En ce moment, ça pédale haut ! A gauche tous !

 

 

source : Alain Pernin ici

Que Jean-Luc Mélenchon ait commis un jeu de mots malheureux dans une interview d’une heure au JDD (soit donc environ un dix millième de % de son intervention), et que les journalistes en et les « de droite » en fassent leurs choux gras, exploitant à fond la pépite qui n’est pas vraiment de l’or sinon dur, alors que l’article était bien autre chose, puisqu’il taclait bien plus violemment Fillon en estimant qu’  « Il prépare une économie de cimetière« , ce que l’on a beaucoup moins entendu bizarrement, c’est un fait.

 Que Mr Hollande et son entourage (qui entre parenthèses pour certains ont mis la même conviction à défendre DSK hier que l’ultime candidat du PS aujourd’hui), supportent mal les critiques et les éventuelles nécessaires remises en question, c’en est un autre…

 Que Hollande et son équipe aient tendance à donner l’impression d’éviter les confrontations, ce n’est pas qu’une légende, mais également un fait : bien d’autres que moi l’ont évoqué, c’est un secret de polichinelle. Au point d’avoir jugé utile autour de lui de choisir comme éléments de langage et centre de son positionnement récent la fermeté et le refus de changer de position comme stratégie de communication pour montrer qui est le patron, de manière caricaturale et excessive.

Pendant les primaires, ce refus de débattre qui énerve prodigieusement s’est illustré devant Martine Aubry, hier c’était avec EELV avec les conséquences que l’on sait, aujourd’hui (et probablement encore demain..) c’est avec le Front de Gauche, que l’on l’on tente de faire passer pour ce qu’il n’est pas, au plus net désavantage de l’esprit de rassemblement que le candidat socialiste prétend incarner.  Le fait de ne pas accorder à Mélenchon  ce que l’on concède à d’autres est d’ailleurs  du plus mauvais effet qui soit sur les militants du Front de gauche, fait déja la jubilation des journaux de droite,  et contribue à cristalliser les positions sur des attitudes de ressentiment pas vraiment constructives.

 Que des hollandais trop aveuglés par la défense de leur idole se montrent dans certains cas encore plus extrémistes que ne pourraient l’être ceux que l’on qualifie de tels, campés sur des positions inébranlables, des certitudes inamovibles (peut-on avoir raison tout seul?), et forts d’un hégémonisme sur la gauche peut-être encore mathématiquement vrai il y a vingt ans mais plus vraiment aujourd’hui (son inaptitude à représenter les masses laborieuses..) , et qui agace prodigieusement, c’est une quatrième évidence à mes yeux…

 Quand bien même, j’en suis bien certain, ses afficionados favoris viendront me contredire par toutes sortes d’arguments tous plus valables les uns que les autres.

 Nous étions hier un certain nombre (souvenez vous… Montebourg n’a-t-il pas dit pendant les primaires des choses bien pires à ses concurrents ?) à considérer que cette candidature là n’était pas la bonne, et nous nous sommes battus contre. Certains, comme moi (avec les seules armes que je connaisse), l’on fait avec l’énergie du désespoir, voyant trop combien une certaine forme de comportement n’était pas adaptée aux circonstances, qui nécessitent de toute évidence de la combativité et de la gnaque face à un candidat sans scrupules ni états d’âme, comme son passé l’a démontré.

 Aujourd’hui, les événements sont en train, hélas, de nous donner raison, devant la difficulté indiscutable du candidat Hollande à maîtriser globalement la situation, alors que la campagne en vue des présidentielles n’a qu’à peine commencé.

 Nous avons tous pu assister ces derniers jours à la cacophonie et aux ambiguïtés découlant d’un positionnement incertain  (pusique jamais débattu ouvertement avec TOUTES les forces de gauche,  forcément…) sur le sujet du nucléaire (la sortie du chargé de com – dont je regrette le choix – du candidat m’est d’ailleurs apparu bien ridicule et déplacé…), qu‘hier soir le malhonnête et sirupeux patron de l’UMP a eu beau jeu d’utiliser comme LE défaut de la cuirasse, pour tenter sans succès mais pas loin de porter le coup fatal à une marionnette caricature d’elle-même qui représentait si peu le PS d’aujourd’hui.

 Aussi, je considère que dans chacun des camps sensés représenter la gauche aujourd’hui, le moment est venu, après avoir bien réussi à marquer et signifier nos différences Ô combien, de se la jouer collectif pour battre l’oppresseur commun, plutôt que de se livrer à des querelles sempiternelles qui ne font que nous épuiser mutuellement au plus net avantage de l’adversaire.

 Il ne s’agit pas de renier nos convictions, qui font notre force, et le moteur de notre action. Certes, le candidat du centre gauche n’est pas celui le plus conforme à nos vœux, c’est le moins qu’on puisse dire, et écrire… Certes il se montre bien maladroit et un peu trop libéral à notre goût (sa sortie sur le sens de la rigueur n’était-elle pas, elle aussi, fort malvenue, envers tous ceux pour qui les vents froids sont advenus?)… Bien sûr qu’il est un peu trop fermé à nos yeux aux considérations écologistes comme l’histoire l’a montré, et bien peu agressif face aux puissances de l’argent, et très imparfait. Mais toutes les élections présidentielles ont toujours été l’histoire d’un choix du moins pire, et non celle du meilleur. On ne peut en l’espèce contenter tout le monde, une majorité de français, qui sont comme je l’écraivais hier une mosaïque de couleurs. Je souhaiterais moi-aussi que mon candidat favori l’emporte. Comme un voisin écolo souhaiterait que ce soit Eva… Mais force m’est d’avouer que chacun, seul, n’y parviendra pas. Et que si nous continuons les uns et les autres, moi le premier, ce petit jeu de massacres, y en a un qui va bien rigoler, dans quelques mois. Et qui va pouvoir continuer son opération de destruction idéologique des valeurs fondamentales de notre pays autrefois plus généreux et souriant. Et ça, c’est hors de question, cette alternative m’insupporte au plus haut point. Mélenchon l’a dit hier : Non, Hollande et Sarkozy, ce n’est pas la même chose. L’incident est donc clos.

 Ou alors on fait un autre choix : on refuse d’administrer, de gérer, et de participer au grand jeu du pouvoir. On cesse de participer à ce que l’on considère comme une comédie d’apparence démocratique. Et l’on est anarchiste. Ce n’est pas la voie que, pour l’instant, j’ai choisie… Mais peut-être qu’en vieillissant ?

11 réflexions sur “En ce moment, ça pédale haut ! A gauche tous !

  1. Et bien je n’ai rien à rajouter car j’ai globalement le même avis sur l’avant, sur le pendant et sur l’après….ah non, pas là, du moins pour l’instant car je n’imagine pas Hollande au 2nd tour avec le tournant pris depuis 1 mois.
    Pour jouer collectif, il faut un capitaine charismatique, sinon ça donne…Knysna. ça me donne bougrement cette impression après la fausse euphorie de la qualif qu’e représenté la phase des primaires. Sauf que comme l’Irlande qui a été volée, les primaires n’ont pas donné lieu à un véritable débat démocratique, l’essentiel de la campagne ayant été confisqué par 2 candidats, voir 3, sur tous ceux présents.
    Mais ce n’est que mon avis….et mon vote n’est pas arrété.

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  2. Non, Hollande et Sarkozy, ce n’est pas la même chose :
    Hollande ,c’est pire
    la rigueur il est pour
    la régle d’or il est pour mais pas appelée comme ça
    la retraite , son pote Cahuzac la met à 67 ans
    Guérini et son ancien collégue décédé , il n’en parle pas
    Sarkozy fait rectifier un accord auquel on avait dit non en 2005 , Hollande rectifie le document sur le nucléaire avant le vote
    et Hollande n’est pas encore élu , lui

    Ah encore une différence :c’est la vaseline qu’ils mettent pour faire passer leur libéralisme ( des exemples de plus en plus pourris en Europe)
    Non , Mélenchon ne tape pas sur notre camp , il y a longtemps que les sociaux-démocrates ne sont plus à gauche

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  3. @gdec Quand on t’invite à un diner de con et que tu sais que tu seras le con, tu viens? La primaire pour moi, c’était un peu un diner de con, sauf qu’il y en a 2 qui ont réussi au dernier moment à paraître moins cons : Montebourg et Valls sur chacune des ailes du parti. Mais avec quel retard à l’allumage et quelle désinformation sur leurs idées…
    On parle de débat mais dès qu’il y a un extrème, on se moque, on ne contre pas ses idées, on caricature. Poutou est-il invité pour autre chose que des moqueries ? Non. Le Pen a-t-il pu s’exprimer au deuxième tour de 2002, même si ses idées sont détestables? Non. Mélenchon a-t-il droit à autre chose que des lignes sur ses relations avec les journalistes, les petites phrases, les happening chez Moodys? Non.
    Alors du débat démocratique comme ça, très peu pour moi. Le dernier vrai débat qui a eu lieu, et encore, ce fut sur le TCE.
    Peut-être que tous ceux qui relatent cette campagne croient les français trop cons pour comprendre par eux même ? Mais ce n’est pas maintenant qu’il faut choisir le moins pire, dans la situation où nous sommes. Ou alors, si, pour que tout explose un jour.

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  4. Le racisme et la xénophobie en moins, soit… Mais rien d’autre… François Hollande est un pétiniste de gauche. Rien, strictement rien ne changera avec lui…
    De tout façon il va prendre une veste. Les français sont de droite et je ne vois pas pourquoi ils changeraient, d’autant plus qu nous sommes en période de crise. Mélenchon ne passera pas la barre des 5%… Et marine Le Pen accèdera au deuxième tour.
    Les mesures ( révoltantes) que prends le gouvernement actuellement ne sont pas impopulaires…les gens aiment que l’on s’en prenne aux « parasites » qui contribuent à gréver le budget de la nation. Même les syndicats ne bougent pas… Sauf peut-être Jean-Claude Mailly qui la ramène de temps en temps.
    Au niveau local, tu les entends toi les élus socialistes monter au créneau? Ils ne sont même pas capable de résoudre les injustices qui se déroulent sous leurs yeux dans les établissements publics qu’ils financent. Et cautionnent ainsi des méthodes de management qui découlent de ce que l’on pourrait appeler une idéologie de droite. Car il y en a une.
    Une campagne électorale, ça se joue aussi à se niveau, surtout à ce niveau.Au quotidien. Et les prolos (dont je fais partie…) s’aperçoivent bien que ces élus de « gauche  » ne sont pas fidels à l’éthique à laquelle l’idéologie socialiste voudrait qu’ils se soumettent.Ils n’y voient de plus en plus que de petits monarques locaux qui promeuvent leur ascension sociale en utiliant l’espoir des plus démunis.

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  5. @le concombre : je ne peux guère te contredire…. Ne couvrent-ils pas les agissements délictueux d’un directeur qui fait de mon établissement une zone de non droit, en piétinant systématiquement le code du travail ? Mais comme il fait faire des économies aux financeurs que sont les collectivités locales, et particulièrement le C554, ils ferment les yeux et mettent leur socialisme dans leur poche…

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  6. Je persiste et signe d’ailleurs Hollande ,ce sont ses « amis » ou son ex qui en parlent le mieux (mou du genou) et le cautionnement du libéralisme dont vous parlez crée un rejet de toute idée vraiment à gauche au profit d’un vote FN ou d’une abstention .
    Le détournement d’idées de gauche comme par exemple la retraite à 60 ans sans dire le nb d’années de cotisation ou quel type de contrat ( je fais du rab de 4 mois avant ma retraite car je fus 2 ans en CES qui était une idée socialiste ) ou encore les décisions au niveau de l’entreprise amenant une loi (qui est aussi une demande de certains syndicats) amèneront des inégalités.
    Et en plus comme Hollande et ses potes se couchent devant les marchés (pas aussi sexuel que DSK) on entend déjà par exemple Cahuzac parler de la retraite à 67 ans ou on ne l’entend pas parler des associations plus que douteuses avec l’extrême droite en Grèce…
    Vraiment , plus que jamais le seul vote utile est le vote Mélenchon/front de gauche

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