L’amertume, bombe sociale à retardement…

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070957f41cb119e4ff8d7337069a632cDernière journée de lutte des « fabris » qui ont fait la une ces derniers temps en attirant l’attention médiatique depuis plusieurs semaines avec leur célèbre menace à la bouteille de gaz… En accord avec CSP, ceux qui « minaudent » la bouche en cœur que ce n’est pas bien du tout n’ont certainement pas eu à connaître beaucoup de licenciements ni de difficultés à retrouver un emploi, sinon ils comprendraient effectivement à quel point il faut être désespéré pour en arriver là…

Comme l’écrit le taulier de CSP, « il faut faire quoi pour se faire entendre quand on est jetés comme des merdes par des employeurs qui se sont bien gavés sur votre dos ? Quoi ? Faire des promenades joliment appelées « journées de mobilisation » tous les 6 mois et qui ne servent à rien ? »

Résultat de leur mobilisation : 12 000 euros… Autrement dit, des miettes, (même pas une année de salaire, dit l’article du Monde), pendant que des patrons empochent plusieurs centaines de milliers de SMIC (voir ici). Bien plus qu’un français moyen ne pourrait en dépenser en une vie sans une réelle ostentation, ce qui est profondément indécent. C’est pourquoi aujourd’hui, en voyant cela, mon humeur est à la rancœur…

On ne peut s’empêcher de penser (naïvement ? Mais le monde financier n’a-t-il pas justement manqué cruellement de bon sens, ces dernières années ? ) que la richesse des uns fait le malheur des autres, et que le principe des vases communicants, en matière financière, doit bien jouer à plein de manière encore plus évidente et scandaleuse par temps de crise… Les uns aspirant la force de production des autres, et les laissant sur le tapis sans guère de scrupules, apparemment.

Il ne se passe pas un jour sans que l’on ne nous annonce plusieurs plans de licenciements, des usines qui ferment, des sociétés au nom parfois prestigieux que l’on pensait à l’abri de ce genre d’incidents, qui disparaissent les unes après les autres sans que l’on ne sache trop bien quand tout cela va s’arrêter…

Aussi, bien que je fasse partie de ceux qui désapprouvent la violence, je me dis qu’à force de nous pomper tout en nous prenant pour des cons, en renflouant des banques  (qui soit dit en passant refusent de nous prêter un peu d’argent pour remplacer notre bagnole pourrie dont on a besoin pour aller au boulot – précaire, le boulot…) alors qu’on apprend dans les journaux que certaines d’entre elles renouent avec les bénéfices quelques mois seulement après le plan de sauvetage de l’Etat, y a de quoi avoir la haine…

Le cynisme avec lequel les forces économiques et politiques de ce pays, dont Bayrou avait été le premier à dénoncer sur un plateau de télé à une heure de grande écoute (comme j’aurais préféré que ce soit quelqu’un de gauche qui le fasse !) la collusion avec les médias devra bien un jour recevoir la monnaie de sa pièce… Et je crains que ce ne soit pas sans intérêts sonnants et trébuchants. D’aucuns ont déjà envie de se payer sur la bête…

Et comme je l’écrivais il y a plus de vingt ans dans des notes de jeunesse sur un petit carnet à carreaux…

« Le jour où les pauvres enfonceront vos portes,

je serai avec eux.

Car l’Injustice est trop criante… »