Les pantoufles de l’éducation nationale sont-elles sèches ? Archi sèches !

Les inspecteurs de l’académie de Paris ont été créés en 1810 dans le cadre de l’administration napoléonienne. Ces fonctionnaires, dont l’effectif était à l’origine de quelques unités, ont été chargés pendant un siècle et demi de l’inspection des enseignants et des établissements scolaires du second degré dans cette académie, d’abord pour le compte du ministre de l’éducation, qui avait au 19ème siècle la responsabilité personnelle de l’académie de Paris, puis pour le compte du recteur, lorsque cette fonction a été créée. Au fil du temps, la gestion de ces agents a évolué vers des conditions de nomination et d’emploi déconnectées de toute fonction d’inspection au sein de l’académie de Paris. Elle s’est en outre caractérisée, depuis une dizaine d’années, par le triplement des effectifs et par des irrégularités multiples. Elle a enfin donné lieu au dévoiement de l’utilisation de ces emplois publics pour permettre des nominations de collaborateurs d’autorités politiques.

Extrait du rapport de la Cour des Comptes, février 2010

Six décrets « portant cessation de fonctions » ont été discrètement publiés au Journal officiel vendredi. Ce sont les noms des hauts fonctionnaires concernés qui font tiquer. Dans la liste, on trouve notamment :

  • Nathalie Briot, nommée en 2007… avant la présidentielle : elle avait été la conseillère de Dominique de Villepin aux Affaires étrangères, à l’Intérieur puis à Matignon
  • Christophe Borgel, nommé en 2002… avant une autre présidentielle : à l’époque conseiller de Jack Lang à l’Education nationale, il est aujourd’hui secrétaire national du PS en charge des élections et conseiller régional d’Ile-de-France.

Un poste idéal pour recaser ses proches… Car il ne faut pas confondre les « inspecteurs de l’académie de Paris » avec les « inspecteurs d’académie » tout court. Les premiers, une vingtaine de hauts fonctionnaires, constituent un corps d’élite, dont la création remonte à Napoléon.

  • pas besoin d’être un expert : il n’y a pas de concours, les nominations se font uniquement par décret du président de la République
  • beaucoup de temps libre : le rapport note diplomatiquement qu’un tiers des inspecteurs a une « activité faiblement identifiée »… et s’étonne que certains n’aient même pas de bureau
  • une rémunération généreuse : des débutants sans aucune expérience ont pu commencer à 4 500 euros net par mois, « à un niveau plus élevé que la plupart des hauts fonctionnaires en début de carrière ».

source : rue 89

Que le grand ménage continue !

Voir aussi :

Enquête : Inspecteurs d’académie fictifs

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