C’est la guerre. De l’information.

 

Nous sommes en Guerre, titre aujourd’hui l’ami cpol… Il n’a pas tort. Je me faisais justement quant à moi la même réflexion, dans mon for intérieur, en mettant bout à bout les événements marquants de ces derniers mois.

Car entre la crise financière, l’affaire wikileaks, la loi hadopi, la bataille (éminemment idéologique) des retraites, la montée des populismes d’extrême-droite en Europe,  dont les nantis font leurs choux gras, sans parler des discours aussi stériles que caricaturaux sur la soi-disant pourriture que charrie Internet (alors que là comme ailleurs, il y a à boire et à manger… Prenons ainsi le cas de Détective, ou de Voici, pour ne pas les citer : n’y a-t-il pas là aussi de quoi s’énerver un brin sur le degré zéro de l’information qui est délivrée à nos concitoyens ?),  les soulèvements populaires en Algérie, en Tunisie, en Egypte, au Yémen, tous ces événements ont un point commun : le traitement de l’information, notamment sur Internet (mais pas seulement) et la tentation si grande des gouvernements autocrates pour ne pas dire tyranniques qui tentent de museler l’opinion par une information soucieuse de leurs seules préoccupations et conforme à leurs seuls intérêts… Ce n’est pas par hasard si Mr Sarkozy s’est battu contre vents et marrées pour l’emporter dans la nomination du président de France Télévisions, et de celui du journal Le Monde, l’un des principaux quotidiens de référence en France.

Je continuerai à dire jusqu’à ce que l’on me prouve le contraire (pour le moment, je n’ai guère été contredit) qu’en France, malgré une différence de forme, la guerre est tout aussi présente : il s’agit simplement, en l’espèce d’une guerre de l’information à laquelle se livrent les tenants d’idéologies partisanes, de part et d’autre, avec des moyens bien différents… Alors que la droite et les tenants de l’oligarchie française contrôlent la plupart des médias dans une incroyable course à la concentration monopolistique sans précédent (pour les journaux papiers comme pour les sites internets, les télévisions publiques et privées, les instituts de sondages et autres moyens de  propagande ¹ de l’Elysée et de l’UMP, qui nous distillent si habilement par tel ou tel canal la perception correcte à avoir des phénomènes, événements et points de politique générale à adopter sous peine de sortir des clous, ou d’être accusé d’archaïsme ou de déviationnisme intellectuel grave, comme par exemple peut le figurer un certain discours d’exclusion à l’égard d’une part de la population de plus en plus grande (fonctionnaires, étrangers, musulmans, roms, etc etc etc), qu’avons-nous, NOUS pour nous exprimer, à part nos misérables blogs à l’audience limitée qui ne touchent guère qu’environ 25 % de la population (pour être optimiste) et quelques rares journaux et sites au tirage confidentiel ? Citez moi le nom d‘une seule chaîne de télévision qui pourrait (j’emploie le conditionnel exprès, la réalité n’étant pas flagrante) véhiculer un discours différent, un contenu plus subversif, ou simplement contestataire, comme pouvaient (et savaient) l’être les radios libres en des temps si lointains que les jeunes ne peuvent pas connaître ?

Comme dans toutes guerres, nous dit cpol, , » il y a les taupes, les espions, les traîtres, les félons qui ont noyauté le camp adverse pour mieux le dynamiter de l’intérieur ». Ainsi, Valls,  Besson, Kouchner, Boeckel, et autres soi-disants socialistes passés ou présents dont les intérêts sont si évidemment convergents avec l’élite politico-économico-médiatique.

Ecoutons donc encore un peu ce que nous dit cpol à travers son flot du jour :

 »Dès qu’il s’agit de « briser les tabous », comprendre revenir sur les acquis sociaux.

 »Dès qu’il s’agit de parler d’immigration, les mots à caractère péjoratif pleuvent: « mets moi du blancos »

 »Dès qu’il s’agit de relancer les petites phrases assassines contre son propre camp…  Ils sont là, bien présents, devançant même nos attentes et celles de leurs mentors. »

 »On les reconnaît également à leurs réseaux: les mêmes personnalités (people?), les mêmes financiers, les mêmes industriels, les mêmes « agents ».

 »Comme dans toutes guerres, il y a les rebelles, là encore, alliés ou non. En politique, dans la vie en société, ce sont les associations, syndicats et autres mouvements satellites. L’idéal pour se financer légalement, non sans problème d’Ethique. Vous avez dit Ethique? »

 « Comme dans toutes guerres, il y a LA menace ultime: l’extrême de son propre camp. Le bouton rouge vif…ou le bouton bleu. A vous d’éviter pour nous choisir, nous, les républicains. »

« Les deux blocs se font finalement la guerre… par jeu! Une jolie alternance qui donne l’illusion de la démocratie. Les moins naïfs (naïves), les plus informé(e)s, les plus lucides auront compris ce wargame. On se donne le pouvoir à tour de rôle, pas forcément de manière égale (sinon les ficelles seraient trop grosses), l’essentiel c’est que le camp d’en face survive… pour mieux nous rendre l’appareil au prochain coup dur. »

Et au milieu, comme dans toutes guerres, les civils, jeunes ou vieux, hommes, femmes et enfants. Les plus riches s’en sortent avec plus de facilités… l’argent étant le moteur de cette guerre, comme du reste. »

Et qui sont les victimes ? Les autres : les pauvres,  les moins pauvres (classe moyenne) comme les plus pauvres (SDF), les pudiquement Différents (handicapé(e)s, invalides, personnes seules ou dépendantes, issu(e)s de l’immigration, homos ou non, contaminés ou non, orphelin(e)s ou en famille d’accueil, retraité(e)s et futur(e)s retraité(e)s, sans qualification aucune ou avec, chômeur ou non…), tous ces « inférieurs » de la France d’en bas, ce sont eux qui encaissent les drames de ces combats: les séquelles sociales, économiques, physico-mentales voire environnementales. Eux les dommages collatéraux.

Dénonçons leurs basses besognes, camouflées sous des pseudo-réformes: tel ce ministre fantoche qui sous couvert d’une meilleure reconnaissance des Sciences et du calcul mental… veut avoir des profs scientifiques multi-matières. Un enseignant pour la Biologie-Physique-Chimie-Maths!

Dénonçons leur lâcheté politique: tels ces CRS bien rapidement entendus dans leurs revendications [ …]

Dénonçons leur cupidité: Eux qui préfèrent fermer les yeux – de droite ou de gauche – sur les agissements d’un laboratoire pharmaceutique, qu’importe qu’il y ait des morts. Eux qui fournissent en armes les dictateurs, honorables présidents élus légitimement avec plus de 80% des voix, avant de se faire expulser de force par leur peuple…à bout.

Dénonçons leurs destructions programmées: 35h, retraites, sécurité sociale…

Dénonçons leurs mensonges communs: cette Europe (des marchés et non des peuples), ou la soi-disante sauvegarde des services publics (démantelés par l’un, détricoté gentiment par l’autre).

 Oui, l’ami cpol, dénonçons, dénonçons… avant qu’il ne soit trop tard. Car l’ennemi, lui, n’hésite pas, n’a pas d’états d’âme, et ne recule devant rien pour nous imposer sa loi, d’autant plus fort qu’il est dénué de toute considération morale, guidé seulement par la volonté si exclusive de préservation de ses intérêts catégoriels, avec pour seule vision d ‘avenir le triomphe de sa cupidité, quitte à obliger 99 % de la population à s’agenouiller devant son seul petit confort, sans autre forme de procès… puisqu’il tente également de maîtriser également les instances judiciaires, tels les juges d’instruction, qui se montraient un peu trop efficaces… dans les affaires politico-économiques.

Pour terminer avant que ce billet ne devienne trop long et lassant, ce n’est pas un hasard non plus, si la droite est aussi frileuse vis-à-vis d’un phénomène si évident que les conflits d’intérêts, contre lequel il faut  évidemment lutter, Mr Sauvé

Avec ou sans eux. Rendons le pouvoir au peuple. Avant qu’il ne se fâche aussi sévèrement qu’il ne le fait en ce moment… ailleurs.

 

¹ Ainsi, ne vous êtes vous jamais demandé à qui profite l’abstention ?

3 réflexions sur “C’est la guerre. De l’information.

  1. Excellemment dit. Ceci dit, le peuple, c’est nous qui s’exprime sur le net via les forums, les blogs ou sur les sites des médias dominants… Sur tous ces espaces où la parole est libre. Mais le peuple, s’il veut que ça change doit aussi refaire de la politique sur le terrain, convaincre.

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