et moi qui aimais tant l’Europe…

Dublin_122

(une image issue de la Photothèque du mouvement social)

.

Comme en Roumanie lorsque Ceausescu envoyait ses chars pour détruire les villages en 1989 afin de faire du passé table rase pour un monde meilleur car à son image, pleine d’une sûre modernité, voilà que l’Europe est en marche à grands coups de directives vers un modèle économique et social unique, à l’image des Barroso, Bolkenstein et consorts…


Un modèle qui ne s’embarrasse manifestement pas de considérations d’ordre éthique, historique, social ou sociétal : foutaises que tout cela. La parole est au seul marché, « libre et non faussé ». Pourtant, peu en sont conscients parmi ceux qui ont voté (ou pas…) en juin dernier… Si persuadés que ce grand machin ne sert à rien… Vraiment ?


Les services publics sont une entrave ? Réduisons les à leur plus simple expression ! Les français ont voté Non ? On se passera de leur consentement… (avec Sarkozy, tout est possible !). Les irlandais aussi ?  Qu’à cela ne tienne, on les fera revoter… jusqu’à ce qu’ils s’expriment dans le bon sens : celui que nous attendons. Quitte à leur promettre monts et merveilles. Les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient, selon l’expression con-sacrée. Déni de démocratie ? Cela n’est pas si simple, mon bon Monsieur, le monde est bien plus complexe que vous ne le croyez, arrêtez de voir le mal partout !


En attendant, le citoyen n’est pas aveugle, voit et vote. Ou ne vote plus, écœuré qu’il est si légitimement par une telle mascarade… L’abstention est peut être idiote, mais si compréhensible.


Arrêtons de prendre les gens pour des cons. Agissons. Il s’agit de leur redonner leur parole perdue, à l’instar de cette votation citoyenne sur l’avenir de la poste, qui s ‘est terminée samedi, et que nos adversaires politiques traitent avec tant de mépris (leur ferait-elle si peur ?) comme Estrosi qui évoque à son endroit une manipulation stalinienne… Pauvre crétin inculte.


Moi, je préfère repenser à ce vieil homme courbé, devant la Poste de mon trou du cul du monde à moi, manifestement immigré, avec un enfant au teint sombre et aux cheveux crépus qui s’agrippait à son bras, si ému de voter, nous demandant s’il pouvait quand même, qui m’a rappelé fort douloureusement les promesses non tenues d’une certaine gauche… Et qui montre à lui seul à quel point nous n’en avons pas encore fait assez.


Rien que pour lui : que vive la résistance !

.

7 réflexions sur “et moi qui aimais tant l’Europe…

  1. Reste à savoir ce que l’opposition fera de cet élan démocratique…
    Quand je dis opposition, je pense au PS, et quand je pense au PS, j’ai comme un doute…

    J'aime

  2. L’Europe qui se profile ne dit rien qui vaille.
    Un espoir peut-être en Grèce avec le PS qui monte et serait élu.
    Brvo à cette voattion qui devrait faire des émules.

    J'aime

  3. oui, j’ai beaucoup aimé débattre dans la rue avec les gens… d’accord ou pas. Une vraie leçon de démocratie, n’en déplaise à nos détracteurs. j’ai bien vu à quel point les gens avaient besoin de s’exprimer. Et en avaient marre de subir… Par ailleurs, le fait d’être rassemblés à gauche, malgré les états majors nous a redonné du punch, localement… On en avait besoin !

    J'aime

  4. « Reste à savoir ce que l’opposition fera de cet élan démocratique… »

    La même chose que ce qu’ils ont fait du vote contre le traité européen…

    Rien…

    Quand les dirigeants du p »S » paient l’ISF, il n’y a plus de « S » qui tienne…

    Tous le Pouvoir au Peuple…

    Misère…

    J'aime

Les commentaires sont fermés.