populaire, effectivement.

 Ne risque-t-on  pas, si nous ne faisons rien, de voir une austérité dite de gauche remplacer en 2012 une autre austérité plus à droite ? Le positionnement du front de gauche n’est-il pas nécessaire à un rééquilibrage du PS à gauche, pour ne pas décevoir les français, qui risquent de se retrouver floués au lendemain de l’élection de Hollande, dans le meilleur des cas ? Le PS n’a-t-il pas besoin de nos voix, quand bien même elles ne représenteraient que 5 % (ce dont je doute fortement) et de celles d’EELV, qu’il méprise si ouvertement, donnant à l’un ce qu’il ne concède pas à  l’autre, au risque de faire perdre toute la gauche ? Cette absence de stratégie et de hiérarchisation des priorités est navrante.

 Un autre monde est certainement possible.

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