Suivez le fil. Rouge, indubitablement.

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Où « Pourquoi Henri Vacquin est vraiment un vieux con »
(Et sûrement pas de gauche)


Ce billet d’humeur fait suite à ce que je viens de voir ici :   http://www.google.fr/reader/view/?tab=my#stream/feed%2Fhttp%3A%2F%2Fwww.rue89.com%2Fhomepage%2Ffeed

Ce Monsieur que je ne connaissais pas du tout et dont, je vous l’avoue, sans aucune honte, je ne vais pas lire le livre, n’est que l’un des (de plus en plus ?) nombreux représentants d’une soi-disant gauche mais de droite, qui nous explique pourquoi il a voté pour Sarkozy. Cherchez l’erreur..

On apprend ainsi sur Wikipédia qu’il est issu d’un milieu de militants communistes italiens, qu’il a lui même milité dans un groupe de jeunes communistes (comprenant également… Ô surprise ! Bernard Kouchner…  Tiens ! Quel curieux hasard !).

La liste s’allonge donc de ceux et celles (la bêtise n’a pas de sexe) qui se sont fourvoyés dans une voie sans issue, au mépris de leurs origines, du moins politiques, et de toute cohérence intellectuelle et idéologique : les Boeckel, Besson, Kouchner, Amara, Hirsh, dont il n’est pas inutile de rappeler pour ce dernier (le parcours des autres est un peu plus connu), qu’il fut outre l’ancien directeur d’Emmaus, également ancien conseiller chargé de la santé au cabinet de Martine Aubry au ministère de l’emploi et de la solidarité….

Ce phénomène de transfuges ne peut selon moi s’expliquer par le seul argument facile de la traîtrise pas plus qu’il ne peut se traiter par l’invective, contrairement à ce que pourrait laisser présager mon (sous) titre. Après tout, je n’ai fait que reprendre la fonction dont Monsieur Vacquin se pare lui-même.

Les frontières entre la droite et la gauche sont (étaient ?) devenues bien floues. Mais il semblerait que la crise majeure que nous vivons soit en train de contribuer à une saine clarification des positionnements. Certains ont appelé, en toute sincérité parfois (avec plus de calcul opportuniste pour d’autres) au dépassement de cette vieille lune biface, au point qu’il fut à la mode, entretenue savamment par les principaux médias, de nier ce vulgaire clivage spatial datant de 1789, devenu factice, inopérant, bref, inutile et rétrograde. A croire certains, un vrai danger pour l’avenir de l’humanité…   au point qu’il devenait en un temps si peu lointain presqu’ honteux d’avouer que l’on était de gauche. Moi pas. Jamais.

Ainsi, votre humble serviteur est régulièrement taxé dans certains commentaires (en on ou en off), pour résumer, de militant d’un autre âge, au registre contestataire dépassé, inintelligent, et hostile à toute réforme. Il suffit de ne pas être d’accord avec quelqu’un aujourd’hui pour se voir rejeté dans les oubliettes de l’archaïsme, argument irréfutable.

Et oui, voilà, le gros mot est lâché… comme si le réformisme n’allait que dans une seule direction…


Pourtant, même à l’Ouest, il y a du nouveau !


A gauche (la vraie), la terminologie veut que l’on nomme cela de la transformation sociale. A droite, c’est du réformisme. Un certain visage du réformisme d’une obstination étonnante ces derniers temps, de la part du chef de l’état, ressemblant à s’y méprendre à de l’aveuglement idéologique, après la forte mobilisation de jeudi, et sans aucun état d’âme pour la casse et la tension sociale sans précédents qu’ils représentent… Résultat : un gros bordel, comme jamais en France. D’un côté, des changements tournés vers l’humain. De l’autre, vers la (soi-disant, car les actes ont tendance à prouver le contraire) valeur travail, le pouvoir et l’argent. Travail, famille, patrie, valeurs toujours actuelles, à notre droite… qui avec sarkozy rajoute ce qu’elle a de plus primaire : la religion, ce qui en fait  la  droite la plus moderne du monde, effectivement (LOL).

Martine Aubry, dernièrement (ici), a bien fait de dire que la droite, sous l’air bon enfant de Monsieur Xavier Bertrand, «  cache sous des mots doux des réalités assez dures »…  c’est d’une profonde justesse.


Ce phénomène de négation des repères idéologiques, selon moi, a été rendu possible par la perte de certaines notions élémentaires qui faisaient le socle sur lequel s’appuyaient les partis de gauche. De vraies fondations, durables, qui avaient résisté jusque là et qui avaient (faisons court) pour ligne directrice de privilégier la place de l’être humain dans le système économique et social. Ainsi, après la guerre, on savait à coup sûr pour qui on votait ! Nous n’étions pas dans ce brouillard idéologique qui est en train, fort heureusement, de se dissiper. Mais à quel prix…

N’en déplaise au démagogue en chef qui nous gouverne, la droite n’est pas la gauche, et Monsieur Sarkozy n’est pas le bienfaiteur de l’humanité, et encore moins de la France. Quelqu’un qui aligne les réformes destructrices à un rythme stakhanoviste aussi suicidaire pour l’équilibre social ne peut être qu’un fou dangereux ou soumis à une idéologie certaine, chantre du moins d ‘état à la sauce néo-libérale coachée par des Minc/Attali qui ont bien vite renié leur responsabilité dans la mouise économique dans laquelle nous pataugeons aujourd’hui..

Quand on voit à quel point il méprise le mouvement social qui s’est exprimé avec tant d’unité et de force de contestation jeudi dernier,  se réfugiant dans un inadmissible et incompréhensible silence, alors qu’il est si prompt à dégaîner l’arme médiatique quand les événements peuvent utilisés à son avantage,  on peut judicieusement souligner un incroyable égocentrisme arrogant, méprisant pour le peuple (contrairement au P de Populaire d’un parti que Slovar qualifie à juste titre de godillot (ici) et qui ne protège les intérêts que d’une certaine élite correspondant à ses idées et à son origine sociale…).

S’il s’agissait d’un citoyen quelconque, on pourrait le passer sous silence. Mais il s’agit du chef de l’état, qui devrait être garant de ce que l’on nomme en langage politique l’unité nationale. Il est donc choquant de constater à quel point il ne remplit pas correctement son rôle, s’immisçant ostensiblement dans l’organisation de SON parti, choisissant SES porte-paroles et SES secrétaires généraux, et en dressant les uns contre les autres, livrant en pâture à la vindicte populaire des franges de plus en plus nombreuses et massives de la population : les ultra-gauchistes, les syndicalistes (forcément irresponsables d’après lui dès qu’ils osent faire ce pourquoi leurs adhérents les paient…), les fonctionnaires, les manifestants, les rejetons de dinosaures de l’éducation nationale qui ne font rien qu’à faire grève et à ne rien enseigner à leurs élèves au point que le niveau baisse dangereusement mais que pour y remédier le gouvernement décide d’y consacrer à la fois moins de moyens mais plus de police et de gendarmes (voire des contrôles ridicules dissimulés sous de  pseudos évaluations) et encore, toujours aussi logiquement, moins d’enseignants…. (histoire de pouvoir continuer à dire que l’éducation nationale coûte fort cher pour bien peu d ‘efficacité et ainsi refiler plus facilement le marché de l’éducation au privé, toujours dans la même logique ultra-libérale destructrice ?), les privilégiés qui ont des retraites plus tôt que les autres, ceux qui ont des avantages scandaleusement inégalitaires, bref une formidable entreprise de nivellement par le bas plutôt que par le haut… Une certaine conception de l’évolution des acquis sociaux que le cabinet d’Henri Vacquin doit certainement promouvoir dans sa pratique professionnelle de médiation des conflits… Vive le progrès social !

Car qu’est-ce qui est le plus honteux : que l’on parte en retraite à 55 ans, où que tout le monde ne puisse pas prendre (que ceux qui  n’en veulent pas n’en dégoûtent pas les autres !) sa retraite à cet âge où nombreux sont ceux qui n’en peuvent plus, usés par des cadences de plus en plus infernales, des niveaux de tension de plus en plus insupportables  induits par l’automatisation et l’informatisation,  par un niveau de contrôle des comportements et des actes de travail au quotidien les plus mineurs, encadrés rigoureusement sous les prétextes les moins susceptibles de critique, comme une meilleure « gestion des ressources humaines », la mise sous « assurance qualité » de services (qui peut s’opposer sans honte à plus de qualité ? Sauf que le cœur de la démarche n’est pas là…), d’entreprises, d’unités y compris de la fonction publique, (obéissant à des chartes d’usagers contraignantes et impossibles à respecter compte tenu de la faiblesse des moyens matériels et humains affectés) qui imposent la norme sociale la plus convenue ( le rendement ! Le rendement ! Et des règles de gestion purement comptable…) dans des domaines qui par leur essence même devraient y échapper : l’éducation, spécialisée ou non, la formation, le secteur social et l’insertion des publics fragilisés, les services publics, le secteur associatif  n’en sont que quelques  exemples parmi ceux qui me viennent le plus rapidement à l’esprit, tant ils mes sont proches…

Les mesures édictées au mépris de toute démocratie par ce gouvernement inique (certes élu au suffrage universel, mais ne s’agit-il pas là de toute évidence d’une démocratie confisquée ?) vont en effet toujours dans le même sens, au point que même des élus UMP commencent à se cabrer, dans les rangs mêmes de l’hémicycle (ainsi la loi sur le travail du dimanche, basé sur le trop fâmeux « travailler plus pour gagner plus » et l’argument du volontariat, contredit par l’exemple suivant : http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=4353 ).

Le ton a été donné dès le départ : cadeaux fiscaux aux plus riches (la loi TEPA), dons sans contrepartie aux banques, dirigeants qui se voient octroyer des dividendes plus que confortables alors que dans le même temps des français doivent se serrer dramatiquement la ceinture, et que le contribuable se voit taxé de plus en plus lourdement pour contribuer à un effort de solidarité nationale qui profite pour l’instant aux plus nantis, ceux là même qui ont été à un moment ou un autre les maillons de la chaîne de causalité qui a conduit à cette immense catastrophe financière, summum de l’irresponsabilité et de l’amoralité du capitalisme que notre Président prétend défendre, au mépris de toute logique et de toute cohérence intellectuelle, autre que la poursuite de gains faciles pour lui et ses amis…et la défense de leurs privilèges.

Dans le même temps, on peut assister, souvent impuissants, au triomphe du cynisme despotique de ce nain arrogant, qui fanfaronne avec un plan de relance que beaucoup s’accordent à juger insuffisant, tant il est toujours orienté dans la même direction idéologique : ainsi, rien (ou de vulgaires miettes insignifiantes) dans le plan de relance pour les plus modestes. Et si les travailleurs ont manifesté leur mécontentement dans la rue jeudi avec tant de force, c’est qu’ils ne sont peut être pas dupes de ce qui est en train de se jouer, et s’ils devaient revoter aujourd’hui, ce ne serait certainement pas pour quelqu’un qui s’est aussi ouvertement foutu de leur gueule… malgré tous ses discours enjôleurs… Cela est d’ailleurs une constante chez les UMPistes, les Copé, Woerth, Bertrand, et autres droitiers aux visages avenants, que de pratiquer une politique dure sous des atours bien polis. Mais le vernis de Monsieur Sarkozy craque vite, et à plusieurs endroits… Ainsi, le célèbre « casse toi pauvre con » de celui qui ne supporte pas de se voir renvoyer le mépris qu’il impulse et respire lui-même en permanence.

On constate de plus en plus dans les faits actuels que ce que je m’évertue à dire et à écrire depuis plus de dix ans, et qui m’a poussé à m’intéresser de plus près à l’économie (tant j’en avais le ras le bol que les politiques de tous poils me fassent prendre des vessies pour des lanternes), et notamment à l’économie politique au point de m’engager dans des études en rapport (un DEA avorté pour incompatibilités professionnelles) est d’une profonde réalité, et pas seulement une vision intellectuelle dé-contextualisée : ce qui rend la frontière entre les partis aussi floue c’est, par delà les positions idéologiques traditionnelles, la place de l’économie dans les programmes des uns et des autres. Et quand ils se ressemblent, au point que dans la gestion quotidienne d’une ville, d’un département, ou d’une région, il n’y ait guère de différences autre que relevant de nuances confinant à la tartufferie, il est normal, voire humain, de penser que droite et gauche soient des notions dépassées…

Pourtant, il y a bien une vraie gauche, et une certaine conception de l’économie de gauche,  et des alternatives  insoupçonnées du commun des mortels et du politique lambda qui permettraient de construire les bases d’une société plus juste (le fameux « un autre monde est possible » des alter-mondialistes) appelée de tout cœur par beaucoup, mais bien peu mise en pratique.

Cela m’est incompréhensible. Car ce type d’économie, qui met l’être humain au cœur de la répartition des richesses, elle existe déjà en partie, même si elle n’apparait pas toujours satisfaisante pour ceux et celles qui ont contribué à la construire, elle a au moins le mérite d’exister et de proposer une autre approche du pragmatisme économique. Elle se nomme en général « économie sociale et solidaire ». Elle est constituée des associations, des mutuelles, des coopératives, des entreprises sous statuts divers n’ayant pas dans leur organisation même pour objectif principal de gagner de l’argent sur le dos de ceux qui contribuent par leur force de travail à la production de richesse, qui dans ce cas est répartie de manière plus équitable que dans les sociétés classiques.

Mais je ne compte par sur l’UMP ni sur le Monsieur à qui l’on répond ici pour en familiariser la notion et le contenu…
c’est ici : http://cidcspes.free.fr/
et ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_sociale
et là : http://latelelibre.fr/index.php/2008/11/leconomie-sociale-et-solidaire-cest-possible/
et encore ici : http://www.monde-diplomatique.fr/2000/07/MOTCHANE/13942
et, parmi les articles les plus illustrants en perspective de la crise actuelle sur les raisons pour lesquelles ce genre d’initiatives n’est pas vraiment encouragé : ici : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50119

Un juste retour à des repères politiques qui permettent à Monsieur Vacquin et à bien d’autres plus connus de se positionner par temps de crise serait le bienvenu. Car sa gauche n’est pas la mienne. Et s’il est à droite, qu’il le dise clairement. C’est son droit. Mais qu’il ne se réfugie plus dans l’illusion démocratique. Car moi, je suis un vieux con de gauche, mais je le suis resté sans me renier ni faire injure à ceux qui m’ont vu naître. Tout en évoluant, en réfléchissant, et en agissant, à mon humble niveau. Et je m’avance sans masque : tout le monde sait que je suis de gauche, et bien de gauche, sans la moindre ambiguïté…  Et mon père est, je crois, fier de moi.

Par ailleurs, je ne peux que m’ ‘interroger sur la complaisance de Rue89 sur les auteurs de ce genre, tendance floue (ainsi l’autre, Seraf), qui commencent à prendre de plus en plus de place dans leurs articles, alors que dans le même temps ils rejettent sans états d’âme, et de manière un peu trop systématique à mon goût les propositions d’articles des blogueurs de gauche, au point que je n’aille plus les lire que de loin en loin, contrairement à mes débuts, alors que je pensais que ce site était un exemple de démocratie participative…


Moi qui croyait que Rue89 était de notre côté… Quelle déception ! Mais vu l’actualité chargée, je crois que nous allons nous remettre de ce genre de détails….

By gauchedecombat.

Publié par

GdeC

"Un jour, les successeurs des fascistes d'hier arriveront à vous convaincre que les antifascistes d’aujourd’hui sont vos ennemis ". * électron libre, blogue en sniper, avec une fâcheuse tendance à graviter plus volontiers à gauche (j'ai dit à gauche... Vraiment !). Politique et société, droits humains, défense des libertés fondamentales. #athee #antifa - Lutte contre les discriminations (LGBTQphobies - sexisme - racisme - fat shaming) - Anti-autoritaire ("et avec ça, faut-il vous l'envelopper ?")

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