Hollande, le vote inutile

Antenne relais me demande expressément de plancher sur le thème du vote utile. C’est un peu le marronnier des blogs, mais bon, je ne voudrais pas donner l’impression de me défiler… Bien qu’il me semblait y avoir déjà répondu ici et là

 Tout d’abord, entendons nous bien sur la notion d’utilité : est-ce à dire qu’il y aurait des votes qui n’en ont aucune ? Comme lesquels, par exemple ? J’en suis déjà tout frétillant, d’attendre la réponse… (C’est la vôtre, elle vous appartient).

 Pour ce qui me concerne, comme je suis souvent taclé sur le sujet, le vote utile consisterait donc à voter pour le candidat ou la candidate le (la) plus à même de faire gagner la gauche. Et cela dès le premier tour ! Il est en effet admis que l’ombre du FN et de l’horrible gnome dont on ne doit pas dire le nom planent sur nos petites têtes d’ange qui n’avons rien à nous reprocher tant notre conscience est pure…

 Déjà, sur le terme, il y a un malentendu : de quelle gauche parle-t-on ? je dénie le qualificatif de gauche à tout parti ou mouvement qui ne cherche pas à rompre avec les puissances de l’argent :

 «  Celui qui ne veut pas rompre avec le capitalisme, Celui là n’est pas digne d’être  adhérent du Parti socialiste.» ( François Mitterrand)

 On est donc déjà mal barré avec une part non négligeable de socialistes, qui se sont corrompus dans le social libéralisme, jusqu’à ceux dont la candidature est soluble dans la mondialisation, pour reprendre les mots justes de Montebourg. Leur positionnement flou ne permet pas aux gens non politisés de faire clairement leur choix entre bonnet blanc et blanc bonnet. Les socialistes n’en ont-il donc pas assez de nous faire le coup du vote utile ? Avant, c’était DSK (dont on sait trop ce que cela a donné), et maintenant, donc, Hollande ? Vous ne me ferez pas manger mon chapeau. Ce candidat est un pur produit des médias comme le fut DSK. A mes yeux, il arrange bien Sarkozy… : son manque de punch le désignera à coup sûr au tapis dès le premier coup… Surtout depuis qu’il a perdu tant de poids.

 Ensuite, quand bien même on considérerait que le positionnement social démocrate est malgré tout « de gauche », il nous resterait donc à nous positionner en fonction du candidat issu des primaires. C’est-à-dire, n’en déplaise au tenancier d’Intox2007 et à Rimbus, sauf surprise de dernière minute, face à Aubry et Hollande. Misère…

 Bien (non, pas bien, mais bon….). Autant je pourrais concéder à Martine Aubry eu égard à son bilan ( 35 heures, consolidation du PS, mesures sociales prévues dans son projet) du bout des lèvres mon vote utile malgré la fadeur de ses propositions personnelles, autant cela me semble tout à fait exclu pour Hollande. Et je crois ne pas être le seul à penser ainsi, par chez moi… Mais bon, si les socialistes sont déja prêts à se passer de 10 à 15 % de votes tant ils sont sûrs d’eux, c’est leur droit. Et leur choix..

 Dans ce dernier cas, je suis au regret de vous faire savoir que je voterais blanc au second tour, même si cela est inutile, ne pouvant que regretter que celui-ci soit si peu pris en compte. Hollande est pour moi un social libéral sans intérêt qui ne réglera rien. Il est pour la règle d’or légèrement remaniée, et se contente de proposer des mesures  bien radicales (jugez par vous mêmes) comme une réforme de la fiscalité, un « contrat de génération », un nouvel acte de décentralisation, et un engagement pour la mobilité des jeunes » (source). Voilà qui va faire frémir les agences de notation, les marchés et les banksters… Un socialisme qui va moraliser le capitalisme, pour sûr !

 Donc, Aubry, par dépit, au deuxième tour. Car mon candidat à moi, tout le monde sait qui c’est : celui de la vraie gauche. Celle qui se bat contre le capitalisme, l’oligarchie, et le manque de démocratie dans les prises de décision politique. Et il est sain pour la démocratie qu’il n’y ait pas consensus en la matière. Sans quoi, nous serions en dictature. Même socialiste : une dictature, vous dis-je.

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17 commentaires

  1. Salut toi, vosgien.
    Force nous est faite d’apprécier ce billet-ci qui précise le pourquoi de quelques gueulantes forcément utiles, elles.
    Il n’en demeure pas moins que tu concluras sans doute un peu hâtivement en faveur de ce « candidat préféré » que tu évoques et qui ne manqua pas de préciser qu’il n’était pas « révolutionnaire », en conséquence de quoi ce n’est pas sur lui qu’il s’agira de compter pour remettre en cause le système, « la V eme Raie Publique », les Pestilentielles, et tout le bataclan.
    Et je ne parle pas même d’un parcours à tout le moins sinueux oscillant du PS à une alliance supposée tactique avec le vieux parti stalinien à demi-repenti.
    Et que l’on ne vienne pas me dire que ce Parti là ait été un jour « Communiste », quand bien même un bon nombre de ses militants l’auront été indiscutablement en toute sincérité au péril de leur vie et de leur liberté.

    Le débat concernant « les zeleczionnes » reste d’actualité, avant comme après.
    Steph.

  2. – Ségolène voulait DSK comme premier ministre
    – Aubry adepte de la mafia Guérini et félicite Sarkozy pour son intervention en Libye
    – Valls s’est trompé de parti politique
    – Montebourg sent le pognon à plein nez comme dirait le fils Bedos mais aussi l’orgueil
    – Quant à Hollande, son « coordinateur de campagne » n’est autre que le meilleur soutien de DSK, Moscovici
    Super les primaires du PS!!

  3. « l’ombre du FN et de l’horrible gnome dont on ne doit pas dire le nom »

    Oui surtout du gnome et de ses ignobles complices tapis dans l’ombre, là est le danger d’ici 2012.

  4. @ Cpolitic, à quelques autres aussi,

    Ségolène ce matin chez Bourdin/BFM.Tv fut cocasse de « franchise ». Au delà de son leitmotiv de vouloir faire de ce pays un pays d’entrepreneurs, de soutenir les entreprise en les subventionnant afin qu’elles emploient des chômeurs, d’encadrer militairement et éducativement la jeunesse un peu « turbulente », au delà de son tir de boulet s contre ses collègues de Solférino candidatEs comme elle aux primaires en vue de « la pestilentielle 2012 », elle dut se résigner à répondre à Bourdin qui pervers lui demanda si elle envisageait maintenant de demander un coup de main à DSK? S.R botte d’abord en touche expliquant qu’elle « ne veut pas parler à la place de DSK » -sic-, Bourdin lui rappelle que là n’est pas la question, que celle-ci s’adresse bien à Ségolène, en appellera t-elle ou non à DSK, Elle se prend alors un peu les pieds dans le tapis puis balbutie qu’elle ne « aucunement le gêner sur ses perspectives d’avenir… », que DSK avait « beaucoup de capacités reconnues, qu’il sera peut-être utile à la fRance s’il en décide ainsi quelque jour »…C’était fendard comme tout
    Non moins fendard de se vanter dans la suite de l’entretien d’avoir taillé considérablement dans les subventions accordées aux diverses assoc’ de sa région //Culturelles, sociales, environnementales, etc. //afin de financer le lobbying de l’éco-bizzness et de marteler qu’il faut soutenir les entrepriiiiiiiiises…les entrepriiiiiiiiiiiises…les entrepriiiiiiiiiiiiiiiiises…

    Tout serait là, en somme….

    Steph

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