Un scoop de GdeC : Sarkozy et Guéants ratent leur bac, option sécurité !

« Parler de justice sociale à Nicolas Sarkozy, c’est comme parler de cinéma à une caméra de Vidéo-Surveillance ! …»  (Laurent Fabius).

 Au moment exact où, à 10 mois de la présidentielle, pendant laquelle le thème de la sécurité publique risque d’être un enjeu déterminant, la cour des comptes vient de sortir un rapport très malvenu pour le gouvernement, qui bat en brèche ses déclarations tonitruantes sur la baisse de la délinquance et son volontarisme sur le sujet.

 Le candidat Sarkozy, champion de ce genre de thématique, qui n’éprouve jamais aucun état d’âme pour récupérer le moindre fait divers sordide¹ pour le transformer magiquement en affaire d’état suivi d’une loi, s’en serait certainement bien passé.

 Que nous dit ce rapport de 250 pages, basé sur une enquête dans une cinquantaine de villes d’Ile-de-France, Rhône-Alpes ou Paca,   qui passe au crible les forces vives de la sécurité publique (SP) présents dans  la rue,  soit le gros des troupes de la police et de la gendarmerie (80.000 fonctionnaires chacune) ?

  1. l’«exigence d’une plus grande efficacité de la lutte contre la délinquance» – référence implicite à la politique sécuritaire impulsée par Nicolas Sarkozy dès 2002 – «doit être satisfaite (…) avec des moyens en diminution» et une «hausse des dépenses de rémunérations»
  2. On peut observer une baisse de 5,3% depuis le 1er janvier 2003 du nombre de policiers
  3. «en 2009, la reprise à la hausse de la délinquance a été évitée en grande partie par le refus des services d’enregistrer des plaintes» de victimes d’escroqueries
  4. la cour des comptes  enregistre en 2010 une baisse de 25% de leurs budgets de fonctionnement (hors rémunérations).
  5.  Une très mauvaise gestion du personnel de sécurité et une organisation de leur temps de travail plus qu’aléatoire. Ainsi, en 2009, 30% du «potentiel théorique» des forces de la Sécurité Publique étaient «indisponibles pour cause de congés, repos, maladies et autres absences».
  6. un «rôle grandissant des polices municipales», en développement de +35% sur la période analysée (2002-2010)
  7. le «développement rapide mais coûteux» de la vidéosurveillance, allant jusqu’à mettre en doute les chiffres de celui-ci qui avançait le nombre de 20 000 caméras dans la rue en 2008 quand elles n’étaient que 10 000 pourla Cour.

   Pour se justifier, la voix de son maître qu’est Claude Guéant, actuel Ministre de l’intérieur pour services rendus à sa majesté utilise l’argument imparable du siècle : «La France doit maîtriser ses finances publiques, nous n’avons pas l’intention de devenir la Grèce ou le Portugal»,  a déclaré Claude Guéant. Dans ce cas, dites simplement la vérité : arrêtez de vous glorifier avec une politique constituée essentiellement d’effets de manche et de décisions spectaculaires mais n’ayant pas franchement montré leur efficacité. Tous les spécialistes de ce domaine savent ainsi que la vidéosurveillance n’est absolument pas la panacée, et que les pays qui l’ont développée massivement ont très vite été confrontés à ses limites.

 En outre, cet argument à deux sous peut facilement être retourné : un choix budgétaire est aussi un choix politique. Quand on veut lutter contre les violences aux personnes, on investit pas dans des caméras, mais on lutte contre la désespérance sociale, la précarité, et dans le salaire d’êtres humains de chair et d’os capables d’intervenir dans des conditions optimales, c’est-à-dire, par exemple, débarrassé de préoccupations statistiques, comme c’est trop souvent le cas des forces de sécurité publique, police municipale, nationale ou gendarmerie , comme ceux-ci me l’évoquent assez souvent au quotidien, pris par des tâches qui les empêchent de réaliser leur cœur de métier, comme cet envahissement paperassier qui nous guette tous…

Et comme de bien entendu, pour terminer ce peut-être trop long billet d’avant les vacances, devinez quoi ? « La place Beauvau fustige « un nombre important d’inexactitudes, d’erreurs d’analyse, d’oublis et d’appréciations manquant parfois d’objectivité », ainsi que des « formulations abruptes » et des « sous-entendus contestables« .

Cela est effectivement de notoriété publique : la Cour des Comptes est un repaire de gauchistes et d’anarchistes, et de plus elle ne sait pas compter. T’as qu’à croire, Claude… Suffit d’aller voir sa composition, et l’on en aura le coeur net  !

Misère du débat politique français…

 . 

¹ A ce sujet, moi qui ne regarde jamais ce genre d’émission que je considère comme tirant un peu trop sur la corde du sensationnel, j’ai pourtant apprécié celle de Christophe Hondelatte hier soir où, à propos de l’affaire Crémel, il est clairement démontré que celui qui n’était alors déjà qu’un candidat, et ministre de l’Intérieur, n’a pas hésité à l’utiliser à ses propres fins, au point que l’avocate de la famille de la victime qualifie ce comportement de « mesquin », et qu’elle s’est mise d’accord avec l’ensemble des parties pour ne pas entrer de plein pied dans cette polémique, récupérée sciemment de manière totalement cynique à des fins purement partisanes et politiques. Il s’agissait pour l’autocrate qui hélas nous gouverne à présent de chauffer à blanc l’opinion sur la base de cet événement sensationnel pour leur prouver qu’il serait le candidat qui lutte efficacement contre la récidive… Et déjà, à l’époque, il n’hésitait pas à remettre en cause la justice de manière totalement injustifiée, les juges ne pouvant se baser que sur des lois existantes, ayant agit dans l’histoire en question selon leur intime conviction et le contexte purement factuel, et non des émotions. N’est-ce pas ce qu’on leur demande précisément ?

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8 réflexions sur “Un scoop de GdeC : Sarkozy et Guéants ratent leur bac, option sécurité !

  1. la dernière fois qu’un type a voulu jouer les volontaires, il a flingué un môme et a fini au trou. Laissons faire la police et la gendarmerie, c’est leur boulot et on les paye pour çà.

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  2. Avertissement adressé à la Troïka, aux banques et aux investisseurs.

    Date de l’assemblée :

    dimanche 03/07/2011

    Face à l’oppression et au pillage de l’oligarchie financière, l’Assemblée populaire de la Place Syntagma invoque le devoir de résistance inscrit dans sa constitution, exerçant ainsi la pleine souveraineté du peuple alors que les autorités légales ont capitulé. Voici le texte de la déclaration adoptée le 3 juillet à Athènes [1] :

    AVERTISSEMENT ADRESSÉ À LA TROÏKA, AUX BANQUES ET AUX SOI-DISANT INVESTISSEURS, LOCAUX OU ÉTRANGERS, QUI FANTASMENT SUR LES BIENS PUBLICS GRECS.

    Un gouvernement grec déchu et dictatorial qui n’est plus représentatif du peuple de ce pays, vient de voter des lois avec lesquelles il a l’intention de brader les biens publics et les territoires grecs, contre la volonté de la grande majorité du peuple grec.

    Nous informons tous ceux qui y distinguent une occasion d’investissement, que nous ne tarderons pas à renverser ce gouvernement, qui sera appelé rapidement à rendre compte de ses crimes devant le peuple et le pays. Les signatures et les lois sont nulles et non avenues. Elles ne sont pas validées par le peuple grec, qui ne les reconnait pas.

    Nous mettons en garde tout soi-disant investisseur, qu’il ne lui vienne pas même à l’esprit de s’approcher de quelque vente aux enchère de nos biens publics ou braderie de nos territoires, et encore moins de penser à les acheter. À part le fait qu’il perdra tout ce qu’il a acheté quand nous retrouverons la souveraineté de notre pays en tant que peuple, les sommes qu’il aura dépensées pour ces achats illégitimes ne lui seront pas remboursées.

    De même nous le prévenons que jusqu’à ce que nous recouvrions le contrôle du pays, dans le cadre de la défense de nos droits tels qu’ils découlent de la constitution grecque (2) mais aussi des droits des peuples et des personnes reconnus internationalement, nous ferons tout ce qui est nécessaire par le biais de notre auto-organisation pour annuler en fait et en acte et pour saboter tous les éventuels investissements de ce type.

    Que nul soi-disant investisseur n’ose faire ses courses dans les biens publics soldés et les territoires bradés en Grèce, sauf s’il se rend compte des hauts risques que courent ses investissements. Dans ce cas, ses investissements seront « bien reçus » dans notre pays, qui, quand son peuple se voit privé de liberté, sait donner naissance à des héros et se livrer à de haut-faits de résistance.(3)

    L’assemblée populaire de la Place Syntagma le 3-7-2011.

    Notes :

    [1] cf. le site des indignés grecs : real-democracy.gr.

    [2] La Constitution grecque adoptée en 1975 après la chute de la dictature des colonels, dispose clairement d’un droit de résistance (article 120) :
    3. L’usurpation, de quelque manière que ce soit, de la souveraineté populaire et des pouvoirs qui en découlent est poursuivie dès le rétablissement du pouvoir légitime, à partir duquel commence à courir la prescription de ce crime.
    4. L’observation de la Constitution est confiée au patriotisme des Hellènes, qui ont le droit et le devoir de résister par tous les moyens à quiconque entreprendrait son abolition par la violence.

    [3] Dans la déclaration originale, ce passage se réfère directement à l’Amiral Constantin Kanaris, héros de la Guerre d’Indépendance de 1821, et au sabotage par la Résistance du pont ferroviaire stratégique de Gorgopotamos durant l’occupation nazie.

    http://real-democracy.gr/fr/teamvotes/2011-07-03-avertissement-adresse-la-troika-aux-banques-et-aux-investisseurs

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  3. Bulletin d informations N 5 Novembre d cembre 2007Num ro sp cial formationInterview Annick Droal nous pr sente les ambitions du CNFPT pour 2008 ! Co ncidence du calendrier les premi res cartes professionnelles viennent d tre d livr es comme pour institutionnaliser le m tier de policier municipal ! Sur le fond nous sommes en cours d laboration YCQ Quels sont les grands chantiers sur lesquels le CNFPT travaille pour 2008 ?

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  4. La technologie du 21esicle exige que les policiers disposent doutils du 21esicle pour enquter efficacement sur les crimes… Nous dotons nos services de police des outils dont ils ont besoin pour rivaliser avec les criminels qui utilisent de plus en plus les nouvelles technologies pour commettre leurs crimes.

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  5. La technologie du 21esicle exige que les policiers disposent doutils du 21esicle pour enquter efficacement sur les crimes… Nous dotons nos services de police des outils dont ils ont besoin pour rivaliser avec les criminels qui utilisent de plus en plus les nouvelles technologies pour commettre leurs crimes.

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