Qui sème la misère récolte la colère

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Après tant et trop d ‘autres, dont récemment les Fabris, c’est à présent au tour de Molex… On se demande avec une inquiétude légitime où tout cela va s’arrêter…


Nous pouvons assister en ce moment à la sérénade hypocrite de fausses vierges effarouchées jouer de la mandoline sous les fenêtres du MEDEF (étrangement absent en ce moment sur la scène médiatique) et de l’UMP pour nous asséner leur couplet pathétique sur le caractère inadmissible des séquestrations de cadres, le chantage à l’explosion, ou autres molestations de patrons… Bien que je ne les approuve pas, je les comprends. Quels moyens ont donc en effet ces myriades de salariés spoliés de leurs droits légitimes (le droit au travail est inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’homme) de se faire entendre dans une société où tout est tellement hyper-médiatisé que sans coup d’éclat point de salut ?


Qui sème la misère récolte la colère disait un vieux slogan… L’expression de cette colère, non seulement je ne la redoute pas, mais je la souhaite et l’espère. Car à force de fermer des entreprises tout en annonçant des bénéfices records dans les banques (« faut-il pendre les banquiers ? « ¹ ?) ou d’autres sociétés, on ne peut que générer un sentiment d’injustice tel qu’il faut bien qu’il s’exprime d’une manière ou d’une autre.


Face à tant de violence économique et sociale, on ne peut s’étonner  sans cynisme ou aveuglement élitiste qu’un jour y réponde une violence, elle, bien réelle. D’autant plus que cette violence revêt un caractère profondément symbolique. Elle attaque avec une rapacité sans précédent un sentiment collectif constitutif d’un ciment social intrinsèque : l’équité. Et tout le monde s’en aperçoit : le roi est nu. Et petit. Et surtout, injuste. Car il peut prendre des vacances et se pavaner sur les plages (après l’avoir fait sur le Yacht de son ami milliardaire) avec sa princesse de pacotille, lui. Contrairement à plus de 50 % des français… dont moi. Entre autres…


Et ceux qui partent en vacances risquent fort de retrouver une lettre de licenciement à leur retour dans leur boîte aux lettres… comme y ont échappé (provisoirement) ceux d’Aubade (voir ici).


Le spectacle auquel on assiste en ce moment, c’est le combat des forces de l’argent contre l’intérêt collectif, et la cupidité d’une poignée d’individus au détriment de la plupart, et cela sans le moindre scrupule. Il n’y a qu’à voir avec quelle désinvolture certains en arrivent à légitimer les bonus mirifiques que vont toucher certains cette année (« salauds de riches ! »), comme si rien ne s’était passé et qu’on pouvait impunément se laver les mains des erreurs du passé en se contentant de vilipender Madoff, bouc émissaire facile qui n’est pourtant que l’ultime produit d’un certain système dont la logique hélas perdure encore à travers nos institutions bancaires et plus largement économiques.


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On poignarde en plein cœur dans notre pays la devise si chère à mon cœur de la République, et cela par tous les bouts. La liberté est bafouée tous les jours, et notre pays y attente avec une cruelle obstination, comme les blogueurs dont je suis ne se privent pas d’en donner de multiples exemples chaque semaine. L’égalité est mise à mal par une situation économique et sociale profondément attentatoire à l’intérêt commun, et la Fraternité est devenue un sujet de plaisanterie digne de l’émotion artistique que l’on éprouve pour un spectacle de Chantal Goya.


Pauvre France… Quand te réveilleras-tu enfin ?


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¹. « Pendre les banquiers » ? Non : piller les banques. Et reprendre ce qui nous a été volé !