Lettre d’un gros con de gauche à koztoujours

Pour commencer le dialogue, il est utile de préciser le contexte, que voici. Alors que je venais de découvrir Google reader, je tombe sur cette image, qui attire mon attention… librecoeur

Graphiquement, cela attire l’œil, vous en conviendrez. Et puis, Joe Cooker, j’aime plutôt, je me dis on va voir la suite, ça peut être sympa…. Je clique sur le titre du billet et je me retrouve là :

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Bon…. Toujours attiré par ce graphisme dépouillé, que j’apprécie, et cette douceur laiteuse, qui me met en confiance, je poursuis ma lecture, et après un brouhaha de mots sur la causalité des chaînes et le refus qui honore l’auteur de répondre à celle à laquelle l’invite le Modem, voilà que je me retrouve ici :


« Alors où me situe-je, politiquement parlant ? » se demande benoîtement notre collègue blogueur à la charte graphique raffinée.  Je vous passe les détails, la réponse est : « droite canal gaullo-christiano-sociale ». Bon. Petite déception, je m’attendais à mieux, je me disais qu’on pouvait être de gauche et partager mes goûts visuels, mais manifestement, que nenni. Jusque là, rien de bien grave. Mais c’est après que ça se gâte. Au détour d’une phrase, alors que je cheminais tranquillement tout en m’efforçant de ne pas perdre le fil du raisonnement dans un univers qui n’est pas vraiment le mien, voilà que je me retrouve soudain agressé d’un coup de matraque sur la tronche, au détour de ceci :


«  Quand je lis en revanche que Jean-François Copé – que j’aime bien, comme Alain Juppé, n’en déplaise à tous ces gros cons de gauche1 – considère, à la suite du débat sur le travail dominical qu’il serait révélateur de ce que la droite n’a pas “crevé l’abcès” sur les questions de société, je tords le cou : dans quel sens la droite est-elle censée opérer sa clarification ? »


Que quelqu’un aime Jean-François Coppé, c’est son droit. J’ai déjà tordu le cou à ce dernier à propos de ses déclarations indignées dans un billet précédent (« Coppé en short »). Dossier clos. Mais que moi et tous ceux qui me sont chers, nous nous retrouvions insultés et que je laisse passer cela, hors de question. Là, une fois de plus, oui, je le confesse, Monsieur le catho tendance gaulliste, même social, j’ai vu rouge. Et vous ai envoyé le commentaire suivant :


« 26. gauchedecombat  |  18 January 2009, 16:59     lien

 » Considérons que je suis un “gros con de gauche” (92 kilos, ça le fait), que je ne sais pas qui tu es, que je me sens insulté, mais que je suis quelqu’un de plutôt censé, malgré mes humeurs… je vais donc m’enquérir illico des balises exactes permettant de nous départager idéologiquement… sinon humainement (je ne parle pas pour ma part de gros cons de droite, bien que je ne comprenne généralement pas qu’on puisse en être, un homme ou une femme ne se résument pas toutefois pour moi à leurs idées politiques)et je reviendrai te voir sous la forme d’un billet qui s’intitulera “lettre d’un gros con de gauche à koztoujours”. Te voila prévenu. Et comme un homme prévenu en vaut deux… qui se retrouve avec un poids de connerie considérable ? »


Chose promise, chose due. Mes ami(e)s de gauche, j’en appelle à votre solidarité gauchiste, bien que nous ayons des nuances d’appréciation sur ce que doit être notre grande famille, nous ne pouvons permettre à ce blogueur flou de nous insulter sans lui rendre la monnaie de sa pièce. Je vous propose donc d’initier une (je l’espère) longue série de billets qui contribuent à clarifier le débat, et remettent ceux (et celles…) qui franchissent la ligne rouge à leur place. Que ce monsieur Koz ne juge pas utile de voir « dans quel sens la droite est-elle censée opérer sa clarification », c’est son problème, s’il aime à évoluer dans le brouillard. Mais ne gagnerons nous pas, nous, gens de gauche, à définir nos positions ? Voilà qui serait un bon moyen de répondre à ce petit agité méprisant qui nous gouverne en lui démontrant que ses tours de prestidigitateur ne fonctionnent pas, et que la droite et la gauche ne sont pas des notions dépassées… Permettons aux français d’y voir plus clair, et de pouvoir se positionner avec davantage de repères. Permettez moi de lancer l’offensive. Car,  m’étant senti offensé le premier, à moi le choix des armes…

Commençons par le début. Comme cela est généralement connu, les notions de droite et de gauche remontent à l’époque de la révolution française, en 1789, lorsque les opposants au droit de veto royal se regroupaient à gauche de l’hémicycle, tandis que les partisans du pouvoir royal en formaient l’aile droite (1). Voilà qui nous situe le débat plus précisément, Monsieur Koztoujours, et qui remet l’adversaire là où il se trouve, alors que lui-même se pose la question…. « Dans quel état j’ ère ? »….(cf. son article, déjà cité). Ravi de vous avoir rendu service, non, non ne me remerciez pas.


En consultant Wikipédia, nous apprenons que « la gauche désigne la partie gauche de l’hémicycle d’une assemblée parlementaire et les personnes et partis qui y siègent habituellement. Les partis de gauche se rassemblent généralement dans la promotion d’idéaux progressistes et de liberté, la critique de l’ordre social et la volonté de réformer celui-ci dans un sens égalitaire et rationnel. Elle comprend la social-démocratie, le radicalisme, le socialisme, le communisme et l’anarchisme «

En France, en 2008, les principaux partis classés à gauche sont :


* le Parti socialiste (PS)
* le Parti communiste français (PCF)
* les Verts
* le Parti Radical de Gauche (PRG)
* le Mouvement républicain et citoyen (MRC)
*La Ligue communiste révolutionnaire qui devrait donner naissance, bientôt,  au NPA
* Lutte ouvrière
* Le Parti des travailleurs dissous en juin 2008 pour devenir le Parti ouvrier indépendant


Il existe d’autres partis ou mouvements non représentés au parlement :


* les Alternatifs, anciennement l’Alternative rouge et verte (AREV)
* Alternative libertaire
* la Coordination des groupes anarchistes
* la Fédération anarchiste
* la Coordination nationale de la gauche républicaine (CNGR)
* le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS)
* l’Alternative unitaire pour une gauche antilibérale
* Alternative citoyenne, en Île-de-France, et mouvements similaires dans certaines régions

Ainsi que des associations, mouvements et collectifs qui, bien que n’ayant pas de rôle électoral contribuent à la vie de la gauche politique (impossible d’être exhaustif, elles sont si nombreuses, c’est bien ce qui fait la force et la richesse (humaine) de la gauche) :


*la  Fondation Copernic
* le Mouvement de l’utopie concrète
* le DAL
* collectifs du 29 mai » ), qui appartiennent à la gauche antilibérale.
* ATTAC, et toutes les associations qui y ont adhéré…

Les mouvements PRS et Mars devraient quant à eux se fondre dans le nouveau Parti de gauche (PG) créé par J.L. Melenchon et M. Dolez.

Voilà pour les organisations qui composent le paysage en camaïeu (et vive les nuances et les différences de couleur !) de la gauche d’aujourd’hui. Je n’y ai pas cité, volontairement,  le nouveau parti de notre cher  soi-disant socialiste Jean-Marie ( Gauche moderne) qui n’a de gauche que le nom… (Je pense, sans avoir la prétention d’incarner à moi seul toute la gauche, que 99 % des gens de ma famille politique seront d’accord, n’est-ce pas ?).

Craignant de lasser par la longueur démesurée du billet, j’aborderai  dans un autre texte la ligne de démarcation idéologique qui, selon moi, définit les différences entre droite et gauche… hormis un rapport au pouvoir…. particulier.


By gauchedecombat


1. droite dont on apprend, toujours selon cette encyclopédie libre, que «  À l’origine, dans la plupart des sociétés, et notamment les sociétés occidentales, la « droite » est la place de la relation privilégiée avec le Roi. » Voilà qui est porteur de sens… face à un président qui se comporte comme tel. N’en déplaise à monsieur Koz. Il a choisi son camp.