aujourd’hui, les cloches étaient encore à Rome

Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy avant un sommet à Rome le 26 avril 2011 – Vincenzo Pinto – AFP

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« Sarkozy et Berlusconi sont la honte de l’Europe » (Harlem Désir)

 Sarkozy s’est rendu à Rome aujourd’hui pour rencontrer son ami Berlusconi. Le Parisien titre qu’ils cherchent un terrain d’entente… Nul doute qu’ils le trouveront ! Ils sont en effet tellement semblables idéologiquement, ces frères siamois de la droite populiste (il n’y a pas de raison que ce vocable soit réservé à Mélenchon, alors qu’il semble plus approprié à d’autres, n’est-ce pas !).

 Arrivé à 11 heures ce matin dans la péninsule, le Président français était accompagné de François Fillon, et ses ministres des Affaires étrangères, Alain Juppé, de l’Intérieur, Claude Guéant, et de l’Economie, Christine Lagarde. La délégation italienne était composée quant à elle, autour de Berlusconi, de leurs homologues respectifs : Franco Frattini¹, Roberto Maroni² et Giulio Tremonti³. Le tout réuni dans un cadre verdoyant, loin du tumulte des foules et des médias, de la Villa Madama sur les bords du Tibre.

  « C’est l’occasion de tourner la page« , de « retrouver la fraternité franco-italienne« , observe-t-on à l’Elysée, au moment où « Paris et Rome n’ont jamais été aussi éloignées » (source).

Eloignés, vraiment ? Peut-être pas tant que cela… Leur point de ralliement, considéré par la presse comme le plus sensible de ce sommet, à savoir l’immigration, pourrait bien être comme en d’autres temps un vecteur idéologique de conjonction populiste majeure.

Car sous couvert de pragmatisme international, on pourra fort probablement, et sans trop de risques de se voir contredits par la suite des événements,  assister à une convergence de vues qui assimilera comme il se doit dans le politiquement correct d’aujourd’hui les populations dont on célébrait hier si médiatiquement l’incroyable élan de liberté à des hordes d’envahisseurs malvenus qu’il s’agit de renvoyer à leur liberté… de crever de faim.

Force est de constater en effet que pour ces gens là, les hommes, les femmes et les enfants de l’autre côté de la mer sont considérés comme de simples variables d’ajustement des politiques internationales, et concomitamment de simples enjeux de politique intérieure pour des hommes l’un et l’autre largement discrédités par leur action peu conforme aux canons des droits de l’homme. Et deux hommes soumis aux mêmes contraintes de stratégie politique, face au FN pour le Président français et àla Ligue du Nord pour l’italien.

Outil par excellence de l’Europe forteresse, l’espace Schengen, hier magnifié, aujourd’hui décrié par une droite contaminée par ses extrêmes en France comme en Italie, risque bien de faire les frais de cette mise à genoux de la démocratie devant ses fachos respectifs…

C’est la petite muette qui doit se frotter les mains…  Aux armes, la garde prétorienne ?

L’appel « mare nostrum » n’en est que d’autant plus d’actualité.

 

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La marche sur Rome de mike hammer papatam andropov

¹ Ironie de l’histoire, il fut autrefois proche du Parti socialiste italien, avant de rejoindre Forza Italia (centre-droit)… Un homme d’une constance rare. Leur Besson à eux ?

²   membre de la Ligue du Nord.

 ³ Ancien proche du socialiste Gianni De Michelis,  il est l’un de chefs de file de Forza Italia depuis 1994.

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