Refus d’ADN : cracher, c’est pas poli !

 Comme tous les militants actifs, et encore plus fortement depuis la législature Sarkozy, je me sens particulièrement concerné par ce sujet : le refus de prélèvement ADN.

 En effet,  l’inquiétude quant à ce genre de fichage en particulier me semble légitime dans la mesure où le FNAEG est un fichier dans lequel ne sont pas fichés que des violeurs récidivistes, ou de dangereux meurtriers… comme le gouvernement a essayé de nous le vendre à l’époque,  mais également des désobéïsseurs, fichés pour raisons politiques et philosophiques… ou de simples citoyens qui n’ont absolument rien à se reprocher mais qui refusent par principe ce mode opératoire digne de big brother (Voir « cette société dont nous ne voulons pas »), et qui ont parfois le seul tort d’être syndicaliste. Ainsi, le cas Charles Hoareau

 Au 30 janvier 2010, pour vous donner un ordre de grandeur, le FNAEG contenait 1 276 769 profils génétiques »… (source ici).

 Nombreux sont ceux qui s’opposent au fichage biométrique pour des raisons qui relèvent de leurs convictions, comme c’est mon cas. On peut donc dire que ceux qui sont condamnés, généralement à des amendes au montant maximum annoncé – 15 000 euros – très dissuasif (mais en réalité, au final, malgré les pressions et les tentatives d’intimidation, l’usage est plutôt de 500 euros environ) le sont aussi à titre politique.

  Aussi, quand je suis tombé sur cet article de Rue 89, les yeux m’en sont tombés de la tête : comment des sénateurs qui sont eux-mêmes à l’origine d’une loi peuvent en voter la constitutionnalité dans le cadre du Conseil du même nom ? Comment ses décisions, à présent, peuvent-elles représenter quelque caractère de crédibilité et d’impartialité que ce soit ?

 En effet, comme l’évoque cet article,  « La jurisprudence de la Cour de Strasbourg sur l’impartialité des juges est assez limpide :

« Toute participation directe à l’adoption de textes législatifs ou réglementaires peut suffire à jeter le doute sur l’impartialité judiciaire d’une personne amenée ultérieurement à trancher un différend sur le point de savoir s’il existe des motifs justifiant que l’on s’écarte du libellé des textes législatifs ou réglementaires en question. » (CEDH, 8 février, 2000, McGonnell c/ Royaume-Uni). »

 Or, 5 des 9 membres du Conseil Constitutionnel ont participé de près ou de loin à l’élaboration desdites lois (LSI¹). Mais ils viennent tout de même de donner leur quitus à l’instauration d’un délit puni d’un an de prison à l’encontre des personnes refusant de se soumettre à un prélèvement ADN, délit créé par la LSI….

Deux poids, deux mesures, selon que tu seras puissant ou misérable… Il y a fort à parier qu’Eric Woerth ou Liliane Bettencourt n’y sont pas fichés, alors qu’ un faucheur OGM, lui, si…

Police partout, justice nulle part !

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 Si vous aussi, vous souhaitez rejoindre le mouvement de ceux qui refusent ce prélèvement après avoir pris connaissance de ce à quoi vous vous exposez, en conscience et de manière éclairée, c’est ici.

Voir aussi : Les renseignements généreux : Refuser le fichage ADN : pourquoi, comment ?

LDH : éléments de comparaison internationale sur ce sujet

 ¹ Loi du 18 mars 2003 sur la Sécurité Intérieure.