Splendeur Berlusconienne… euh, pardon : Sarkozyste !

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Du cynisme et de l’immoralité en politique par gouvernance Umpiste…

Une moment de pure stupéfaction mêlée d’indignation, face à un tel cynisme, à l’écoute de cette information selon laquelle Monsieur Proglio, dont il n’est pas inutile de préciser qu’il s’agit d’un proche de notre petit napoléon, va cumuler les fonctions de Président d’EDF et de Véolia.

Certains ne voient pas où est le problème dans la mesure où cette nomination « bycéphale », à l’évidence d’inspiration élyséenne, aurait un caractère transitoire.

Que l’on me permette d’exprimer ici (et non au Post, qui risque de trouver cela beaucoup trop violent) mon opinion personnelle en considérant que le chef de l’État ne peut ignorer le symbole que représente cette information, et la confusion d’intérêts qu’elle représente sur des champs à la fois économique et politique.

Je tiens à la disposition de qui en voudra, et notamment de Messieurs Proglio et Ollier¹, mes éventuels éclaircissements quant à la notion de conflits d’intérêts…

Voilà en tous cas qui en dit long sur les valeurs morales de l’UMP, qui devrait s’interroger davantage sur le concept de contrat social plutôt que sur celui d’identité nationale…

Vive la Résistance !

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¹ Président (UMP) de la commission des affaires économiques de l’Assemblée, qui lui non plus ne voit aucun inconvénient à ce cumul de mandats, cela va de soi… Et c’est ainsi qu’Allah est grand !

3 réflexions sur “Splendeur Berlusconienne… euh, pardon : Sarkozyste !

  1. Conflit d’intérêt ou mélange des genres, c’est un peu comme Copé qui vote une loi quant à la privatisation d’EDF-GDF et qui par ailleurs bosse dans un cabinet d’avocat qui a préparé ladite privatisation…

    ça me fait penser aussi à Molex… notamment à un billet de Mélenchon qui revient sur certains acteurs comme Lagarde et Fillon…

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  2. Depuis plusieurs années, les libéraux tirent la sonnette d’alarme à propos du montant de la dette publique cette dramatisation repose sur un diagnostic erroné qui a pour fonction de légitimer la réduction des dépenses de l’État et les effectifs de fonctionnaires. On nous répète tous les jours un discours simpliste qui s’appuie sur le sens commun : on ne peut durablement dépenser plus qu’on ne gagne, et par conséquent il faut dépenser moins et ajuster les dépenses aux recettes. Sinon, on accumule une dette qui viendra peser sur les générations futures. Cet argumentaire semble si bien ficelé qu’il ne reste plus au fond qu’à décider dans quel budget il faut couper ! Pourtant, ce raisonnement apparemment irréfutable est un tissu d’absurdités et de contresens. Pour commencer, l’État dispose de la possibilité – à vrai dire assez peu répandue chez les particuliers de fixer lui-même ses recettes ; et ses dépenses peuvent elles mêmes engendrer des recettes. La dette de l’État n’est en aucun cas assimilable à celle d’un ménage : l’horizon de l’État est bien plus long, et on peut dans l’abstrait définir les conditions d’un recours stable à l’emprunt, comme alternative à l’impôt. Quant aux intérêts de la dette, ils ne seront pas payés demain par nos enfants, mais le sont par les contribuables contemporains. Enfin, la montée de la dette de l’État est principalement liée à une baisse de ses recettes, et cette configuration permet de comprendre pourquoi un tel déficit public n’a pas les vertus keynésiennes attendues. Les ménages sont inégalement concernés par les arbitrages publics entre impôts et endettement public. Les baisses d’impôts ont en effet favorisé systématiquement les détenteurs de revenus du capital et les plus hauts revenus. De ce point de vue, les contre-réformes fiscales successives ont représenté un transfert de revenu vers ces catégories sociales. Mais ce sont elles aussi qui disposent des capacités d’épargne nécessaires pour souscrire aux emprunts d’État. Ils gagnent donc sur les deux tableaux : moins d’impôt et accès à un placement rentable et sûr. Voilà pourquoi les baisses d’impôt ne relancent pas la consommation. Le supplément de revenu disponible que ces baisses procurent aux plus hauts revenus est pour l’essentiel épargné. La croissance de la dette publique tend donc à auto-entretenir un cercle vicieux de faible activité qui contribue à son tour au creusement des déficits. Une baisse d’impôts accordée aux « rentiers » sera en grande partie épargnée sous forme d’obligations du Trésor, de telle sorte que la consommation n’en sera pas augmentée. Pour résumer : la montée de la dette de l’État n’est pas le résultat d’une croissance immodérée des dépenses (à l’exception des intérêts sur cette dette). Elle découle du choix consistant à faire payer de moins en moins d’impôts à une couche sociale auprès de laquelle il faut ensuite s’endetter à des taux d’intérêt prohibitifs (et non révisables). Si cette analyse est correcte, elle permet d’abord de mieux comprendre la nature sociale du déficit, qui est l’instrument d’un transfert de ressources de la masse des contribuables vers ceux qui bénéficient le plus de baisses d’impôts trop rapides. Cette présentation permet de mieux décrypter les discours alarmants dénonçant le report de la charge de la dette sur les générations futures, afin de justifier la discipline budgétaire. En réalité, le transfert ne se fait pas entre générations, mais entre couches sociales : ce sont les contribuables d’aujourd’hui (et pas les générations futures) qui paient les rentes d’Etat versées aujourd’hui à ceux qui en bénéficient. Comme on l’a montré, ce mécanisme fait rapidement boule de neige : les charges d’intérêt de la dette publique exercent une pression constante sur le déficit : il faut emprunter à nouveau pour payer les intérêts de la dette publique, de telle sorte que celle-ci ne cesse d’augmenter. Le choix public d’endetter l’État auprès des rentiers au lieu d’augmenter l’impôt ces rentiers explique entres autres largement l’augmentation de la dette publique.

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  3. Bien d’accord avec toi FDG. En appauvrissant l’Etat, en créant des déficits, les néo-libéraux réalisent le tour de forces de présenter leurs réformes de casse sous un angle purement technique alors qu’elles résultent de choix politiques…

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