Si les banques coulent… Vous avec ?

VU SUR URTIKAN.NET ICI

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« Nous ne procédons actuellement à aucune opération de dépôt ou de retrait. Veuillez nous excuser de la gêne occasionnée. »

(Votre banque)

  

  L’agence de notation Moody’s pourrait très bientôt baisser les notes de BNP Paribas, de la Société générale et du Crédit agricole. Considérées comme fragilisées à court terme à cause de leur implication dans la dette grecque, elles avaient été mises sous surveillance par les instituts financiers. (source)

 Après avoir pris la précaution méthodologique de contextualiser à minima  mon propos par ce court préambule,  permettez moi de porter à présent à votre connaissance cette information qui défraie aujourd’hui la chronique économique, au point d’avoir failli faire plonger le titre BNP Paribas, et d’obliger le groupe à publier dans tous les journaux et les sites à travers le monde (voir en France)  en toute hâte le communiqué qui suit l’article ci-après, paru dans le Wall Street Journal (en Anglais, donc, mais vous trouverez bien un outil de traduction sur le net, avec un peu de bonne volonté…) :

The Trouble With French Banks y NICOLAS LECAUSSIN

Traduction (légèrement remaniée par moi pour être lisible, car aucun traducteur n’est parfait) :

  « Nous ne pouvons plus emprunter des dollars. Des fonds de marchés de capitaux américains ne nous prêtent plus désormais » ». Un cadre bancaire de BNP Paribas, qui refuse d’être nommé, me disait la semaine dernière. » Puisque nous n’avons plus accès aux dollars désormais, nous créons un marché en euros. Ceci est une première…. Nous espérons que cela marchera, autrement ce sera la spirale vers le bas et l’enfer. On ne pourra plus avoir confiance en nous et personne ne nous prêtera désormais. « 

 Voici à présent le texte du communiqué de BNP Paribas :

 Le Wall Street Journal a publié ce jour, dans les pages opinion, une tribune intitulée “The problem with french banks” rédigée par M. Nicolas Lecaussin.

 Cet article mentionne notamment un “cadre anonyme de BNP Paribas” qui aurait fait état de problèmes de liquidité en dollars et évoquerait la “création d’un marché en euros” pour y faire face.

 BNP Paribas dément formellement les propos prêtés à cette source anonyme et confirme qu’il se finance tout à fait normalement en dollars, soit directement soit par swaps de change (voir document ci-joint).

 BNP Paribas s’étonne que le Wall Street Journal ait laissé passer, sans aucun contact préalable avec la banque, une tribune fondée sur des sources anonymes et comportant un aussi grand nombre de faits non vérifiés et d’erreurs techniques.

Pièce jointe : ST FundingVdef.pdf

Selon communiqué

BNP Paribas (1)  peut bien dire et écrire ce qu’il veut, n’en demeure pas moins que cet épisode en dit long sur le degré de fébrilité des banques, et la fragilité intrinsèque d’un système à bout de souffle, qui peut s’écrouler comme un château de cartes d’un moment à l’autre du seul fait d’un simple quidam… Fut-il cadre.

 S’il suffit de quelques lignes de seconde main, provenant de surcroît d’un témoignage anonyme, pour faire plonger un groupe bancaire de 12 % en une journée (et ce n’est pas la première fois, mais un énième soubresaut… avant la chute finale ?),  alors il devient pour le moins urgent de réformer notre système bancaire

Il en va de la survie des petits épargnants, et de l’ensemble des titulaires de comptes. Car on a beau tenter de nous rassurer à « bon compte » (sic ;), il n’en demeure pas moins que pour faire face à une défaillance grave de plusieurs banques en même temps, le fonds de garantie qui doit normalement y pourvoir (et qui n’a pas évolué malgré la précédente crise de 2008) ne suffira pas : le fonds de garantie des dépôts en France est doté d’une trésorerie de 2 milliards d’euros. Un montant visiblement insuffisant en cas de faillite d’une banque française.

  Il faut donc que le commun des mortels le sache, et qu’il cesse de se laisser berner  et  de se faire la victime expiatoire consentante de pseudos experts, qui, on le voit bien, ne maîtrisent plus rien… Allons-nous, comble de l’injustice, nous voir demander de surcroît, malgré toutes leurs erreurs accumulées de mois en mois, et sans avoir pris conscience de la profondeur du problème, faire encore et encore des efforts pour recapitaliser des banques qui ont si gravement failli, au seul profit de quelques uns ?

 Un autre monde est possible.

  

   A lire :

Les réactions des principaux représentants de partis politiques français sur la dégradation des banques françaises

Que se passera-t-il en cas de faillite de votre banque ? L’exemple islandais.

 

 (1) J’ai pris ici l’exemple de BNP Paribas, pour ses propriétés anecdotiques liées à la polèmique en cours. Mais j’aurais tout aussi bien pu en prendre un autre. Ainsi, celui de la Société Générale, considérée comme la plus fragile des banques françaises, qui  a vu sa valeur fondre de plus de 60% depuis juillet…

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