Marianne visite le Parc de Montretout

Jeux de (F) haine… en milieu ordinaire de (non)travail :

aujourd’hui, la banque… et les milieux financiers

  Au moment même où le gouvernement préfère quant à lui – sublime priorité – taper encore et toujours sur les moins favorisés,  en profitant de sa dernière ligne droite avant les présidentielles pour faire un petit cadeau de quelques millions à ses amis riches, Monsieur Debré lui-même en personne, tout président du Conseil constitutionnel et membre de l’UMP qu’il est,  s’indignait ce matin sur I-Télé (à moins que ce ne soit BFM ?) de l’absence de principes moraux des patrons et des banquiers.

 Monsieur le Président trouve donc indécent, et je ne peux qu’approuver, que les mêmes qui ont provoqué la crise par leur cupidité sans scrupules soient toujours en place sans qu’aucune sanction ne soit prise, même quand ils ont notoirement démérité. Jean-Louis Debré cite ainsi l’exemple de l’étonnante désinvolture de Carlos Ghosn   face au scandale de ces cadres injustement dénoncés pour une soi-disant affaire d’espionnage. Quant à moi, je ne m’inquiète pas pour eux, ils seront certainement grassement dédommagés, avec des sommes à plusieurs zéros que le commun des mortels n’a point le bonheur de connaître.

 Mais revenons au centre du débat : l’injustice criante qu’il peut y avoir à constater que certains se gavent pendant que d’autres crèvent, que la crise n’y a rien changé, et que notre société manque d’humanisme… Monsieur Debré est-il  le mieux placé pour faire ce constat ? Lui qui s’est rendu célèbre par des mesures, des lois et des actions qui ne brillent pas particulièrement par leur humanité ? Rappelons pour mémoire l’expulsion, le 23 août 1996, de 300 étrangers en situation irrégulière occupant l’Eglise Saint-Bernard à Paris. Ou mentionnons encore, lorsqu’il était Ministre de l’Intérieur, le projet de loi portant « diverses dispositions relatives à l’immigration », qui a eu pour petit effet secondaire quelques manifestations   critiquant la politique du gouvernement Juppé, durant lesquelles on scande des slogans réclamant l’« abrogation des lois Pasqua-Debré ».

Mais peut-être est-ce parce qu’il est de notoriété publique que cet homme soit d’une grande fidélité à Jacques Chirac et qu’il s’est opposé à maintes reprises à ce titre  à Nicolas Sarkozy que cet ancien président de l’Assemblée nationale se permette ainsi de remettre en cause les orientations politiques de son parti qui favorise si ostensiblement les intérêts des plus aisés ? A moins que ce ne soit parce qu’il est tout simplement en train de faire la promotion de son dernier livre , dont l’intrigue cousue de fil blanc utilise justement la figure des  « rivaux de la haute finance internationale » ?

S’il continue ainsi, sa sonnerie de téléphone pourrait bien sonner pour lui de la même façon qu’il appréhende certains de ses amis politiques…

Il se trouve en tous les cas que l’actualité économique du jour donne tristement raison à ce nouveau gauchiste (bienvenue parmi nous, camarade !) puisque nous apprenons grâce aux échos que les modestes émoluments des patrons du CAC 40 ont augmenté en moyenne de 24 % à l’heure où l’on préfère geler le salaire des fonctionnaires pendant 3 ans.

Pour toucher le tiercé des patrons les mieux payés en France, il fallait jouer en deux Franck Riboud (Danone) et en 3 Bernard Arnault (LVMH), alors que la première place est ravie par un outsider, Michel Rollier, inconnu du grand public (Michelin).

Dominique Seux,  sur son blog des échos, relativise cependant la hauteur astronomique de ces salaires par temps de crise en arguant du fait que Benzema touche bien plus qu’un patron du CAC40 (en moyenne 2.5 Millions d’euros, contre 9 millions pour le footeux) alors qu’il serait moins utile à la société… Mouais. Le lecteur jugera de la profondeur de l’analyse.

Moi, je me contenterai juste d’indiquer pour en terminer (provisoirement) que malgré les sondages en cours (qui ne font pas, comme 2002 l’a prouvé, une présidentielle), et notamment celui que porte à notre attention l’ami Bruno ici, la meilleure amie des ouvriers, et la plus grande pourfendeuse d’injustice sociale,  n’est certainement pas celle qui se fait nommer Marine (pour faire moins bourge… ou plus peuple ?).

 Marion Anne Perrine Le Pen (Marine est donc son nom de scène) ne sort en effet peut être pas de la cuisse de Jupiter mais très certainement de celle de son papa, riche héritier des ciments Lafarge Lambert. J’indiquerai en outre qu’elle n’est pas née à Villiers le Bel mais à (ô curieux hasard !) Neuilly-sur-Seine. Et que quelqu’un qui a passé son enfance dans un manoir à Saint Cloud au cœur du parc de Montretout me semble bien mal placée pour donner des leçons de sécurité, ou de connaissance des problèmes d’immigration au quotidien.  

Marion Anne Perrine Le Pen, défenseur de la veuve et de l’opprimé ?

Marion Anne Perrine Le Pen, proche du peuple et de ses préoccupations ?

Laissez-moi rire. Et me foutre de la gueule de tous ces gueux qu’elle mène en bateau…  sans pour autant les prendre pour des cons, mais avouez :  ya vraiment de quoi !

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19 commentaires

  1. Le parc de Montretout, c’est que les Américains appellent une « gated community », un quartier où l’espace public est privatisé par les riches résidents pour mettre à l’écart les plus pauvres, présumés bruyants et dangereux :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gated_community

    Ne rentre pas qui veut, à moins de faire partie des connaissances ou des invités des résidents. En matière de proximité avec le peuple, il y a mieux…
    Et j’ajoute qu’à Paris, on a une gated community dans le 16e, la villa Montmorency, où habite l’épouse de notre « cher » président…

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