La politique rend-elle con ?


cons

L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui ! (Desproges)

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L’idée de ce billet m’est venue à l’occasion d’une rencontre de blogueurs lorrains sur la base de Chambley lors du dernier « Mondial Air Ballons » cet été. Y était présent un certain personnage assez médiocre et suffisant qui commença d’emblée à nous asséner sa répulsion des blogueurs politiques, histoire probablement d’entrer en relation sur un mode sympathique avec ceux qui, comme la plupart d’entre nous, l’étaient, tranquillement allongés sur l’herbe pour un pique-nique qui se voulait cordial…

Se prendre d’emblée une telle dose de mépris alors que nous consacrons à notre passion un temps certain et parfois, pour quelques uns (dont Maxime), une militance pas seulement virtuelle, est toujours très agréable. Aussi, je ne pouvais rester sans réagir… Tout en essayant de ne pas me montrer discourtois et de respecter sa liberté d’expression et de positionnement. Chacun ses choix… même si celui-ci m’énervait prodigieusement. Je suis donc parvenu à ne pas le frapper, je fus très fier de moi.

Ses arguments ? Le fameux « tous pourris », pas un pour rattraper l’autre, la politique corrompt, et aucun politique ne peut résister à son influence négative et machiavélique, qui pousse les uns et les autres à n’agir que dans des logiques d’intérêt personnel et de recherche de pouvoir, la fin ignorant les moyens… Impossible donc d’être honnête et de s’engager politiquement, exemples concrets à l’appui si le cœur vous en dit…

Ses réflexions si tranchantes m’ont replongé dans mon passé, à l’époque où ma grand mère réunissait tous ses enfants dans sa (si petite) cuisine de sa vieille ferme vosgienne… Maîtresse femme qui interdisait fort à propos que l’on parle de politique lors des repas, afin de préserver une ambiance à peu près détendue…

Difficile en effet de juxtaposer sans tensions un communiste primaire, un chevènementiste virulent et bouffi de certitudes qui pensait avoir un avis plus autorisé que les autres sur ce genre de questions (comme sur bien d ‘autres d’ailleurs…) car il était celui qui avait gravi avec le plus de brio l’échelle sociale quand c’était encore possible (tenez-vous bien, il était…. chef de gare, lui ! Mais pas de plaisanterie malvenue, s’il vous plait : ma tante est morte d’un cancer, un peu de respect que diantre!), un chiraquien convaincu, un giscardien virant lors de certaines tirades au lepénisme larvé, et une petite bonne femme au milieu de tous ces hommes qui se foutait totalement de la politique et qui était obligée de hurler pour s’exprimer et exister au milieu de tous ces machos avinés…

Est-ce que la loi de la grand-mère était la bonne ? Pour moi, dans ce cas de figure, sans hésitations, oui, car face à des gens qui étaient chacun dans l’incapacité d’entendre l’autre et de respecter son opinion sans lui gueuler dessus voire lui foutre sur la gueule comme je l’ai vu, enfant, lors de certaines empoignades, OUI, la politique rend con.

Pourtant, je sais aujourd’hui que l’on peut dialoguer intelligemment, même si l’on peut difficilement convaincre, avec des gens à droite, à gauche ou au milieu, en passant par les très à gauche, où les un peu à gauche mais pas trop qui ne savent pas dans quel état gère Ségolène…

Les très à droite, eux, je ne les fréquente pas : on ne peut pas discuter avec eux. Ils ne peuvent pas aligner une phrase sans devenir rapidement agressifs, vulgaires (autant dans leurs pensées que dans leurs propos) et haineux envers tout et n’importe quoi, sans aucune cohérence intellectuelle.

Ils sont toutefois difficiles à distinguer d’emblée quand on ne les connait pas. En effet, avant, c’était comme le Port-Salut, c’était écrit dessus : FN , MPF, MNR, CNI, et tutti quanti (si vous voulez satisfaire votre curiosité…). Mais aujourd’hui, il y en a même à l’UMP, et parmi de prétendus apolitiques, qui ne se privent pas pour autant de nous déverser leur soupe xénophobe, raciste (déguisée sous le doux euphémisme « d’anti-sionnisme ») ou violemment anti-gauchiste à travers des commentaires de trolls aigris d’inexister, comme ce Jérôme qui a tenté de polluer mon blog dernièrement, au point que, contrairement à mes habitudes, j’ai dû installer une modération des commentaires… que je me suis dépêché d’enlever dès qu’il a cessé ses agissements répréhensibles

Ma conclusion est donc que l’on peut discuter de tout, y compris de politique, mais pas avec n’importe qui

Et vous qu’en pensez-vous ?

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