Forum culture 2011 : Mitterand réinvente le délit d’entrave syndicale !

Bon, je sais, cela ne va pas intéresser grand monde par ici mais moi si, et c’est là l’essentiel. Je blogue et j’écris avant tout pour me faire plaisir, pas pour squatter les classements. Je veux évoquer sur ce billet le thème qui m’est cher de la démocratisation de la culture. Je pense en effet que la lutte contre l’obscurantisme qui est en train d’envahir notre pays (et je ne parle pas là de l’islamisme radical…) passe aussi (sinon plus) par ce biais là, plutôt que par la propagande politique, à laquelle, quelle que soit la qualité de ses arguments, les gens sont de moins en moins sensibles…

Aussi, je ne pouvais que réagir à l’attitude anti-démocratique de Frédéric Mitterand (qui aime tant, en client, la Tunisie… On l’entend d’ailleurs peu en ce moment !) qui a choisi dans le cadre du Forum culture 2011 , qui avait lieu aujourd’hui, de ne pas inviter plusieurs syndicats pourtant directement concernés par le thème, tels que le Syndeac et la CGT du spectacle notamment, pour les principaux..

Le thème de ce forum était pourtant : «Culture pour chacun, culture pour tous et culture partagée». Drôle de conception du partage que d’écarter les acteurs qui gênent… cette logique de profit qui tend à régner même dans ce milieu là !

Sylvie Robert, secrétaire nationale à la culture du Parti socialiste, critique la politique libérale du gouvernement dans ce domaine. La «culture pour chacun»? Une «politique de repli» dit-elle. J’ajouterai : la culture de chacun contre chacun, payée par tous. Au profit de quelques uns seulement. Car comme S. Robert le développe dans l’article de Médiapart, le libéralisme outrancier à l’œuvre dans ce domaine dont la nature devrait y échapper ne rend pas vraiment hommage à notre Ministre de la culture… Malgré son patronyme qui devrait l’y inciter.

C’est pourquoi je me félicite ouvertement et publiquement  de ce que le Syndicat national des arts vivants et la Fédération nationale des arts de la rue – qui reprochent au ministre de la Culture sa “stratégie alibi de «Culture pour chacun»”, et réclament ”une vraie politique de démocratisation culturelle se soient invités au débat auquel ils n’avaient pas été conviés en participant à leur manière (ils ont bloqué l’entrée pendant deux heures) et en provoquant de la réflexion là où on ne la souhaitait manifestement pas…

L’art pour tous, fait par chacun (du moins tous ceux qui le peuvent) pour tout un chacun, à un prix accessible, voilà qui devrait fédérer tous les acteurs de l’autre gauche, celle qui se soucie de ce que les plus modestes aient eux aussi accès à d’autres médias d’expression libre que ceux qu’on leur vend au quotidien… Cette soupe sans saveur, incolore, inodore. Et bien vite oubliée…

L’art, c’est tout autre chose.