Encore une insulte à nos valeurs communes…

Sur un certain thème de discussion, assez couru en ces temps troublés, quant à la nécessité de désobéissance civile (ou pas) face à des lois et des débats qui font injure à notre conscience, tant ils heurtent nos valeurs communes et vont à l’encontre des fondements républicains (comme c’est le cas de la loi ayant donné lieu au dit « délit de solidarité »), on m’oppose souvent l’argument indépassable selon certains du respect de la démocratie…Me renvoyant ainsi douloureusement une flèche empoisonnée, comme si j’étais moi même un ennemi de celle-ci… Mal à ma France.

D’aucuns l’ont ainsi  fait pour le lancement du No Sarkozy Day, où des blogueurs de haute volée se sont empressés de contrer l’élan irrespectueux que nous aurions représenté… se parant eux aussi de cet argument là comme d’un étendard sacré.

Pour eux, une seule question :

La démocratie, c ‘est donc ça ?

Trouvez vous normal et décent que notre régime parlementaire puisse présenter de tels dysfonctionnements, en obligeant à une interruption de séance à l’Assemblée Nationale parce qu’aucun député UMP n’était présent ? Cela n’en dit-il pas assez long sur le mépris qu’on certains de leur rôle de représentation de ces voix qui les ont élues ?

Suis je fou de penser que nous vivons dans un système agonisant, qui atteint manifestement ses limites, et de dire haut et fort qu’il nous faut un autre monde, certainement possible, dans lequel il ne s’agira plus de démocratie confisquée, mais d’une autre façon de représenter l’avis réel des citoyens ? Dans laquelle nous nous retrouverions davantage et serions un peu plus acteurs que….

ces gens là ?


« Le courage c’est de rechercher la vérité et de la dire, ce n’est pas de subir la loi du mensonge triomphant… » (Jaurès)

12 réflexions sur “Encore une insulte à nos valeurs communes…

  1. D’accord avec toi. Au-delà de la censure qu’on impose, il s’installe dans les esprits (y compris chez nous à gauche) une autre forme de contrainte, la pire de toutes : l’autocensure ! Celle-là est d’autant plus grave que dès que tu avances une idée « contestataire », c’est tout juste si on ne te prends pas pour un dangereux citoyen. Non seulement j’ai parfois mal à la France, mais aussi mal à ma gauche.

    J'aime

  2. Moi aussi, je suis d’accord avec toi. C’est une de mes convictions, sans doute un peu louf pour beaucoup, que nous ne sommes pas une démocratie. Ceci dit, la désobéissance civile solitaire ne peut servir à rien. En masse, cela ressemble à une révolution…

    J'aime

  3. @le coucou : pas si louf que ça… beaucoup se le disent et veulent agir, ressentent une nécessité de rupture. Liberté, égalité et fraternité ne sont pas que des mots : beaucoup y croient encore. Et sont prêts à se battre pour qu’ils retrouvent leur réalité.

    J'aime

  4. Oui, la démocratie vacille. Et la République avec elle. Oui, l’autocensure est le fléau le plus sournois qui nous guette. Oui, vous avons souvent à choisir entre être responsable face à l’irresponsabilité du système, et du coup y participer, et prendre le risque de combattre de front ce système – mais le risque n’est pas à négliger, car nous savons aussi qui au final paie la note. Oui, bien entendu et pourtant, si tu as mal à ta gauche, garde-toi toujours d’y jeter l’anathème, d’y entretenir ce feu de la division qui la consume. Souviens-toi que souvent ce qui nous sépare n’est qu’en ce choix que je viens de résumer, où les uns seront accusés de renoncement et les autres d’irresponsables. Souviens-toi que c’est donc une affaire (importante) de nuance qui nous sépare, quand l’essentiel devrait nous rassembler.

    Et plus prosaïquement, il n’est pas très fin de n’avoir su résister à ce petit retour sur une affaire que nous sommes justement en passe de surmonter. Cesse donc de taper précisément là où ça te fait mal… Au besoin, si ça peut t’aider, avant de taper là, demande-toi à qui cela va faire le plus grand bien.

    J'aime

  5. Oui, à commencer par lui. Peut-être. Mais de manière plus générale je pensais à cette droite qui entretient le système et gardera les rennes tant que nous ne serons pas pas capable de nous entendre, c’est-à-dire accepter le compromis, accepter d’être un peu moins « pur », accepter de n’avoir pas nécessairement raison tout seul et sur tout.

    J'aime

  6. Oui. Et j’ai apprécié. Beaucoup. Mais tu n’as pourtant pas pu t’empêcher d’en remettre une petite louche à l’occasion de ce billet. Nous avons de mauvais réflexes entre nous. Nous devrions plus souvent rechercher l’apaisement que le règlement de compte.

    J'aime

  7. A Dedalus. T’as raison de dire toutes ces choses sur l’unité et sur nos valeurs communes, toutes plus importantes les unes que les autres. T’as raison d’en souligner l’importance et je suis de ceux qui l’appliquent avec rigueur depuis que j’ai le droit de vote, y compris en votant Chirac contre Le Pen. J’espère que cela n’est pas aussi une façon maligne d’évacuer les vraies lacunes de la gauche en général. Une façon de dire : « la sodomie, au début ça fait mal, mais on finit par s’habituer. » En tant que militant de gauche, je sais où se situe ma responsabilité, mais que cela ne nous empêche pas d’être lucide, encore moins d’utiliser le ressort de l’unité (comme d’autres utilisent celui de la peur) pour escamoter les vraies questions.
    Moi aussi, j’ai signé le NSD !

    J'aime

Les commentaires sont fermés.