Nicolas J, je ne partage pas ton avis.

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Cher Nicolas J., administrateur du blog Partageons mon avis,

je crois que malgré tout le respect que je te dois et que je t’ai par ailleurs prouvé à l’occasion de l’affaire du réseau LHC (chapeau bas…),  tu commets une légère erreur… qui a quelque peu heurté ma sensibilité sur le sujet, surtout quand il s’agit de défendre les droits de ceux qui n’en ont pas, parmi les plus fragiles… et qui n’ont pas notre parole facile, orale ou écrite.


Il me semble que c’est le cas des enfants, et qu’entrer dans le corpus juridique cette notion d’inceste n’est pas si anodin que tu l’as laissé entendre dans l’un de tes billets , certainement par fatigue (tu travailles beaucoup trop, cela ne te ressemble pas, des erreurs pareilles !).


je m’empresse donc de tenter de la réparer à ma façon. J’aurais pu me contenter de faire un commentaire à la suite de ton article, mais je préfère rendre ma réponse publique, non pas pour te stigmatiser, mais pour faire œuvre utile auprès de tous ceux et celles qui te font confiance, dont je souhaiterais parfaire l’information. Ainsi qu’aux autres, qui ne lisent pas forcément les blogs, n’ont guère d’informations sur le sujet, ni le temps de la chercher, et pourraient être tentés de faire la même erreur que toi, en traitant ce sujet par dessus la jambe…


Sans le moindre préjugé partisan, je me suis donc informé en allant chercher le texte de loi incriminé. Je ne suis pas juriste, aussi je me suis demandé qui pourrait apporter un éclairage plus commode au néophyte que je suis, et j’ai trouvé ce qui suit, qui va à l’encontre de tes propos.  Ce texte démontre à quel point les conséquences de cette loi auraient été salutaires, et pourraient aller dans le sens de davantage de prise en compte de ce problème si souvent tabou, aux conséquences si funestes, que bien des êtres ne parviennent jamais à dépasser, en l’absence d’outils adéquats, suffisants, et nécessaires, comme l’explique très bien l’AIVI (Association Internationale des Victimes de l’Inceste). Il convenait donc de reconnaitre leur douleur et la spécificité de leur prise en charge au travers de cette loi.



Que la loi Hadopi, à laquelle comme tant d’autres (même des gens de l’UMP !) je suis opposé (je l’ai d’ailleurs affiché dans un billet ) vienne remplacer le débat nécessaire qui aurait pu entourer ce projet de loi sur l’inceste, voila qui me laisse pantois.


Jamais je n’aurais pu imaginer que l’on privilégie à un tel point l’amour propre (qui, comme l’a si bien écrit et dessiné Marc Veyron  » ne le reste jamais très longtemps ») et la défense d ‘intérêts financiers au respect de l’être humain. Surtout quand il s ‘agit d’un (ou d’une) enfant… Mais là, c’est à un autre Nicolas que je m’adresse, beaucoup moins recommandable…qui  a fait le choix de l’orgueil plutôt que de la raison….


Voici donc  la lettre de l’AIVI à Monsieur le Président de la république, que je reproduis intégralement, et qui me semble pour le moins éclairante…  :


Auteur : Association Internationale des Victimes de l’Inceste

MDA 20, rue E. Pailleron 75019 Paris

Association de défense des droits des victimes d’inceste et de leurs proches.

A l’attention de : Mr Nicolas Sarkozy, Président de la République Française


Avant de combattre un tabou, il faut commencer par le nommer !Insérons l’inceste dans le code pénal

Aujourd’hui, l’inceste n’existe pas dans notre code pénal. Il est jugé comme viol, agression ou atteinte sexuelle avec circonstance aggravante si il est commis par ascendant ou personne ayant autorité. Sont donc exclus, les auteurs frères, sœurs, oncles, tantes, cousins, cousines qui représentent pourtant 40% des agresseurs (sondage AIVI auprès de 480 membres).

Le viol n’est pas l’inceste

Le viol se qualifie par la pénétration avec menace, contrainte, violence et surprise. Le fait qu’il soit commis par ascendant est une circonstance aggravante. Or, en cas d’inceste, il n’est pas nécessaire pour un agresseur de la famille d’user de menace, contrainte, violence ou surprise du fait même de la relation intrafamiliale. Qu’il soit commis par un frère, un père, un oncle, une grand-mère… l’enfant éduqué dans un milieu incestueux n’est pas apte jusqu’à un âge avancé à détecter le bien ou le mal de ce qu’il subit. Pour lui c’est normal. Ces qualificatifs ne sont donc pas appropriés à l’inceste.

Il n’y a pas d’inceste soft

Selon notre expérience et notre vécu de victimes, nous avons longuement analysé au travers des centaines de témoignages déposés sur notre site ce que provoque l’inceste sur l’enfant, ce qui bloque son développement normal, ce qui constitue un véritable meurtre psychique comme de nombreux scientifiques l’ont également révélé : il s’agit non moins de l’acte en lui-même que de le rôle insupportable dans lequel la victime est plongée : le rôle d’objet sexuel, nié en tant qu’être humain, le renversement des rôles, l’anéantissement de tous les repères permettant à l’enfant de se construire.

Ceci est d’autant plus grave que le passage à l’acte est commis par ceux qui ont le même sang et qui par définition, sont censé défendre l’enfant. La cellule familiale étant généralement considérée comme une union de personnes proches qui ont des droits et des devoirs envers les enfants appartenant à cette cellule. De plus en matière d’inceste, nous constatons une prévalence réactionnelle à l’union des adultes contre l’enfant victime qui se trouve par là même exclu et considéré comme responsable de l’éclatement familial.

Beaucoup de victimes se taisent pour protéger la cohésion familiale au prix parfois de leur propre vie. Si l’agresseur est extérieur à la famille, l’enfant pourra espérer être défendu et non rejeté par sa famille. De coupable en cas d’inceste, il est reconnu victime et soutenu en cas de viol par une personne extérieure.

Nous avons nettement pu étudier que les conséquences et symptômes à long terme des victimes d’attouchements (atteintes ou agressions sexuelles) ou de viol peuvent être aussi importants. En conséquence, la hiérarchisation des délits et crimes en fonction des actes perpétrés ne correspond pas la dangerosité réelle et au préjudice subit. Ceci devrait nous amener à penser autrement notre système pénal pour le crime d’inceste à l’instar des canadiens.

Inscrire dans notre loi qu’un enfant ne peut consentir à un acte sexuel avec un adulte

Notre système juridique actuel impose des investigations concernant le consentement de l’enfant ne serait-ce que par les qualifications du viol : menace, violence, contrainte et surprise. Si ces conditions ne sont pas réunies, et il est bien rare de trouver des éléments pour les prouver, les viols sont correctionnalisés, les peines moindres.

De plus ce système est en lui-même pervers car il sous entend qu’un enfant pourrait être consentant à un acte sexuel avec un adulte alors qu’il n’a pas la notion de ce qu’il subit. Parfois même lorsqu’il finit par en avoir conscience, il est pris au piège familial jusqu’à sa majorité. Il est sous emprise. Cette emprise peut durer jusqu’à un âge avancé. Notre avis est qu’il ne faut pas se limiter à la majorité sexuelle de la victime pour sanctionner plus gravement l’inceste mais l’allonger jusqu’à la majorité effective.

Nous considérons également qu’il est temps que notre loi inscrive en positif et fermement sans condition le non consentement de l’enfant à tout acte sexuel avec un adulte.

Lien vers le texte : http://aivi.org


A présent, Nicolas J, tu sais ce qu’il te reste à faire… ou pas : lien vers la pétition (en ligne depuis… le 26.08.2008 !) :

http://www.mesopinions.com/Pour-l-insertion-de-l-inceste-dans-le-code-penal-petition-petitions-17d0e4498e5ece47be5e6f0f3ac2132c.html


Cordiales salutations de GdeC

12 réflexions sur “Nicolas J, je ne partage pas ton avis.

  1. Bof. La loi est vidée de son contenu par l’absence de moyens. En outre, c’est plus la pédophilie qui est en cause dans le courrier.

    Le problème est de légiférer sur tout sans budget : rien pour la prévention, la médecine scolaire, les travailleurs sociaux, la police, la justice, …

    C’est une loi qui ne sévira à rien sauf satisfaire quelques intellos qui auront eu des pb dans leur jeunesse.

    La défendre, la cautionner consiste à cautionner la politique de baisse de budget, puisque c’est bien le coeur du débat.

    Le faire sans la moindre étude philosophique sur « l’histoire de l’inceste » et le fait qu’elle existe depuis toujours est affligeant, du pur sarkozysme.

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  2. gauchedecombat : merci de ton commentaire et les victimes de l’inceste comme moi se sentent enfin comprises par au moins quelques personnes.
    Bien d’avoir signé la pétition mais tu peux encore peut être nous aider dans notre combat. Voici la lettre à diffuser en masse et à adresser à nos chers députés respectifs.

    Objet : Vote de la proposition de loi 1538 sur l’inceste

    Madame La Députée, Monsieur Le Député,

    Le 28 avril prochain, vous serez amené(e) à vous prononcer sur une loi majeure sur l’inceste présentée par Marie-Louise Fort. Je compte sur vous pour me représenter en votant cette loi. Comme deux millions de français victimes d’inceste (Sondage IPSOS du 28 janvier 2009 pour l’Association Internationale des Victimes de l’Inceste et AXA Atout Cœur), je suis moi aussi concerné(e) par ce fléau de santé publique.

    Car l’inceste détruit les victimes mais plonge également leur entourage dans plus grande souffrance. C’est un véritable problème de société que chacun paye à sa manière. Conjoint, enfant, parent proche, les conséquences désastreuses de ce crime n’épargne personne. L’inceste n’a ni couleur politique, ni peur de la justice : à peine 3% des agresseurs vont en prison. La majorité des viols d’enfants restent impunis.

    Je n’accepte pas de vivre dans une société qui ne s’empare pas de cette question avec conviction, efficacité, qui ne se révolte pas contre cette ignominie et surtout que la loi ignore. Cette loi représente la première pierre de l’édifice que notre pays se doit de construire pour protéger ses enfants.

    Insérer l’inceste dans le code pénal en incluant toute la famille et pas seulement les ascendants, en supprimant la question du consentement de l’enfant, prévenir et former les professionnels et enfin accueillir les victimes qui aujourd’hui ne bénéficient d’aucun soin spécialisé. C’est vraiment le minimum que nous puissions faire dans un pays « évolué » ! Aujourd’hui il n’existe rien : aucune recherche, aucune formation professionnelle, aucune prévention, aucune information, aucun soin spécifique, aucune considération pour ces enfants, ces adolescents et ces adultes qui vivent dans la souffrance.

    C’est pourquoi le 28 avril à 15 heures, lorsque la loi Marie-Louise Fort passera au vote, je serai là, derrière mon petit écran, je vous regarderai voter « oui ». Pas de non, pas d’abstention, seulement oui, pour nos enfants, pour notre avenir, pour que notre société devienne humaine.

    Je vous prie d’agréer, Madame La Députée, Monsieur Le Député, l’expression de mes respectueux sentiments.

    Merci à toi d’avance pour soutenir notre combat

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  3. Deuxième commentaire de la journée : voici une lettre à diffuser car finalement un peu plus nous victimes de l’inceste nous étions encore mis à la trappe tout ça pour une question de fric … !!!!! Mais notre mobilisation a eu raison des aberrations de nos politiciens et j’ai décidé de combattre ce mépris car pour moi ça en est …

    Mesdames , Messieurs les Députés,

    Vous êtes membres de la Commission des Lois et votre premier rôle est d’améliorer le quotidien de vos électeurs.

    Je me permets en premier lieu de souligner la violence à laquelle nous avons été confronté(e)s en apprenant que le processus parlementaire était, un peu plus bouleversé, au profit de la loi Hadopi. Mais notre détermination a eu raison et le vote du projet de loi sur l’inceste ne sera donc pas reporté. Mais sachez que cette annonce a été pour nous, victimes, familles et amis de victimes, une terrible indignation, une réelle incompréhension et une atteinte à notre dignité, une fois de plus.

    Comme vous le savez, l’absence du mot « Inceste » dans la loi empêche de tenir des statistiques policières, judiciaires, médicales et sociales (arrêts de travail renouvelés, invalidité permanente dans de nombreux cas). Cette sous-information permet d’évacuer le problème, mais au détriment des victimes, de la population et du budget de l’Etat.

    Le rapport de Mme Fort a pourtant mis en valeur les conséquences économiques de ce fléau de santé publique qu’est l’inceste, tout en montrant que l’impossibilité de tenir des statistiques ne permet pas de le chiffrer .

    Il faut insérer l’inceste dans le Code Pénal, et je vous demande d’agir efficacement pour obtenir ce résultat.

    Vos électeurs apprécieront et se souviendront.

    Je vous prie de croire, en vous remerciant d’avance, à l’expression de mes sentiments respectueux.

    Ben ouais, nous aussi on coute de la tune …. mais forcément c’est pas dans le même sens !!!!!!!!

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  4. mais bon sang c’est quoi ton problème ? J’ai affiché mon désaccord quand à l’un de tes billets, sans aucune animosité (ce n’était pas de la provoc, car gratuite ça ne sert à rien, mais juste un prétexte pour parler de ce sujet grave), tu me réponds avec tes arguments, j’enregistre… OK. Mais je n’ai pas changé d’avis pour autant. Quant à la politesse de me répondre, tu n’étais pas obligé de le faire si ensuite je te dois quelque chose comme si tu me faisais un honneur incommensurable ! Pour qui tu te prends ? J’ai enregistré ton commentaire, mais je ne me suis pas senti obligé d’y répondre parce que je le répète, je n’y ai pas vu de questions mais uniquement des affirmations ! Et tes arguments ne m’ont pas convaincu. Et puis je suis surbooké en ce moment, je n’ai pas que mon blog à m’occuper, nom de bois ! Le net,c ‘est pas le centre du monde ! Et la vraie vie alors ?

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  5. Taulier,

    Avec un pseudo comme le tien, je te pensais plus incisif !

    Pour qui je me prends, tu te demandes ? Pour un type normal. Tu me cherches, me demande de répondre, je le fais, la moindre des politesses me parait de répondre dans la mesure où « je me suis dérangé pour toi ». Donc, je pourrais te retourner la question : « pour qui tu prends ? », ne même pas me remercier d’être passé, et ne pas avoir répondu à l’argumentaire…

    Tu as une notion du blogage assez spéciale. Tu sais qu’on appelle ça un « réseau social » ?

    Cela dit, j’ai vu un com. de Pas Perdus, qui commente souvent chez moi. Je réponds donc une ânerie pour dire bonjour et je me souviens : tiens ! il n’a pas répondu. J’envoie donc un deuxième com. : « tiens, taulier, tu réponds pas ».

    Maintenant, relis ta réponse : elle veut tout simplement dire que tu n’as pas envie de causer avec moi. Si ! Relis là.

    Je comprends donc que j’ai répondu à « ta provoc », par une longue réponse, argumentée : j’ai donc perdu du temps pour rien. Ta première réponse aurait du être : « Désolé, franchement, mais je suis surbooké ».

    Ca aurait suffit. Après tu me demandes ce qu’est mon problème. Je t’explique, j’ai un vilain défaut : « quand un type m’adresse la parole, je lui réponds ».

    Je comprends que je ne sois pas ta priorité (j’ai moi-même d’autres priorités que le blog, y compris une vie sociale et un boulot prenant) mais si tu ne peux pas assumer ton blog, arrête le.

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  6. Oups…

    C’est vrai que l’application de la loi Veil demande des moyens…. mais comme toute loi, il faut déjà la faire voter…

    Après tu peux revendiquer des moyens , non ?

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