Jean-Michel Baylet, l’homme pieuvre.

Et qui pour soutenir Baylet parmi les blogueurs ? Certainement pas moi ! Qui pourrait intéresser des lecteurs avec un si mauvais produit marketing ? Manifestement pas de quoi en faire un buzz un dimanche d’août, même pluvieux…

Nous voilà donc face à un homme et un parti qui n’existent pas, où si peu, que le simple fait que Jean-Michel Baylet ait pu en être le président pendant 26 ans autorise Romain Blachier avec ma bénédiction à écrire à son sujet : « Cela montre la grande stabilité qu’aura su faire régner Monsieur Baylet sur sa cabine téléphonique». A l’époque du portable, cela en dit long sur sa notoriété et sa capacité à peser sur la scène politique française… Même son sketch de Caliméro sur l’injustice (vraiment ? Le Monsieur a la mémoire courte !) qu’il y a de la part du PS à lui réserver un si mauvais accueil aux primaires, ainsi que ses autres gesticulations n’ont pas suffit à le sortir du juste néant médiatique dans lequel il se trouvait. Et aurait du rester. Pourtant, cela aurait pu faire les choux gras de la droite… Même elle n’en a pas voulu.

Il faut dire à leur décharge que le Monsieur, peu fiable, a quelque peu de mal à se situer…Fricoter avec l’UMP tout en souhaitant participer aux primaires socialistes, voilà qui ne manque pas d’incongruité… Il convient de se souvenir en outre qu’à l’orée du sarkozysme naissant, Baylet avait cru bon de déclarer que la stratégie d’union de la gauche n’avait « plus d’actualité » (source). Et n’avait pas hésité à faire machine arrière peu de temps après en mesurant les risques pour son parti de perdre quelques strapontins… Déjà que le ralliement de Tapie, alors membre du PRG, à Sarkozy était plus tôt mal vu…

Mais faisons connaissance de manière un peu plus factuelle avec ce sympathique personnage et son parti si peu radical, et encore moins de gauche. Au point qu’en 2007, le PS ait jugé utile de réclamer à Baylet une « clarification publique » de ses intentions après ses appels à créer « une grande force centrale » composée des radicaux de gauche et de droite. C’est à dire un rapprochement avec Borloo qui, à l’époque, était encore à l’UMP..

Condamné en 2003 pour abus de biens sociaux, recel d’abus de biens sociaux, ainsi que faux et usage de faux, Jean-Michel Baylet a été classé l’année dernière à la 509e place du classement de Challenges. Ce magazine publie tous les ans un palmarès des gens les plus riches de France. Sa fortune personnelle est quand à lui évaluée à 50 millions d’euros… De quoi se racheter une conscience…Pour quelqu’un qui représente un parti dont le site met en avant les valeurs de justice sociale et de solidarisme, voilà qui la fout mal… Mais ce candidat là n’en est pas à une invraisemblance près, comme cet article tentera de le démontrer.

Il est accessoirement Sénateur du Tarn-et-Garonne depuis le 24 septembre 1995, mais ça, tout le monde s’en fout. Sauf lui; qui rêve de se payer un siège de Président du Sénat par le PS en cas de victoire aux présidentielles, en contreparties des quelques pour cent que pourrait faire le PRG.

Ce cumulard préside également, en plus de son parti :

  1. le conseil général du Tarn-et-Garonne depuis… 26 ans.
  2. la communauté de communes des Deux Rives
  3. Le groupe La Dépêche, (La Dépêche du Midi ; Midi olympique ; Le Petit Toulousain : La Nouvelle République des Pyrénées ; Le Petit Bleu du Lot-et-Garonne ; Le Villefranchois) ainsi que plusieurs journaux de petites annonces (sarl Publi).Le groupe a des participations dans un grand nombre d’autres publications, maisons d’édition, chaînes de télé… Le journal l’Express qualifiait ainsi l’empire Baylet de « système tentaculaire ». Un capitaliste vrai de vrai.

Pour quelqu’un qui tente de se singulariser en brandissant des propositions soi-disant «d’avant-garde» (mariage homosexuel, droit à mourir dans la dignité; Europe Fédérale), il pourrait quand même se montrer un peu plus novateur en matière économique, de partage des richesses et des postes, non ?

Pour clore le tableau un peu fastidieux de ses mandats, il a été en outre Ministre délégué au Tourisme, Secrétaire d’État auprès du ministre des Relations extérieures et Secrétaire d’État chargé des Collectivités locales sous Mitterand, ainsi que Maire de Valence d’Agen. Il est aujourd’hui maire de Monjoi.

Quand on vous disait qu’il allait falloir nettoyer un peu tout ça…

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13 réflexions sur “Jean-Michel Baylet, l’homme pieuvre.

  1. En quoi le fait d’avoir de l’argent est contraire aux valeurs du Solidarisme?
    Le Solidarisme, qui est un des fondements de la pensée Radicale et du système de répartition français, statue qu’à la naissance chaque individu vit avec une dette envers les générations passées et futures, et qu’à un moment donné il doit rendre ce que l’état lui a donné.
    Les personnes qui réussissent doivent souvent beaucoup à l’état (éducation, infrastructure, subvention, etc.), ainsi il est normal que leur impôt soit plus élevé pour rendre à la société ce qu’elle leur a donné, d’où le principe de progressivité de l’impôt, qui a été instauré par le « Parti Républicain, Radical, Radical Socialiste », l’ancêtre commun au Parti Radical de Gauche et au Parti Radical (dit Valoisien) de Jean Louis Borloo, d’où une certaine amitié entre les deux mouvements qu’il ne faut pas sur-interprété.
    Concernant le terme Radical, dans ce cas précis son origine date de 1832. En effet, lors de la Restauration les mots Républicain et République avaient été proscris. On nommait Radicaux les personnes qui défendaient les idéaux de la République. idéaux qu’ils ont pu appliquer au début du XXeme siècle (séparation de l’église et de l’état, progressivité de l’impôt, premier système de retraite à répartition, abaissement du temps de travail, instauration du système des mutuelles, etc.). Ces réformes marquent le début de notre République Sociale.
    Jean Michel Baylet est le dépositaire légitime de cet héritage, qui selon moi est loin d’être insignifiant (ca se discute selon les idéaux et les positions de chacun bien évidemment! 😉 )

    Au plaisir
    laurent

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  2. merci pour le lien. Attention je prend un seul M dans mon prénom. Le truc le plus dingue que j’ai trouvé, c’est que le mec s’est fait élire dans un patelin de 180 habitants tout ça pour être également président de communauté de communes et éviter de tomber sous le cumul des mandats. Mais le billet devant être à décharge…

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  3. il est le genre sans couleur, sans odeur, gris qui se confond avec les murs, tous ces « dons » que j’apprends ici m’étaient en effet totalement inconnus

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  4. Et c’est ce (gros) capitoul, riche en millions d’euros qui veut encadrer nos revenus d’autoentrepreneur? C’est vrai qu’on gagne trop d’argent… Le pauvre a eu une vie tellement dure, qu’il se sent obligé de défendre les artisans contre les vilains capitalistes que nous sommes…

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