L’heure du peuple… sans voix

Un argument majeur… que je partage. Je vous invite à lire le texte en entier. Il nous réconcilie avec les journalistes…

Pour l’opposition socialiste, qui prétend succéder à ce pouvoir d’ici un an et demi, ce
paysage devrait être réjouissant. Or, loin de se saisir de cette opportunité, on sent la
majorité du Parti socialiste prudente, voire méfiante. Certes, elle accompagne le
mouvement, mais s’abrite derrière les directions syndicales alors même qu’elles sont
elles-mêmes impuissantes à faire céder le pouvoir et à trouver une issue à la crise.
Laissant les mobilisations se succéder sans chercher à leur offrir une perspective
politique, le PS s’est empressé de mettre en garde contre la radicalisation et, à la
vérité, renvoie le présent au futur : l’élection présidentielle de 2012.

Son attentisme est à la fois de conviction et d’opportunité : parti d’élus et non plus de
masse, il s’alarme spontanément au spectacle de la rue manifestante, dans la
mesure où elle est imprévisible et incontrôlable ; parti converti au présidentialisme
bonapartiste, il a renvoyé à ses « primaires » de l’été 2011 l’arbitrage de ses
compétitions internes.
En d’autres termes, tout cela vient trop tôt et il n’est pas encore prêt. A tel point que
sa première secrétaire se comporte plus en syndic de la diversité socialiste qu’en
leader d’une opposition de gauche rassemblée. A tel point, de plus, qu’au bout de
trois ans et demi de présidence sarkozyste, cet inévitable parti central ou charnière
de la gauche qu’est le PS n’a jamais cherché à réunir ou organiser un front commun
unitaire des oppositions politiques.

 

Source : Retraites – Enjeux – Débats, , L’heure du peuple, Par Edwy Plenel (également sur Médiapart)