c’est le bordel à droite… Balle au centre.

Pendant que d’aucuns préfèrent s’intéresser à ce que la politique (mais en est-ce vraiment?) a de plus glauque et destructeur pour le peu d’esprit démocratique qu’il reste encore à notre société française, je préférerais quant à moi m’interroger, avec vous (seul, c’est moins drôle) sur les mouvements de plaques tectoniques qui se dessinent en perspective des élections présidentielles de 2012.¹

 Certains sont évidents, visibles et mesurables, d’autant plus que les médias officiels s’y emploient. Nous ne les évoquerons donc pas ici, pour le moment du moins. D’autres y suffisent. Par contre, cet objet politique non identifié qu’est Borloo… Comment dire ? J’aborderai le sujet sous un angle moins stratégique qu’ironique, habituel (un peu trop ?) dans le registre du bloguage.

 Voilà donc un homme qui a pourtant passé près de dix ans avec la majorité présidentielle et qui se réveille un beau matin ², en disant qu’il a quelque chose de nouveau, une droite plus morale à proposer.. Je n’y reviendrai pas, puisque je lui ai déjà consacré plusieurs billets. Faut quand même pas pousser le gauchiste dans les bras des centristes avec trop d ‘identification empathique sous peine de se retrouver dans les tirs croisés des extrêmes gauchistes qui vont d’emblée sans sommation m’accuser de socio-traîtrise.

 Le point que je voudrais développer ici, c’est plutôt cet angle assez jouissif je l’avoue (rassurez-vous, il n’y aura point de saletés poisseuses sur votre écran, je ne suis pas de ce – mauvais – genre là) de la zizanie que ce centriste illuminé commence et persiste à semer à droite. Je ne m’en lasse pas, d’observer ces piques, ces tacles, ces propos amers, ces réactions embarrassées, ces mouvements d’humeur bileuse, et autres tressaillements musculaires qui confinent à l’agressivité mal contrôlée…

 Le dernier en date, cet épisode relaté par l’Express (dont il n’est pas inutile de rappeler pour qui il roule…), qui évoque le dernier tir de semonce de Copé :

 « Que les responsables départementaux de l’UMP guettent leur boîte aux lettres, la semaine prochaine, ils y trouveront un courrier signé Jean-François Copé. Le secrétaire général du parti présidentiel y demande à tous ceux de sensibilité radicale de choisir leur camp, Nicolas Sarkozy ou Jean-Louis Borloo. »  

 Même dans son propre camp, celui des radicaux, qui n’en ont que le nom, tant ils sont auto-centrés… (comme ceux de gauche d’ailleurs : ainsi, ce valeureux exemple dont chacun jugera de la constance politique : Tapie), il ne fait guère l’unanimité, et bien des gens s’en démarquent prudemment, de peur dans doute de subir les foudres du psychopathe qui nous gouverne…

 Quand une certaine droite est inquiète, c’est plutôt bon signe pour la démocratie, non ?

 Le camp de la Droite populaire, reçue par sarko avant-hier (est-ce un hasard?) aurait-il peur d ‘un infléchissement de la politique vers le Centre, par pur intérêt électoraliste, de leur candidat préféré ? Probablement pas, tant l’agité de l’Elysée semble proche de leurs thèses extrémistes et remonté contre Borloo..

 Un exemple de la puanteur réacosphèrique de cette droite dite abusivement populaire  ? Celui que cite Juan dans son article de Marianne : Lionnel Luca, qui déclarait l’été dernier qu’« on a le droit de penser » que « les Roms sont une ‘sale race’ ». Voilà qui grandit la patrie des droits de l’homme de manière irréfutable…et nous tire vers le haut. Cela ne vous suffit pas, vous en voulez encore ? Allez voir chez Arnaud

 Pourtant, malgré tous ces épisodes et autres bruissements journalistiques plus ou moins crédibles, notre pseudo écolo (encore un autre? On en avait déjà assez!) avance pas à pas, imperturbable, plaçant ses pions, se déclarant sans vraiment le faire (j’en connais d’autres) candidat mais pas tout à fait, histoire de se ménager sans doute une plus glorieuse porte de sortie que le bide retentissant qui l’attend si jamais il y allait, avec si peu de troupes…

 Car il faut bien le dire, haut et fort, sans trop de risques d’être contredit, il y a des guerres qu’il vaut mieux ne pas entamer… avec de tels généraux : Morin (le général maître-queux), Boeckel (le général renégat ³), Arthuis (le général j’yvais-j’yvais pas)… et pourquoi pas avec Villepin, tant qu’on y est ?

 Ah non, pas lui, ya la justice qui le rattrape… malgré ses dénégations. Au suivant !

Un plus : le conseil de lecture du jour :  Pour un recentrage du débat politique

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