un spectacle ridicule : Copé en short !

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
blogueurs, blogueuses
chers Netspectateurs et Netspectatrices,
Venez assister à un spectacle vraiment ridicule !

A ma droite,

Copé, sur un ring, en short !

Et en face
à ma gauche évidemment
le grand
le terrible
l’inénarrable,
le facétieux,
l’indomptable…

« gauchedecombat » !

(en jean/baskets…)


Ceci n’est pas un délire. Jugez plutôt :


« Copé : «Le Parlement ne doit pas être un ring de catch »

« Le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale reproche à la gauche d’avoir donné «un spectacle ridicule» en pratiquant une «obstruction massive et brutale» sur l’audiovisuel»(1). Ce doit être vrai, puisque ce n’est pas un journal de gauche, mais le Figaro d’aujourd’hui qui l’a écrit…


Sérieusement, Copé oublie tout simplement de nous dire que le gouvernement actuel, comme à son habitude, n’applique certains principes républicains que sur le registre des « petits arrangements entre amis »…  Car le respect de la démocratie et des principes constitutionnels qui lui semblent si chers, à lui comme à la plupart de ses congénères de l’UMP, il s’assoit dessus !


En effet, en France, le bicamérisme(2) est de rigueur et une loi, même votée par le parlement, ne peut être entérinée que si elle est adoptée ensuite par le Sénat, ce qui n’est pas encore le cas pour la réforme de l’audiovisuel…. Cela a d’ailleurs probablement posé certaines tracasseries techniques qui ont beaucoup contrarié notre (tout petit) Président… Aussi, son acolyte(3) se devait de soutenir l’exécution (un peu sommaire) de la télévision publique…pour venir en aide à sa cousine spirituelle (mais pas trop) qui commençait (et continue…) de se prendre les pieds dans le tapis. Rouge, lui aussi.


Qu’à cela ne tienne, il suffira de faire pression sur De Carolis, Président de France Télévisions, pour l’obliger à appliquer cette loi dès le 5 janvier… sous peine d’être raccompagné vers la sortie en cas de désaccord, puisque le texte prévoit de nommer le Président de France Télévisions par celui, manifestement plus petit, de la République… ou par l’exécutif, ce qui revient du pareil au même.


La domination est donc à l’œuvre la main dans le sac, et cette droite qui ne dit pas son nom en tentant très opportunément de brouiller les cartes montre son vrai visage sous les airs policés de Mr Copé… drapé dans sa dignité outragée et son costume cravate toujours si impeccables…. Mais de qui diable peut-il bien être le passe-plat ? Car celui-ci nous apparaît bien indigeste….


Voilà pourquoi, voilà comment, analysons plus finement… Que nous dit en effet notre Tartuffe au visage de gendre idéal lorsqu’il reproche aux députés de faire « de l’obstruction massive » (autre appellation de la fameuse arme du même nom) ? Que l’opposition ne devrait pas s’opposer… inversion rhétorique coutumière d’une certaine droite… (ainsi Devedjian, autre tartuffe, arguant de la laïcité pour favoriser l’ouverture des magasins le dimanche…..).


Pourtant, la violence de moins en moins larvée, hypocrite et faussement consensuelle qui se dissimule sous les traits du porte-parole d’une droite d’autant plus décomplexée qu’elle est hélas toute-puissante n’en demeure pas moins une réelle violence sociale (« On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent »  (Bertolt Brecht)).


En effet, qui a provoqué une telle pagaille en France (la chienlit, c’est lui !), en alignant les réformes antisociales ?


Qui a supprimé méthodiquement – ce n’est pas fini – au fur et à mesure la plupart des garde-fous du code du travail ?


Qui a dressé des catégories de populations les unes contre les autres ? Les riches contre les pauvres, les travailleurs contre les chômeurs, les bons français (et maintenant les bons européens) contre les étrangers qu’on expulse par charters entiers ou qu’on jette dans des centres de rétention indignes d’une réelle démocratie, la « racaille » contre les honnêtes gens (ceux de Neuilly ?), et nos soi-disant « privilégiés » de fonctionnaires contre les précaires du privé ?


Et justement, qui a supprimé plusieurs dizaines de milliers de postes dans la fonction publique, commettant ainsi l’exploit d’y instiller encore davantage de précarité, de stress, de surcharge de travail et de peur du lendemain dans des équipes aux effectifs trop limités pour des résultats quantitatifs toujours plus contrôlés et exponentiels ?


Qui jette les jeunes et leurs enseignants (dont ceux des RAZED(4), pourtant si nécessaires…) dans les rues ?


Les syndicats dans les rues, les postiers dans les rues, le personnel de l’ONF dans les rues (et cela sans la moindre médiatisation… En avez vous entendu parler ?) , les personnels de justice, les juges, les avocats, des milliers de personnes concernées par les fermetures de Tribunaux de Prud’hommes, et plus globalement les opposants de la réforme de la carte judiciaire (accompagnée de manière autoritaire par Rachida Dati)(5), (mais ça, on en a beaucoup parlé… à juste titre) les pompiers, policiers, le personnel de l’industrie automobile (plusieurs milliers de manifestants à Douai)(6), les travailleurs sociaux, et même les retraité(e)s dans les rues ?


Qui est en train de s’obstiner à mettre en œuvre, à la virgule près, un programme ultra-libéral sans précédent, en déconstruisant le tissu social français de manière totalement irresponsable ?


Qui décide de tout et dans tous les domaines, et cela sans concertation (ou du moins de façade, tels que ces trop-fameux « Grenelle » d’opérette(7) ou les états généraux de la presse(8) ), alors que le tissu économique lui-même est en train de se désagréger à grands coups de plans de licenciements qui tombent en rafales les uns après les autres, venant ainsi nous démontrer si besoin en était que le capitalisme est bien une idéologie… N’en déplaise à notre (décidément trop petit) Président, qui court aux quatre points de la planète pour tenter de réparer les avaries d’un navire qui prend l’eau de toutes parts…


Oui, le capitalisme mâtiné de libéralisme (à moins que ce ne soit le contraire ?) est une véritable idéologie et non une posture pragmatique comme ces sectateurs et autres victimes hypnotiques tentent de nous en convaincre en nous faisant tourner en bourrique grâce à l’argument miracle mais Ô combien fallacieux d’une supposée différence entre l’un et l’autre… dont l’un ou l’autre (mais lequel ?) serait néanmoins vertueux…


Car il conviendrait enfin de nommer la source de cette crise financière par son nom, qu’elle soit celle du capitalisme ou du libéralisme, qui n’a rien à voir avec la liberté, comme cela a été si souvent et niaisement débattu par de nombreux théoriciens, peu nous importe.


Les résultats, désastreux, sont là, et cette idéologie doit être énergiquement combattue comme il se doit, pour désenvoûter nos dirigeants qui, de droite comme de gauche (n’en déplaise à l’union transpartisane du marché sacré), n’ont que bien tardivement dénoncé cette croyance quasi religieuse, négationniste de l’être humain, qui n’a plus aucun lien avec la réalité, sinon celui du gain, à la fois bien concret et si irréel, qu’un Madoff a extirpé de tant de portefeuilles à travers le monde… tant il est vrai de rappeler que l’argent, lui, ne connait pas de frontières.


Mais des adeptes et des gourous, il en reste encore : tous ceux qui défendent encore ce système finissant, tous ceux pour qui la crise financière semble relever davantage de l’effet d’aubaine que d’une réelle monstruosité historique et fâcheuse, tous ces gens qui par eux mêmes ou par fonds de pension interposés, considèrent que les salariés ne constituent que de négligeables variables d’ajustement qui ne servent qu’à leur permettre de s’engraisser égoïstement, encore et toujours, sur le dos de ceux qui n’ont déjà pas grand chose et qui demain n’auront plus rien… Tous ces spéculateurs qui ont enlevé le pain de la bouche de ceux qui en avaient déjà si peu… et qui aujourd’hui crient famine. Tous ces profiteurs de la pire espèce qui aujourd’hui appellent au secours et endossent rapidement l’habit de victimes expiatoires d’un système devenu fou… Tous ces dirigeants et autres cadres bancaires, ces traders qui ont été les maillons de la chaîne solidaire jusqu’à l’éclatement du scandale planétaire… Coupables mais toujours pas responsables, il suffit à présent qu’ils appellent au secours les États en tous genres et autres FMI (dirigé de main de maître, ironie de l’histoire… par un « socialiste » français ! ) pour qu’ aussitôt, avec une facilité déconcertante pour le commun des mortels qui eux doivent le gagner à la sueur de leur front, des sommes fabuleuses venues d’on ne sait quels trous noirs de l’espace économique virtuel viennent en fin de compte les dédommager des pertes qu’ils ont contribué à créer collectivement, nous plongeant dans le désastre que l’on sait… Mais si nous ne savons pas d’où vient l’argent, nous l’apprendrons bien assez vite, à nos dépends, puisque l’État c’est nous. Nos enfants, et plus tard (quand il sera trop tard ?) nos petits enfants.


Pourtant, ici, en France, ce pays que nous aimons malgré ces imperfections, la fronde s’organise contre les puissants d’hier et les nains d’aujourd’hui. Beaucoup l’ont remarqué, car la crise a au moins pour mérite de leur ouvrir les yeux : le roi est nu, bedonnant, colérique, insensé… et petit, malgré ses talonnettes.


Aussi, le 29 Janvier 2009(9), une grève générale risque fort de drainer la masse grandissante de tous ceux qui veulent dire NON, tous ces gens qui travaillent pour gagner de moins en moins, ou qui ne travaillent plus mais qui le voudraient bien, et que notre (si petit) Tsar caustique a rejetés jour après jour, par vagues entières, dans les cachots de son profond mépris, malgré le P d’un parti aux nombreux dirigeants que la misère ne connait guère… Et quand ils vont dans nos banlieues, ou nos cités, ce n’est pas qu’ils y habitent. Mais par pure propagande idéologique. Et nauséabonde.

Car ici, en France, les droits de l’homme existent. Des gens sont déterminés à les faire respecter, et nous ne laisserons pas impunément quelqun qui nous devrait davantage de dignité se perdre en injures hasardeuses (« casse toi pôv con tu ne diras point… Oui, mais c’est selon, que tu sois puissant ou misérable ! et Vive Monsieur Eon !) en donnant une image bien triste et ridicule d’un chef d’Etat égaré entre  ses beuveries avec Poutine et ses invectives aux jeunes de nos cités lorsqu’il n’était encore que (déja si petit) ministre de l’intérieur.


Ce Monsieur Sha ke qi (« l’idiot en colère » en mandarin) que, parait-il, le monde entier nous envie, qui fait la Une des journaux à travers le monde en posture de jogger à la manière du nain d’Amélie Poulain, soutient avec tant d’acharnement cette dangereuse idéologie qui se dissimule sous les oripeaux de l’adaptation à la réalité qui n’est que la sienne, que l’on peut se demander s’il ne s’y accroche pas comme à sa dernière idée. (En est encore en est-il dupe ?). Mais comme le dit l’apôtre Paul (Claudel) « Rien n’est plus dangereux qu’une idée quant on n’en a qu’une ».


C’est pourquoi nous serons dans les rues, pour prouver à ce petit homme grossier, que contrairement à ce qu’il pense et à ce qu’il a dit avec tant de morgue, quand on fait une grève en France, si cela ne se voit pas encore(10), cela se saura en cette occasion. Car nous sommes les innombrables. Et force est de constater très ironiquement que le trait d’esprit d’Alphonse Allais (« Il faut prendre l’argent là où il se trouve : chez les pauvres. D’accord, ils n’en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux ! ») rayonne aujourd’hui d’un sens étrangement prophétique que l’humoriste ne voulait sans doute pas lui donner…


Peut-être notre (petit, si petit) homme d’ État, apprendra-t-il à ses dépends, ce 29 janvier prochain, qu’une autre France que la sienne est là, debout, visible, bien vivante, et en marche. Pourquoi ? Pour plus de justice et d’humanité. Pour plus de solidarité. Pour crier sa colère et son indignation, et notamment d’être pris une fois de plus pour le dindon de la farce. Pour espérer et construire un monde meilleur. Car, Oui, un autre monde est possible. Et nous sommes de plus en plus nombreux à y croire, à y penser, à en rêver. Mais aussi à vouloir le voir surgir de terre. Et faire ce qu’il faut pour cela. Chacun selon notre savoir, faire, ou être.


Les médias officiels, surtout télévisuels, tentent bien d’endiguer le flot d’images qui s’accumulent sur le sujet des luttes sociales et du mécontentement qui gronde en ne montrant que le strict minimum pour ne point trop déplaire à nos braves dirigeants, dont certain(e)s en sont encore à célébrer les vertus du travail, de la famille et de la patrie à la sauce moderne, poussant la provocation jusqu’à organiser un sommet de l’immigration à Vichy…


Mais la voix du peuple grandit, et pour reprendre un lieu commun, son silence devient assourdissant. Rien ne pourra plus durablement la faire taire…. Pas même les tentatives de prestidigitation gouvernementales grâce auxquelles on nous montre la main la plus à gauche pour que nous ne voyions surtout pas ce que fait la droite…


Que cela soit agréable ou non à Monsieur Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, avec ou sans mai 68, le peuple de gauche est là, prêt à se rassembler, et à redonner du sens à une bataille (d’idées, seulement d’idées) autrefois perdue avant que d’être commencée par nos élites politiques… qui se sont trompés d’estrades. Ou de rings, ce qui revient au même… Celui du centre, bien que légèrement plus contestataire, n’était pas vraiment celui sur lequel se menait le combat le plus essentiel.


Et pour clore cette longue diatribe dont le personnage insignifiant de départ a constitué le risible déclic, convoquons ici même l’un des plus prestigieux cyniques grecs, Diogène, pour dire avec lui, face à l’empereur Alexandre le grand (le nôtre est si petit…) :

« ôte-toi de mon soleil »


1.http://www.lefigaro.fr/politique/2008/12/19/01002-20081219ARTFIG00320-cope-le-parlement-ne-doit-pas-etre-un-ring-de-catch-.php
2.Le bicamérisme (ou bicaméralisme) est un système d’organisation politique qui divise le Parlement en deux chambres distinctes, une chambre haute et une chambre basse. Le mot, introduit au XIXe siècle, est constitué de « bi » (deux) et de « camera » (chambre en latin). Différent du bicaméralisme qui est la doctrine du bicamérisme. L’objectif du bicamérisme en France est de modérer l’action de la Chambre basse (aujourd’hui l’Assemblée nationale qui est élue au suffrage universel direct), en soumettant toutes ses décisions à l’examen d’une seconde chambre, la Chambre haute (aujourd’hui le Sénat qui est élu au suffrage universel indirect), plus conservatrice. ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Parlement_Bicam%C3%A9ral#En_France )
3.Il ne sera pas anodin de signaler aux lecteurs de ce texte que, selon Wikipédia, «  Dans l’Église catholique romaine… Jusqu’en 1972, l’office d’acolyte constituait l’ordre le plus élevé des ordres mineurs. Sa charge était d’allumer les cierges, de les porter dans la procession et de présenter au prêtre célébrant l’eau et le vin. L’acolyte était donc un clerc. (…) L’office liturgique d’acolyte est généralement tenu par un servant d’autel, qui peut être soit un jeune garçon dit « enfant de chœur » ou un jeune homme qu’on appellera plutôt « servant de messe ». Voilà qui a du sens… mdr. (NDLR)
4.http://www.lemonde.fr/societe/portfolio/2008/11/20/greve-dans-l-education-les-rased-denoncent-le-gachis-de-la-reforme_1121211_3224.html
5.http://www.lexpress.fr/actualite/politique/mobilisation-de-la-justice-contre-la-reforme-de-dati_468307.html
6.http://www.lavoixdunord.fr/actualite/L_info_en_continu/Artois/2008/12/18/article_douai-importante-manifestation-de-salari.shtml?xtor=RSS-2
7.Compte-tenu du détournement de vocabulaire propre à un certain phénomène d’inversion rhétorique dont les principaux auteurs étaient par tradition auparavant plus particulièrement d’extrême-droite, il n’est pas inutile de rappeler qu’en 1968, les accords de Grenelle, négociés les 25 et 26 mai 1968 répondaient à la nécessité de sortir de la crise sociale et qu’ils ont abouti entre autre à une augmentation de 35% du SMIG… Mais ce n’est pas notre (tout petit) Président qui va se plaindre de cette contorsion sémantique, lui qui n’a jamais caché son hostilité pour ce moment mythique de notre histoire nationale, allant jusqu’à déclarer, dans un discours haineux et méprisant, plus que suspect quant à ces références à un certain retour de l’ordre moral, qu’il fallait liquider l’héritage de mai 68 (http://latelelibre.fr/index.php/2007/04/nsarkozy-veut-jeter-mai-68-a-la-poubelle-942/ et également http://www.lefigaro.fr/debats/2007/05/04/01005-20070504ARTFIG90044-le_mai_imaginaire_de_nicolas_sarkozy.php)
8.http://www.acrimed.org/article2971.html
9.http://www.lesechos.fr/depeches/france/afp_00101850-les-syndicats-annoncent-une-journee-de-greves-et-manifestations-le-29-janvier.htm
10.http://www.lepoint.fr/actualites-politique/nicolas-sarkozy-ne-craint-pas-de-provoquer-les-syndicats/917/0/258439