Match nul. Vraiment.

Une nouvelle première secrétaire du PS est élue. Soit. Mais en quoi ce parti en sort-il vainqueur ?

Usé, sali, ridiculisé, déchiré,  il ne va pas faire bon se ranger sous cette bannière là dans les mois qui viennent, car le spectacle qui a été donné aux français, voire au reste du monde, est tel, que la plaie semble plus que profonde… Guérissable ? Le scepticisme est de rigueur.

Car on peut par ailleurs légitimement se demander comment Martine Aubry va pouvoir gérer un parti aussi dichotomisé…. Voire atomisé.

Plus que coupé en deux, il l’est déjà en trois si l’on tient compte du départ du couple Mélenchon/Dolez… Dont on pense ce que l’on veut, mais qui prive le parti de forces vives, même si elles ne sont pas précisément quantifiables (à part les 1.5 % de la motion Utopia ?). Il y a un manque à gagner certain, et il ne serait pas surprenant que beaucoup de déçus (de combattants réels ?) les rejoignent…

En interne, le PS nourrit par ailleurs un serpent en son sein, car demeure vivace l’opposition des rangs de Ségolène Royal qui ne s’avoue pas vaincue pour autant…. et entend bien faire son œuvre . Bonne ou mauvaise ? L’avenir le dira.

Mais on peut dès lors considérer qu’il est déjà trop tard pour espérer une victoire du PS aux prochaines élections (européennes) qui ne fera qu’entériner ce que les électeurs ont ressenti pendant ces dernières semaines vis à vis à vis de ce socialisme schizophrénique, pour peu qu’ils n’aient pas la mémoire courte.

Et il y a fort à parier, sans vouloir jouer les arts divinatoires, que les extrêmes risquent fort de connaître des pics de fréquentation dans les urnes, attisés par la crise qui commettra ses plus grands ravages parmi les rangs de travailleurs lors du premier semestre 2009…    Et celà quelles que soient les pincées de sel d’un grand vizir aux prétentions universelles qui ne trouve comme formule magique pour la combattre que de recourir à des outils qui de toute évidence ont fait leurs preuves dans un récent passé ( c’est vraiment le comble de l’aveuglement) : la libération encore plus totale des marchés du G20…  ! Match nul. Vraiment.

Quoique. Les vainqueurs, eux, le sont sur les deux tableaux. En amont et en aval de la crise. Et ne connaissent aucune frontière, aucun parti. Une seule religion, pour paraphraser une certaine citation : « Dieu est grand, et l’argent est son prophète »….

Mais il est probable que la redistribution des richesses ne soit plus à l’ordre du jour d’un parti sans boussole, qui a dernièrement intégré l’incontournable nécessité de retenir la notion de marché… Comme une évidence indiscutable. Malgré tous ses élans médiatiques et ses diatribes contre le capitalisme sauvage, faisant des tièdes d’hier les dangereux gauchistes d’aujourd’hui. On peut en rire. Ou en pleurer.

Ou…       Agir ? Mais comment ?

En se lançant dans la mêlée, au risque d’entretenir et de cautionner par sa présence le grand bordel aux allures si indiscutablement opportunistes ? Satisfaire ses petites ambitions personnelles en oubliant peu à peu, conditionnés par la machine électorale, l’intérêt collectif ?

En continuant de pester contre un monde pourri, alors qu’il n’appartient qu’à  tout un chacun de contribuer à le changer, à son humble (ou moins humble) niveau, modestement, selon ses compétences ?

A vous de choisir. Sans parti pris.