Châtel a les crocs…

Le masque de Janus de Monsieur Châtel n’aura pas résisté bien longtemps à sa vraie nature : il se fissure bien vite, à grands coups de semonce et d’ultimatums… Envers qui, je vous le demande ? De dangereux terroristes barbus ? Des comploteurs souterrains d’ultra-gauche ? Vous n’y êtes pas du tout ! De simples enseignants qui, à Vitry, ont exercé à juste titre leur droit de retrait après l’agression d’un élève de 14 ans mardi dans leur lycée.

Leur tort ? Ils l’ont déjà annoncé, ils ne reprendront pas le travail ce lundi. Cet acte de résistance ne saurait donc être toléré par le sarkozyste Châtel, qui se montre à présent plus menaçant, après avoir jeté des miettes à ces manants qui osent protester, en leur proposant royalement quelques « médiateurs de la vie scolaire » dont on peut supposer qu’il s’agira encore d’emplois aidés et précaires. Ce dont l’État est bien moins avare que de fonctionnaires, dont il compte diviser le nombre par deux… Les enseignants d’Evry n’en sont sûrement pas dupes.

Et quand on est acculé à sa propre logique, le dos au mur du libéralisme qu’on a soi-même semé, qui commande de réduire des pans entiers de l’éducation à leur plus simple expression pour les livrer un peu plus tard en pâture à l’économie libre et non faussée chère aux dogmatiques technocrates de Bruxelles, on est forcément à court d’arguments… et on cherche à mordre. La force est l’arme des faibles.

J’espère qu’il faudra plus que ce roquet pour faire taire ce mouvement, dont on souhaiterait qu’il s’étende à tous les établissements scolaires de France, voire à d’autres administrations d’État dans lesquelles les fonctionnaires sont soumis au même cruel manque de moyens, au plus grand mépris de l’intérêt collectif. N’en déplaise aux braillards réactionnaires qui du fond de leur canapé tirent à vue dès qu’ils entendent le mot fonctionnaire. Car il y a ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui. Ces derniers savent à quel point ce n’est plus vraiment une sinécure… Contrairement à ce qu’en pensent encore, avec dix ans de retard, des bien-pensants qui ne savent pas vraiment de quoi ils causent.

Car il y a de la souffrance, au travail, là aussi… Ce que les experts nomment pudiquement « risques psychosociaux » n’est pas un leurre. Et c’est le sens que j’entends donner à ce mouvement, et bien malin qui pourra m’en déposséder. Monsieur Châtel pourra toujours montrer les dents : je les lui limerai à la toile émeri s’il le faut…