débat public : 1. L’abstention et la résignation

Je tiens à relayer ici le commentaire que je viens de laisser sur le blog Le Gavroche, dans la mesure où il me semble constituer un vrai débat, dont devrait vite (le temps presse !) s’emparer la gauche.

 A l’heure où nous en sommes, que ce soit sur le web, et plus particulièrement dans la blogosphère politique de gauche (dans son acceptation très large…) comme dans la vraie vie, sur le terrain militant, dans les réunions de partis, il y a une propension à (déjà ?) évoquer des notions de vote utile, c’est-à-dire à prendre en compte une dimension prétendument stratégique impulsée par des vieux de la vieille, des routards de la politique qui n’ont pas encore compris que nous vivons une époque sans rapport avec le passé, qui appelle des solutions et des comportements nouveaux, plus emprunts de morale, d’adéquation entre les discours et les actes, dans laquelle les coups bas et tordus, les ententes incongrues de coulisse ne sont plus de mise.

 Il faut d’urgence éclaircir le débat et les parties en présence, et que la majorité de ceux qui votent et même de ceux qui ne votent pas ou plus entendent enfin se voir proposer un programme sans ambiguïtés.

 C’est pourquoi le billet de Matthieu m’a particulièrement interpellé, car le sujet de l’abstention et des moyens d’y répondre m’apparaît essentiel :

 

@matthieu : comme je l’ai signalé dans l’un de mes derniers billets, cet article est particulièrement intéressant et pourrait constituer une base de débat à gauche (vraiment) dans la mesure où il explore un thème peu souvent visité, qui est celui des bonnes raisons qu’ont les gens de ne pas ou plus aller voter…du phénomène de l’abstention donc, qui pourtant, stratégiquement, constitue si l’on sait le traiter et y répondre, une bonne réserve de voix pour la gauche, si l’on est en mesure de proposer un programme enthousiasmant qui répond à leurs préoccupations quotidiennes telles que celles que tu évoques ici.

Cela répond d’une autre manière, à mes yeux bien plus intéressante, à la question du vote utile… sous entendu « pour le PS, seul parti de gauche en mesure de l’emporter » alors qu’il est si étroitement concurrencé comme l’histoire électorale récente l’a prouvé (et certaines collusions dénoncées notamment par l’ami des pas perdus) par Europe écologie, qui semble avoir les mêmes intérêts (libéraux) et les mêmes valeurs légèrement teintées en sur relief par des motivations écologiques, avec de plus le même type d’électorat. On le voix bien à travers des personnages comme Marc Vasseur, blogueur (re) de son état, mais aussi militant politique (ce que je respecte) qui est passé du PS à Europe écologie pour en revenir très vite, soi-disant dégoûté par les appareils politiques, mais avant tout l’illustration de transfuges faciles car de ma place, ces deux partis, c’est bonnet blanc et blanc bonnet….

Un autre monde est possible (je suis avant tout de gauche mais alternatif) et je considère que pour le moment, seul le front de gauche et plus particulièrement le parti de gauche (que je vois comme un parti de transition de nature à agréger les différents courants de l’autre gauche et l’électorat populaire) est en nature de l’incarner.

Aussi, on ne peut pas tenir le discours sommaire qui consiste à déplorer le fossé entre les appareils politiques et les gens ordinaires (le peuple, ce n’est pas un gros mot pour moi !) et ne pas se préoccuper de proposer un programme qui montre à nos concitoyens qui ne votent plus que nous pouvons leur proposer quelque chose qui tienne la route et qui réponde à leurs préoccupations. Et qui par ailleurs démontre à tout un chacun, en le prenant en compte dans son organisation, que les politiques ne sont pas tous les mêmes du genre « tous pourris »..  Pour cela l’une des propositions que j’ai vue exprimée dans le programme partagé du front de gauche qui consistait à faire définir une constituante par et pour le peuple, et d’interdire ensuite à ceux qui y ont participé de participer au gouvernement qui concrétiserait ce projet m’apparaît comme un bon moyen de lutter contre la professionnalisation des politiques. Et donc de répondre concrètement aux critiques courantes, ayant une base bien réelle, de ce que tu qualifies à juste titre de « sentiment général d’indignation face à l’impunité des puissants » et de la collusion des pouvoirs politiques et financiers.

J’attends avec impatience les commentaires suivants de la gauchosphère que j’ai invitée à se joindre à nous (je crois même que je vais le faire de manière encore plus visible et tonitruante) sur le sujet. Il m’apparaît essentiel pour la sauvegarde de notre démocratie. Sans quoi, nous n’allons faire que reproduire les errements du passé, et la reconduction d’appareils politiques qui se résumeront à un duel Sarkosy (ou Le Pen) versus DSK… et la reconduction d’un type de société inégalitaire que nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer.

Il nous faut sortir des cadres habituels. L’époque et nos concitoyens, et plus particulièrement les plus modestes (voir carrément en difficultés…) le réclament à corps et à cris…

Ne laissons pas par notre inaction et absence d’action  ces cris devenir des actes… dont la tension, la frustration et le sentiment d’injustice (qui ne demandent qu’à s’exprimer) qu’ils véhiculent transformeraient bien vite en violence

Ce ne sera pas faute d’avoir prévenu.

 Post-scriptum : je complète ce que je viens d’écrire en signalant que ce que j’écris à propos du programme partagé du front de gauche n’est pas une illusion, contrairement à ce qu’en pourraient penser nos détracteurs.

Regardez du côté de l’Islande… La crise financière est une catastrophe, mais aussi une chance pour le peuple de se ressaisir et de prendre son destin en main, en refusant la résignation, très concrètement :  Oui, un autre monde est (réellement) possible

 

Je propose donc  à présent aux  collègues de ma liste de blogs amis à venir prendre parti au débat.  J’appelle donc à la barre :

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