Touche pas à mon dimanche !

D’aucuns prétendent que les clivages gauche-droite sont dépassés, qu’ il y a une (et une seule) réalité économique (sic) à laquelle il conviendrait de  s’adapter le plus pragmatiquement possible, sans états d’âme, en toute rationalité…

Et c’est ainsi que l’on voit des représentants de cette gauche molle et floue entrer comme si de rien n’était dans un gouvernement on ne peut plus ultra-libéral, qui s’empresse de détricoter au fur et à mesure, contre vents et marées (hélas pour le militant de gauche que je suis, il n’y a guère eu de marées…), un à un, tous les acquis sociaux que nos aînés ont mis tant de mal à ancrer dans notre réalité à nous, travailleurs.

Il suffit de reprendre point par point les points encore actuels du programme du Conseil National de la Résistance (http://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_du_Conseil_National_de_la_R%C3%A9sistance) et de voir à quel point notre pays, en matière d’évolution sociale, a significativement décliné… N’en déplaise à tous ceux et celles qui, à droite comme à gauche (ce consensus central transpartis qui est en train de nous ruiner) se revendiquent du réformisme…

Le dernier en date, et non des moindres, concerne le travail du Dimanche. On peut ne pas être d’emblée suspecté d’offense à notre sainte laïcité si chère – à juste titre – à notre pays, et considérer cependant qu’il est nécessaire que demeure  un temps pour le non-travail, en commun, qui permette collectivement de partager des loisirs, du sport, de bons moments entre amis, avec sa famille, ou de vaquer à des occupations politiques, syndicales, ou  spirituelles.  et même tout simplement pour ne rien faire, ce qui semble devenir de plus en plus une hérésie qui frise la correctionnelle, de nos jours….

Pourtant, ce qui semblait un acquis, transgressé par quelques professions seulement, et par simple nécessité, est en train d’être remis en cause, par pure idéologie, à l’encontre même d’une frange grandissante des  propres troupes de notre (si petit)  Président, qui persiste, et signe.  La dérégulation totale est à l’oeuvre, et il veut passer en force, dit-il, avant Noël… (http://www.liberation.fr/politiques/0101305030-sarkozy-prie-les-deputes-de-s-occuper-du-travail-dominical).

Les tenants du travail du dimanche avancent ici et là comme (pauvre) argument le fait que cette loi  prévoit le volontariat des salariés concernés…. Quel cynisme ! Drôle de notion du volontariat  ! Bientôt on va nous soutenir que cette loi est proposée au parlement par pur humanisme ! C’est vraiment totalement nier les phénomènes de domination à l’oeuvre au travail, et de chantage à l’emploi,  insidieusement présents dans la plupart des entreprises, et même ouvertement déclarés dans les plus modestes d’entre elles, dans lesquelles entre l’employeur et le salarié, il n’y a  même pas le tampon (parfois salutaire quand il n’est pas de compromis comme c’est le cas trop souvent de la CFDT) du syndicat !

Par ailleurs, peut-on parler de liberté quand celle-ci consiste à travailler plus pour simplement survivre ? Ainsi, les caissières de la grande distribution, nouveau lumpen-prolétariat, qui travaillent si souvent en horaires fractionnés, au garde à vous devant le téléphone sous peine de perte de CDD, renouvelés sans fin pendant des années, sur des temps partiels subis…

Tenter de nous faire croire de surcroît, selon le dogme  dominant, qu’une journée travaillée de plus créera de la richesse, n’est-ce pas supposer que la somme à disposition de chacun va augmenter parce que le supermarché du coin sera davantage ouvert ?

Français, êtes vous des veaux ? Faites savoir à notre (petit) Président que vous n’êtes pas ces crétins qui selon les sondages sont à 66 % favorables au travail du dimanche… Favorables, oui, mais dites  nous : y compris pour vous-mêmes ?

 » Les enfants ne vont plus à l’école le samedi pour pouvoir être avec leurs parents qui, bientôt, auront, eux, le plaisir de travailler le dimanche… Ils ne pourront donc plus de ce fait passer ce jour privilégié avec leurs enfants. Merci qui ? »

(Line Maurice)

Rejoignez une (la vôtre)  gauche de combat.




Le dimanche, j'y tiens !

Recommandé par des Influenceurs