Cambadélis, la rose, la paille, la poutre…

Décidément, chez les libéraux, et bizarrement, plus particulièrement au PS, Mélenchon semble être l’homme à abattre, bien davantage que Sarkozy ou Le Pen, ce qui est fâcheux. Les gens du front de gauche sont-ils encore (et toujours ) de gauche, ou pas ? Dire que les primaires étaient censées s’adresser à toute la gauche… Belles paroles, alors ? A moins que le PS ait l’outrecuidance de se prendre pour la gauche toute entière à lui tout seul.. Misère… et hypocrisie de la pensée et des intérêts dominants. Qui ne servent que les plus puissants, et oublient qu’il y a, derrière la politique, tout un peuple dont il serait peut être tant de s’occuper enfin, plutôt que de se livrer à des manœuvres politiciennes qui ne servent que quelques uns.

Il faut dire qu’il dérange,le Méluche,  autant par le langage que par le positionnement et la pensée, et ce n’est pas un hasard si l’on s’en prend aussi souvent à lui… Quand on ne fait rien, et qu’on reste sagement dans l’ombre, comme DSK, par exemple, on ne risque pas de heurter qui que ce soit… La palme est toujours à celui qui ne prend pas de risques. Et lui, il en prend. Et je ne pense pas que ce soit pour son seul petit intérêt personnel et mesquin, sans quoi il serait resté bien sagement dix ou vingt ans de plus au PS, à rouler au rythme de son petit train de sénateur, ce qui aurait été pour lui (et pour ses anciens camarades du PS, probablement…) bien plus confortable. Mais tel n’est pas le cas.

Ce que certains ne parviennent définitivement pas à comprendre, c’est que Mélenchon, tout comme moi (et à mon humble avis – qu’ils se manifestent si je me trompe – tous ceux qui soutiennent le front de gauche) n’a jamais conspué le PS dans son ensemble, mais avec cohérence et discernement. Tout n’est pas bon à jeter dans ce parti, loin de là.

Ce contre quoi il se bat, tout comme nous ici, c’est contre le libéralisme sauvage ¹. Et donc contre cette aile droite du PS, habilement conservatrice, planquée derrière un soi-disant modernisme qui n’a rien à envier à la droite des affaires, celle de Sarko et consorts.

Aussi, Mr Cambadélis, plutôt que de faire porter toutes les divisions du PS sur quelqu’un qui n’y est plus, vous seriez bien avisé de vous adresser à ceux et celles qui y sont encore, afin qu’ils offrent à ce parti un visage un peu plus cohérent idéologiquement que celui qu’il nous montre actuellement… Car entre Huchon, Valls, Guérini et tutti quanti, la coupe déborde !

Ce parti n’a en effet à mes yeux jamais été aussi dichotomisé, au point de se montrer si délabré aux yeux de ses propres sympathisants qu’ils risquent fort de vous déserter. Si c’est pour voter ailleurs, tant mieux, je n’y verrais aucun mal. Mais je ne suis pas bien certain que cela se présente ainsi, dégoûtés qu’ils doivent être par les promesses non tenues, et le fait qu’ils se demandent avec de plus en plus de force si le PS représente bien encore à la fois la gauche, et le peuple… Pour moi, c’est jugé, je sais précisément pourquoi j’ai quitté le PS, et je pense que vous n’êtes plus du tout crédible auprès d’une majorité de nos concitoyens, à en juger par ce que les gens autour de moi, les humbles et les non-politisés  peuvent en dire… Et l’éclosion d’Europe Écologie notamment, à l’occasion des élections européennes, l’a assez démontré… Sans parler de l’abstention galopante dont vous n’êtes pas, au PS, sans receler une quelconque responsabilité. Interrogez vous donc un peu plus sur vos propres erreurs.

Ainsi, souvenez vous de 2005Quelle leçon en a tiré votre parti, de ce déni de démocratie ? Je crains bien qu’il ne se soit même pas posé la question, tellement gorgé de ses certitudes, et notamment comme cela nous a été alors jeté à la figure, que le peuple était constitué d’un amas de crétins dont je suis, qui ont voté de manière si peu éclairée ou par contre réaction (le fameux vote protestataire…). Si ce point a été examiné dans les instances du parti, cela devait être de manière bien peu visible pour le socialiste que je fus : je ne fus pas mis au courant. J’ai juste ressenti que tous les socialistes qui votaient non à ce référendum européen étaient des abrutis qui n’avaient rien compris… et je ne pense pas être le seul.

Comme DSK, que je crois vous soutenez, vous représentez la caricature de ce que les gens de gauche ne supportent pas en elle, cette gauche caviar libérale et proche des milieux d’affaires, qui ne sait plus représenter les intérêts populaires.

Peut-être est-ce pour cette raison que vous tentez si fréquemment, vous et vos congénères, de nous faire baisser la tête sous le sable du doux vocable de populisme, qui ne représente à nos yeux que la seule préoccupation, effective et conforme à nos convictions, de nous montrer plus populaires que vous ne l’êtes, en nous rapprochant au plus près des préoccupions du bas peuple que vous avez définitivement perdu de vue, d’où l’effondrement du PS. Et c’est tant mieux.

Je sais pourquoi j’y étais : défendre les intérêts des personnes modestes, contribuer à plus de justice sociale, de redistribution des riches, à un monde plus solidaire. Je sais pourquoi j’en suis parti : pour continuer à défendre la même chose…

Avec le PS d’aujourd’hui, cela n’est plus possible. Balayez donc devant votre porte, plutôt que de vous trouver des boucs émissaires si faciles…

 

¹ Libéralisme carnassier, aux conséquences désastreuses pour la plupart d’entre nous, qui ne faisons pas partie des élites opulentes et à l’abri des vicissitudes. Ainsi, j’en veux pour seul exemple le fait qu’une société puisse licencier ses salariés par téléphone sans autre forme de procès… Est-ce de cette société là dont nous voulons pour nos enfants ?



6 réflexions sur “Cambadélis, la rose, la paille, la poutre…

  1. Ah!notre cher Cambadélis,poursuivi pour recel d’abus de biens sociaux dans l’affaire Agos, car il avait bénéficié d’un emploi fictif entre 1993 et septembre 1995 qui lui a rapporté plus de 442 000 francs (67 382,466 �?�), Jean-Christophe Cambadélis fut condamné en janvier 2000 à 5 mois de prison avec sursis et 100 000 francs (15 244,902 �?�) d’amende par le tribunal correctionnel de Paris.
    Mis en examen le 7 juin 2000 pour abus de confiance dans l’affaire de la MNEF, car soupçonné d’avoir bénéficié d’un emploi fictif au sein de la mutuelle étudiante MNEF entre 1991 et 1995, pour lequel il aurait touché 620 500 francs (94 580 euros) d’une filiale de la MNEF, au titre d’une activité permanente de conseil. Le 2 juin 2006, reconnu « coupable de recel d’abus de confiance », il est condamné, à six mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende, dans l’affaire des emplois fictifs de la MNEF, par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Cette peine n’est assortie d’aucune interdiction d’exercer un mandat politique!!!BEAU PALMARES!

    J'aime

Les commentaires sont fermés.