aux banques la graisse, aux pauvres les os…

 

 Amendement Piron rejeté :  les banquiers peuvent être satisfaits. L’UMP travaille d’arrache-pieds pour défendre leurs intérêts… sous la baguette de Mr Fillon.

 Au lendemain du vote par les députés de la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus, qui a donné lieu à d’âpres discussions au sein même de la droite, et pour cause ¹, Le Parisien publie aujourd’hui un document provenant du  syndicat Sud du groupe BPCE (Banques Populaires-Caisses d’épargnes) qui fait polémique sur le salaire des dirigeants de certaines Caisses d’épargne locales. Jugez vous-mêmes :

 

 

 Bien que la direction nationale de la caisse d’épargne tente de désamorcer sur la base de l’argument (assez dérisoire) de l’alignement sur les prix du marché (« Les rémunérations sont comparables à celles d’entreprises cotées de taille et de chiffre d’affaires équivalents »), on lui objectera  volontiers que cet établissement étant d’un statut (autrefois ?) coopératif relevant de l’économie sociale et solidaire, elle pourrait éventuellement s’en montrer un peu plus digne.. et participer davantage à l’effort national que d’autres…

 « A titre de comparaison, Jean-Claude Trichet, de la Banque centrale européenne, touche 367 863 euros, rappelle Patrick Saurin, de Sud BPCE. Et d’ajouter : « Lorsqu’il y a un plan social, ces gens nous disent toujours qu’ils n’y peuvent rien, que tout est décidé au dessus d’eux, au niveau de la direction générale. Pour des non-décideurs, ils passent de manière spectaculaire au tiroir caisse ». Pour le responsable syndical, ces rémunérations sont « loin de la rigueur salariale qu’ils imposent à leur personnel».

 La polémique est d’autant plus d’actualité que l’on demande aux moins favorisés de faire davantage d’efforts qu’ils ne peuvent en faire, en augmentant par exemple de manière éhontée les cotisations des mutuelles, comme l’a souligné judicieusement Mr Eckert cette nuit, alors même que la pauvreté et la précarité augmentent, et quand bien même le gouvernement tente de torturer les chiffres pour leur faire dire l’inverse… de ce que les associations proches du terrain de la misère constatent tous les jours.

 En outre, il plaira au lecteur modeste d’apprendre que, malgré ces belles palabres infiniment droitières :

 «  Parmi les ménages taxés à la dernière tranche de 41 % – disposant d’un revenu imposable de plus de 70.830 euros par part -, près de 4.800 ont annulé totalement leur impôt cette année par le jeu des niches fiscales (contre 6.497 l’année précédente), révèle Gilles Carrez dans son rapport. Un peu plus de 9.000 l’ont réduit dans une fourchette comprise entre 70 % et 100 %. »

 Tout est dit. Les jeux sont faits. Rien ne va plus. Impair et passe…

Pourtant, un autre monde est possible.

  

¹ « Elle s’élèvera à 3 % pour ceux qui déclarent un revenu fiscal compris entre 250.000 et 500.000 euros par part, et à 4 % au-delà. Les montants payés «  sont relativement bas au regard des niveaux de revenus » de ces 25.000 contribuables, reconnaît le rapporteur Gilles Carrez dans son rapport sur le budget 2012. » « un couple percevant plus de 40 fois le SMIC acquittera la somme symbolique de 300 euros. « Quelle révolution ! »(Christian Eckert, hier soir).

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