Présidentielles 2012 : humanisme et réconciliation ?

 

  

 Je viens de découvrir  ce sondage, grâce au paper.li de Romain Pigenel, sur le blog de Laurent de Boissieu, journaliste politique… Chacun connaît ici ma grande prudence quant à ce genre de pseudos investigations populaires, dont on nous gave volontiers pour manipuler les opinions. Celui-ci n’a donc pour seul intérêt que de mettre un corps virtuel sur les hypothèses que nous pourrions formuler les uns et les autres quant aux prétendus votes utiles… et définir ensemble une stratégie globale de nature à battre la droite… et ne l’oublions pas, l’extrême droite et autres réacs

 Si ces prévisions se révélaient justes  (remémorons nous tout de même que les instituts donnaient Jospin vainqueur en 2002…), les cris de victoire prématurés de l’équipe batave pourraient bien, en effet, se transformer en mur des lamentations…. Il est donc utile de préparer l’avenir pour ne pas avoir à le subir.

 Hollande 35% // Sarkozy 25% // Le Pen 16%

 Sondage élection présidentielle 2012:

Nathalie
Arthaud

LO

1%

Extrême gauche
1,5%

 

Philippe
Poutou

NPA

0,5%

Jean-Luc
Mélenchon

PG+PCF

5%

Gauche
43%

François
Hollande

PS+PRG

35%

Pensée dominante
77%

Eva
Joly

EELV

3%

Corinne
Lepage

CAP21

0,5%

Centre
9,5%

François
Bayrou

MoDem

9%

Dominique
de Villepin

RS

2%

Majorité Présidentielle
29,5%

Droite
30%

Hervé
Morin

LNC

1%

Nicolas
Sarkozy

UMP

25%

Christine
Boutin

PCD

1,5%

Nicolas
Dupont-Aignan

DLR

0,5%

 

Marine
Le Pen

FN

16%

Extrême droite
16%

Sondage CSA réalisé pour BFM-TV/RMC/20-Minutes le 17 octobre auprès d’un échantillon national représentatif de 1.010 personnes âgées de 18 ans et plus, dont 859 inscrites sur les listes électorales en France. Méthode des quotas. (source)

 J’émets personnellement certaines réserves quant aux bases de ce sondage. En effet, il existe de grandes incertitudes quant à la validation de certaines candidatures : Nathalie Artaud (LO), Philippe Poutou (NPA), Corinne Lepage (cap21), Christine Boutin (PCD) et Nicolas Dupont-Aignan… Cela représente tout de même près de 5 %, ce qui n’est pas négligeable.

 Ensuite, la part du front de gauche me semble minorée. Bien d’autres sondages situent plus volontiers en effet le mouvement auquel j’appartiens autour de 7 %, et j’ai plutôt tendance à penser, d’après ce que j’entends autour de moi, qu’il se situera non loin des 10 %.

 Cependant, pour le moment, on n’en sait rien, aussi je vais rester sur les bases énoncées ici. Ce qui en revient à la conclusion que même si la gauche dans sa totalité était réunie, nous en serions à 44.5 %, écolos compris… Or, la droite et l’extrême droite sont en mesure, mathématiquement (46 %) de l’emporter. Je doute en effet qu’au deuxième tour les voix frontistes se rabattent sur le candidat de  gauche, malgré d’éventuels effets de porosité irrationnels, à la marge. Et cela bien que certains « experts politiques «  puissent considérer que l’électorat frontiste ne se reportera pas mécaniquement sur le candidat de droite… Certes. Mais enfin bon.

 Et encore, je ne prends pas en compte les voix centristes… dont on ne sait pas encore où elles iront, puisque nous ne connaissons pas le (les ?) candidats.

 Aussi, qu’importe le vin plutôt qu’on ait l’ivresse… Ne sera-t-il pas nécessaire de se résoudre, malgré notre farouche anti-libéralisme convaincu, à voter pour le plus humaniste de tous les candidats présents au deuxième tour ?

 Sauver les meubles, ou se résoudre à laisser une droite encore plus dure qu’elle ne l’est déjà gouverner un pays déjà bien peu gouvernable en l’état… voilà la pénible équation qui semble s’offrir à nous : l’intérêt collectif, plutôt que l’intérêt personel et partisan.

  j’aimerais bien me passer du coup du vote utile, dont je pense beaucoup de mal. Je préférerais un vote de conviction. Mais je suis avant tout quelqu’un de responsable. je jugerai donc comme beaucoup dans les derniers moments de la possibilité de mon vote blanc, au pire.

 Je réponds donc ici aux détracteurs qui m’auraient éventuellement reproché,  malgré mes sempiternels coups de gueule envers une gauche trop molle à mon goût, de soutenir la stratégie de Mélenchon. Sans un large rassemblement – et où est le problème si nous sommes d’accord sur l’essentiel de nos revendications programmatiques ? – nous ne serons pas en mesure de sortir la tête de l’étau sarkozyste. Et cela se révèle plus qu’urgent, étant donné le sentiment de corruption généralisée qui commence à se répandre de manière si dangereuse… sans même parler de la crise et des futurs plans d’austérité qui se dessinent à l’horizon… Quel que soit le gouvernement ?

 Un autre monde est possible.

  

Ps. Ben oui, Nicolas, je sais… moi aussi je me dois d’être, au moins un peu, comptable de ma militance… même si elle se situe un peu plus à gauche que la tienne… et que ça me fait plus de mal qu’à toi d’arriver aux mêmes constats. Là, pour une fois,  nous nous retrouvons, non ?

 P/S. 2  Avant d’orner ce billet de cette illustration, j’ai voulu savoir qui était Pierre Mari, et suis tombé sur ceci. Une merveille, qui n’est pas sans rapport avec ce dont on cause… je vais m’empresser d’aller le déposer dans mon p’tit cagibi.

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